CHRONIQUES ALGERIENNES

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Re: CHRONIQUES ALGERIENNES

Messagepar Djazz » 01 Juin 2011, 07:49

Le Soir d' Algerie

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Alors ? Ils sortent, ou ils ne sortent pas ?



El Watan

Point Zéro

Faut-il sauver les vendeurs à la sauvette ?




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«mé-lot-dit!»


Raïna Raïkoum

Les arrière-petits-enfants du coup d'Etat contre le GPRA




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Chronique



Dur d’être algérien !

Par : Mustapha Hammouche


Il était temps ! De supprimer le certificat de nationalité du dossier de pièces d’identité et de voyage.
Temps pour les autorités de reconnaître que ce n’est pas en infligeant la galère de la reconstitution de leur arbre généalogique aux Algériens qu’on peut compenser le sous-développement administratif de l’État. En cinquante ans d’Indépendance, on en est à réécrire les vieux registres des “matrices”, comme à l’ère des “khodjas” avec l’art de la calligraphie en moins.
Des citoyens n’arrivent plus à prouver leur algérianité parce qu’ils n’ont pas bougé de leurs douars depuis des millénaires et que les registres des chefs-lieux de commune ont simplement pourri du fait de leurs conditions d’archivage ou, parce qu’entre-temps, ils avaient oublié l’exacte date de décès d’un grand-père, mort trop jeune de peste. Si seulement la rigueur de la reconstitution généalogique était sérieuse et s’imposait à tous. On n’aurait au moins pas eu un Président qui, après avoir sévi contre nous des années, nous révèle, un demi-siècle plus tard, qu’il était du pays voisin. Et que, finalement, longtemps après l’Indépendance officielle, nous n’étions pas encore gouvernés par un Algérien.
Si les mêmes parcours du combattant bureaucratique étaient imposés à certains joueurs de l’équipe nationale de football, il n’est pas sûr qu’elle aurait disposé de certains de ses indispensables titulaires actuels. Ou alors, il eut fallu que la loi disposât qu’il faille avoir un père et un grand né en Algérie ou… savoir jouer au foot à un niveau international pour avoir droit au passeport national. Mais, peut-être, qu’en ce domaine, on devrait retenir la leçon Ben Bella : d’ici que des joueurs de l’équipe nationale ne commencent à nous apprendre que, finalement, ils n’étaient algériens que pour jouer dans une sélection nationale…
D’ailleurs, c’était en toute illégalité que la galère administrative nous était imposée, puisque la loi stipule qu’il suffit d’être né de père algérien ou de mère algérienne pour avoir droit à leur nationalité.
Il y avait même une paradoxale ségrégation dans cette histoire de certificat de nationalité : il n’est pas exigé de ceux qui demandent leurs papiers d’identité dans un consulat mais obligatoire pour les papiers établis dans une daïra ! On sent la démarche empressée envers la “communauté nationale”, d’un côté, et la rigueur bureaucratique contraignante appliquée au citoyen resté au bled, de l’autre. Ceux qui ont une seconde nationalité obtiennent finalement plus facilement la preuve de leur algérianité que ceux qui se sont contentés de leur nationalité originelle ou n’ont pas décroché une de rechange ! Déjà qu’il a été plus facile d’être reconnu moudjahid parce qu’on a fait la guerre à Paris, Tunis, Oujda, plutôt que dans le maquis local ! Si l’État veut assainir le fichier national de la population, il aurait mieux fait de se donner les moyens humains et méthodologiques de cette entreprise au lieu d’infliger à ses administrés cette espèce de chantage à la pièce d’identité. Apparemment sans résultat, puisqu’il renonce, chaque jour, à un de ces obstacles érigés sur la voie de la miraculeuse identité biométrique.
Dur d’être algérien !
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Re: CHRONIQUES ALGERIENNES

Messagepar Djazz » 02 Juin 2011, 08:17

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C’est ici qu’on s’fout de la gueule du monde ?





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Raïna Raïkoum

Messali Hadj, 22 ans, élément subversif pro-kabyle



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Ould Kablia ne sait pas (encore) ce que le citoyen attend de l’administration !


Par : Mustapha Hammouche


C’est devant les walis que le ministre de l’Intérieur a annoncé le lancement d’une enquête nationale sur “les préoccupations et les attentes des citoyens” envers les administrations des wilayas, daïras et communes.
à la bonne heure ! On croyait le gouvernement averti des préoccupations et attentes citoyennes, tellement averti que, lorsque ceux-ci, se croyant incompris, viennent les exprimer sous les fenêtres du gouvernement, il leur envoie la troupe les tabasser, les arrêter, les ficher et, parfois, les juger et les emprisonner. Un simple avis de grève et la justice, si diligente en pareil cas, statue immédiatement à l’illégalité de l’initiative.
De quoi ont donc parlé les walis au ministre de l’Intérieur, s’ils ne savent pas encore ce que sont “les préoccupations et les attentes” de leurs respectifs administrés ?
La rencontre des médecins résidents a débouché sur la constitution d’un “comité des sages”.
La tripartite sur l’entreprise, qui a servi à emballer la relative reculade sur le Crédoc, s’est terminée par la mise sur pied de commissions et groupes de travail. La réunion des walis se termine sur un projet d’étude des aspirations citoyennes en matière d’administration locale.
Les problèmes sont toujours à étudier, rarement à résoudre. Là où il est besoin de solution, on oppose la méthode de résolution.Jusqu’aux velléités de réformes qui, autour de nous sont en cours de mise en œuvre, mais qui, chez nous, ont inauguré un laborieux cycle de consultations. Tout est bon pour passer le temps.
Mais Ould Kablia ne s’arrêtera pas là, à un sondage qui apprendra, enfin, aux autorités locales ce que leurs sujets attendent d’eux. “Le sondage aiderait à la création, au niveau des services d’accueil des administrations, d’un bureau chargé de suivre le traitement des requêtes et doléances des citoyens.”
Le ministre ne précise pas ce que fera le wali, le chef de daïra ou le maire pendant que ce bureau supervise l’efficacité du travail de leurs services. Car il ne s’agit pas de créer de simples bureaux de médiation, l’opération prévoit “le redéploiement du service public à travers le dimensionnement des bureaux devant être créés”, la détermination “des profils des personnels chargés de leur encadrement” et l’évaluation “des moyens humains et matériels à mettre en place, ainsi que les mécanismes d’action à y déployer”.
Il faut être ministre pour avoir besoin d’un sondage afin d’apprécier les carences du service public national. Il suffit pourtant d’entrer dans un hall de service de l’état-civil, de service d’identité ou de service social, toujours pleins comme un œuf et bruyants comme une gare de transfert, pour se rendre compte du déficit chronique de structures, d’organisation, de moyens et de qualification dans l’administration.
Ce n’est point la méconnaissance des insuffisances de l’administration qui en fait un calvaire pour les citoyens. La preuve : la même administration est d’une efficacité redoutable quand il s’agit, justement… d’empêcher les Algériens d’exprimer leurs doléances, d’organiser le soutien à un candidat officiel ou de coordonner le trucage des élections. Tout est question de volonté politique.
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Re: CHRONIQUES ALGERIENNES

Messagepar Djazz » 04 Juin 2011, 07:01

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N.O.N !




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Pour une police des polices




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La ligne


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La politique du hors-jeu
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Re: CHRONIQUES ALGERIENNES

Messagepar Djazz » 07 Juin 2011, 07:48

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La chose et son contraire, le contraire et ces choses qui nous pourrissent la vie !




El Watan

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Déjà en retard sur le retard




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«fort foure»


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Kassamane et la division sans fin





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Environnement : l’arbre qui cache la forêt

Par : Mustapha Hammouche


À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, l’Algérie a rendu hommage à l’arganier, un arbre en voie de disparition.
Mondialement popularisé, ces dernières années, par les vertus cosmétiques, réelles ou supposées de son huile, l’arbre s’est mû en vecteur de communication. L’Algérie semble vouloir emboîter le pas à la réclame marocaine qui exploite depuis un certain temps l’image du fruit de jouvence. Faut-il sauver l’arganier de Tindouf ? Sûrement, oui. Mais comment ?
Dans son message, à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, le secrétaire général de l’ONU vient de reposer, ainsi, les conditions sur la manière
de construire un monde juste et durable : “Nous ne pourrons construire un monde juste et équitable que lorsque nous accorderons un poids égal aux trois composantes du développement durable, à savoir les composantes sociale, économique et environnementale.”
Ces trois dimensions ne sont point conciliées dans la politique de développement… que l’Algérie n’a tout simplement pas. Notre pays consomme des ressources, c’est-à-dire du capital. Ce mode de vie rentier est incompatible avec une stratégie de développement qui nécessite une vision politique à long terme.
En matière sociale, le tout est d’injecter suffisamment de revenus pour entretenir un niveau gérable de paix civile. Au plan économique, il s’agit de contenir la croissance de la sphère de production, de sorte que l’enrichissement, et le pouvoir qui pourrait aller avec, dépendent exclusivement de la rente et restent ainsi maîtrisés par le décideur politique. L’écologie, notion prospective et conservatrice, est incompatible avec ce souci d’équilibre instantané et de répartition privative quotidienne du patrimoine public. L’Algérie n’est pas vue comme un système durable mais comme un butin immédiatement appropriable et transférable.
Quand le haut dirigeant organise la chasse à l’outarde pour le compte du “frère” émir du Golfe, le fonctionnaire armé se donne, de bonne foi, le droit de tirer la gazelle pour améliorer son ordinaire. Et, comme l’écrit le Pr Slim Benyacoub (El Watan d’hier), le wali, le chef de daïra et le maire des territoires d’El-Tarf voient dans le Parc, d’une valeur exceptionnelle, d’El-Kala, non pas un enjeu environnemental de dimension planétaire, mais une simple “matière à POS, Pdau, PAI…”
Depuis le temps que les militants et spécialistes de l’environnement crient à l’assassinat du Parc d’El-Kala, pour ne parler que du plus emblématique de nos milieux naturels en péril, la preuve est faite que, pour la durabilité, on s’en fiche. Des carrières de sable prolifèrent dans les lits d’oued et sur les plages : il fallait qu’elles appartiennent à des milieux qui ont le pouvoir de suspendre, depuis sa promulgation, l’application de la loi sur l’eau et de piétiner la loi sur le Littoral !
Même effectivement réhabilité, l’arganier ne sera que l’arbre qui cache la forêt de la désertification nationale. L’environnement ne semble point constituer un domaine de souveraineté, soumis qu’il est à la logique de la prédation. Il reste un domaine de communication gouvernementale, alors que l’urgence demande d’en faire un objet d’action soutenue et autoritaire de l’État.
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Re: CHRONIQUES ALGERIENNES

Messagepar Djazz » 08 Juin 2011, 07:34

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Le mystère en filigrane du billet de 2000 dinars, la belle et les pirates et la rage d’avoir raté Pasteur !



El Watan

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La guerre du rhésus



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Silence on dit


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Les clowns tueurs d'enfants et d'évidences



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L’insouciance dépensière d’aujourd’hui, la bombe de demain

Par : Mustapha Hammouche


Le style rassurant du régime touche tous les secteurs. Même ceux qui demandent un minimum de rigueur, comme les finances. Ainsi, Djoudi s’échine à expliquer que le déficit budgétaire n’en est pas un.
Le déficit, nous dit-il, s’il est de plus de 30% dans les prévisions budgétaires, n’est, en réalité, que de 10%. Et ces 10% seront compensés par les recettes fiscales, sans avoir recours au Fonds de régulation des recettes, ce fonds censé entreposer le surplus de recettes pour les jours difficiles ou pour les générations futures, si on ne bouffe pas tout avant, sous forme de réévaluation de projets, de restes à réaliser, de détournements, de caisses noires… Simple question de bon sens, pourtant, si les recettes fiscales compensent le déficit, pourquoi parler de déficit, puisque cela voudrait dire qu’il n’y en a pas, de déficit ? Ni déficit prévisionnel ni déficit réel, les deux étant fictifs.
Et qu’enfin, le budget ne rend compte d’aucune réalité : on pose les prix du pétrole qu’on veut, et donc les recettes qu’on veut. On décide donc d’un prix prévisionnel appliqué au budget extrêmement et arbitrairement sous-estimé pour se mettre à l’abri et on invoque un prix “réel” pour nous rassurer sur la couverture du déficit.
En gros, tout est fictif et, donc, pas moyen de voir clair de la destinée effective de l’argent du pétrole. La question politique de l’usage des ressources naturelles est traduite en simple problématique budgétaire, en palabres techniques. La moitié du programme, prévisionnel 2009-2014, est faite de dépenses visant à compenser les retards et les réévaluations du programme 2004-2008, mais les déficits successifs ont été absorbés, soit parce que l’économie et la société n’arrivent pas à absorber les dépenses prévues, soit parce qu’on puise dans des recettes pétrolières comme on puise dans des ressources illimitées, sans compter.
À quoi sert alors un budget fait de quantités fictives, dans ses emplois comme dans ses ressources ? À remplir une formalité légale ?
La structure du budget prévisionnel étant sans conséquence sur les capacités du Trésor à le financer donne au gouvernement cette assurance qu’on observe à travers la campagne d’explications menée par Djoudi. Et une assurance qui lui permet le luxe d’ignorer le niveau de rémunération de l’argent placé auprès du Trésor américain et les péripéties d’un billet de 2 000 DA qu’on a conçu, dit-on, à l’origine, comme faux !
Il n’y a pas que la maîtrise de l’épargne publique qui pose problème. Le risque est de passer de la dépense facile au gaspillage. Les réévaluations de salaires et les subventions aux produits alimentaires, mesures politiques préventives de troubles sociaux ou politiques, sont en train d’organiser un déséquilibre structurel impossible à résorber en cas de retournement brusque du marché pétrolier.
Pour combien de temps encore l’Algérie pourra-t-elle nous maintenir dans un niveau de vie totalement déconnecté de notre réalité économique ? Continuera-t-on longtemps à faire de l’après-pétrole un creux slogan et à financer des réponses sociales à une crise de gouvernance et à préparer ainsi la bombe à retardement qui, pour peu que le marché de l’énergie connaisse une significative réorientation, explosera entre les mains des dirigeants de demain ?
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Re: CHRONIQUES ALGERIENNES

Messagepar Djazz » 09 Juin 2011, 07:50

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Nous vous jetons de l’eau !*




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Continue !


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Match perdu




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Les dictateurs sont de mauvais élèves

Par : Mustapha Hammouche


Comme pour Kadhafi, cela commence par un projet de résolution condamnant la répression qu’il inflige à son peuple en révolte. Le compte à rebours est donc lancé pour Bachar Al-Assad.
Visiblement, Kadhafi, Al-Assad, Saleh et les autres dictateurs arabes encore en place ont médité la fin de Ben Ali et de Moubarak. Mais, si l’on en juge par la réaction de ces trois premiers, ils n’ont pas tiré la bonne leçon de l’épilogue des émeutes de Tunisie et d’Égypte.
Au lieu de se retirer suffisamment à temps pour économiser du patrimoine de leur pays et sauver des vies de concitoyens, ils ont pris le parti de s’accrocher à leur pouvoir quoi qu’il en coûte à leur nation.
En Libye, au Yémen et en Syrie, les dégâts sont immenses. Après avoir invariablement tenté la manœuvre des “réformes”, et devant la persévérance de la volonté populaire de changement, les trois chefs d’État ont, chacun à son tour, redoublé de brutalité dans la répression des soulèvements et ont, ainsi, successivement enfourché un processus morbide qui rend leur chute encore plus inéluctable.
Les esprits tourmentés par la perspective du changement pourront, à chaque fois, s’effaroucher de “l’ingérence” de l’Otan. Mais, malheureusement, en l’état actuel du monde arabe, il n’y a que deux forces qui peuvent déloger nos autocrates : l’armée locale, quand elle prend le parti de la volonté populaire, ou la force étrangère, quand elle est mandatée par la volonté de la communauté internationale. Sinon, le peuple, même en se sacrifiant par milliers, comme on le fait en Syrie, même en souffrant une mobilisation ininterrompue, comme c’est le cas au Yémen, et même en affrontant l’engagement total d’une armée, comme en Libye, se heurte toujours à l’obstination caractéristique d’une génération de despotes qui, comme dans la version pyromane de Néron, préfèrent voir leur Rome brûler que de voir leur autorité contestée.
Cette duplicité dans le rapport à la légalité internationale est illustrée par la position en dents de scie que les dirigeants algériens entretiennent vis-à-vis de la question libyenne : quand on veut se conformer à la volonté de la communauté internationale, on invoque, par la voix du ministère des Affaires étrangères, les résolutions du Conseil de sécurité ; quand on veut se mettre à contre-courant du mouvement actuel, on crie, par la voix de Belkhadem entre autres, à l’ingérence de l’Otan.
Malgré l’évidence du caractère historique du mouvement en cours dans la région, aucun chef d’État n’a choisi la voie de l’évolution dans l’élégance, aucun régime n’a opté pour une transition concertée avec la société. Même lorsqu’ils anticipent, c’est pour mieux manœuvrer, comme il se fait au Maroc et en Algérie. À la demande de changement de leurs citoyens, les pouvoirs y opposent “leurs” réformes. Le contexte du monde arabe, pour relativement disparate qu’il est, est marqué par une double caractéristique : des régimes autoritaires et héréditaires subis par des peuples trop longtemps étouffés, avilis. Les mêmes causes produisant les mêmes effets : partout une volonté farouche de s’extraire du joug contraignant rencontre la même farouche volonté de se cramponner à un pouvoir qu’on n’a jamais conçu comme temporaire.
La nature des régimes impose ce coût sanglant du changement, un coût qu’aucun de ces régimes ne semble vouloir épargner à son peuple.
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Re: CHRONIQUES ALGERIENNES

Messagepar Djazz » 19 Juin 2011, 07:26

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Monsieur le Président, faites quelque chose pour le malheureux Si Tayeb !




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B comme BAB




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Pas à pas


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De la jouissance de frapper un manifestant




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Changement et souveraineté

Par : Mustapha Hammouche


C’est le porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères qui l’a dit : Alain Juppé a été “clair et catégorique”. Oui, en réitérant la position de son président qui a proclamé “le caractère injuste de la colonisation, mais il n’est pas question que la France se lance dans la voie de la repentance”, il n’a plus laissé de place au doute.
Et, dans le même temps, Juppé a indiqué que les relations franco-algériennes sont dans une “période de particulière embellie”. Est-ce à dire que la partie algérienne a renoncé à l’exigence de repentance et que celle-ci ne constitue plus un handicap au développement de la relation ? À la vérité, il y a longtemps que Kouchner avait compris que “l’Exécutif” n’est pas attaché à une telle revendication, réservée à des officines “patriotiques” qui surenchérissent pour amuser la galerie nationale.
Et ce n’est pas dans le contexte actuel que le régime algérien se permettrait de poser ses conditions. La participation au G8, un moment compromise par les accusations de soutien à Kadhafi, a exigé de l’Algérie qu’elle donne des gages de repositionnement sur la question libyenne. Le blocage des comptes du Guide à la veille du sommet de Deauville en fut la première expression.
Quant aux relations économiques algéro-françaises, elles étaient déjà déclassées en questions discutables entre deux délégations “techniques”, respectivement conduites par Benmeradi et Raffarin, avec l’instruction évidente de faire aboutir certains projets, comme celui de la cession d’Alver à Saint-Gobain, conclue en dépit de la contrainte légale qui interdit les investissements à majorité étrangère. “L’Algérie n’est pas la Tunisie ni l’Égypte.” C’est par ce slogan que le pouvoir voulait exprimer, depuis le début de la “révolution arabe”, qu’une certaine spécificité le mettait hors d’atteinte du mouvement régional de changement.
Mais, lui-même à montré qu’il n’était pas convaincu de cette “exception algérienne”. Au plan national, en redoublant d’activité répressive et en se lançant dans une cascade de reculades dont il espérait l’effet pacifiant : en matière de commerce informel, de circulation routière, de contraintes bureaucratiques et dans une série de revalorisations salariales aux motivations politiques évidentes. L’annonce de réformes et les cérémonials de consultations qui s’ensuivirent sont aussi un signe d’inquiétude du régime quant à sa pérennité.
Au plan international, le pouvoir sait que, malgré son suréquipement répressif et sa capacité de financement de la paix civile, observateurs et partenaires ne peuvent que “confondre l’Algérie avec l’Égypte et la Tunisie”. Le mouvement régional de contestation des autoritarismes en place met le régime algérien dans une espèce d’état de précarité politique. Il est tenté de compenser cette incertitude sur sa stabilité par des concessions dans les négociations avec des partenaires qui ont clairement pris le parti de soutenir le mouvement pour la démocratie dans le monde arabe.
“L’exception algérienne” coûte de l’argent et de… la souveraineté !
Pendant que les pays qui vivent des processus de changement, comme la Tunisie et l’Égypte, connaissent un empressement international et suscitent une nouvelle forme d’égard, le conservatisme algérien se paie en capacité de négociation. Le changement constitue désormais un impératif de souveraineté.
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Re: CHRONIQUES ALGERIENNES

Messagepar Djazz » 20 Juin 2011, 07:32

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Le décalage horaire maghrébin !




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Maroc yiwen Algérie walou




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Le temps des fleurs


Raïna Raïkoum

Avis aux peuples au bois dormant






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Révoltes au Maghreb : la France, entre principes et connivences


Par : Mustapha Hammouche


Les petits pas du roi n’ont pas suffi à atténuer la revendication de démocratie au Maroc. Malgré l’accueil favorable de Paris et son amplification par la presse de France, le mouvement du 20-Février considère que les réformes annoncées restent en deçà de la norme d’une réelle démocratie.
Pourvu que Sarkozy, sous prétexte d’intervenir en faveur de la démocratie en Libye, ne s’aventure pas à la tentation de prescrire la norme démocratique à l’intention des peuples du Maghreb !
Beaucoup reste à faire dans cette région pour une révolution qui ne fait que commencer. Et les pays de l’Otan, engagés en Libye auront, pour longtemps encore, fort à faire. Le cas de la Syrie est en train de rappeler à la communauté internationale qu’elle n’est pas encore en mesure d’influer considérablement sur les destins nationaux et que, de toute manière, elle ne peut agir, indistinctement, dans tous les pays avec la même efficacité. Le déficit de justice internationale dans la question palestinienne délégitime son immixtion dans les processus politiques internes aux États du Moyen-Orient. Chaque puissance étant contrainte de distinguer, parmi les dictatures du monde, celles qui la dérangent de celles qui l’incommodent, il n’y a pas possibilité d’une règle de conduite envers les différents mouvements nationaux qui constituent la vague revendicative de changement que traverse la région Meda.
Dans sa précipitation à déclarer suffisantes les concessions de Mohammed VI aux revendications démocratiques de son peuple, la France rappelle Francis Blanche dans le sketch où Pierre Dac joue le rôle d’un mage tout-puissant, le Sâr Rabindranath Duval : avant que le magicien n’ait à opérer le miracle, Blanche, son assistant, s’écrie à l’adresse du public : “Il peut le faire, Mesdames et Messieurs !”
La communauté internationale a ceci de handicapant quand elle se met à s’engager dans les débats politiques nationaux, notamment en Afrique et au Moyen-Orient : elle est contrainte d’intervenir par puissances nationales interposées qui, nécessairement, agissent en fonction de leurs intérêts et de leurs rapports au régime contesté et au régime pressenti pour sa succession. Ainsi, ce n’est pas en fonction de la dose de démocratie que renferme leurs régimes respectifs, que la communauté internationale s’accommoderait de la pérennité de certaines dictatures et se réjouirait de la chute d’autres. Si le dictateur toléré n’a pas encore tiré sur sa foule, et qu’en plus il se lance dans un processus de réforme politique, les puissances “amies” n’ont plus qu’à applaudir cette évolution spontanée et à se faire les témoins désintéressés, auprès des peuples concernés, de cette volontaire mutation. L’empressement français à soutenir la réplique du roi à la demande de changement exprimée par la jeunesse marocaine tend à peser finalement sur les limites du changement exigé. De la même manière que Chirac voyait de vrais droits de l’Homme dans le régime de Ben Ali et de la démocratie dans le second mandat de Bouteflika, Sarkozy trouve un saut démocratique dans le discours de Mohammed VI.
Comme le régime algérien a adopté le même style de réaction aux aspirations de liberté — un lent processus réformiste maison —, il y a des chances qu’il bénéficie de la même bienveillance amicale. Et certains signes ne trompent pas sur la connivence retrouvée avec l’ennemi intime.
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Re: CHRONIQUES ALGERIENNES

Messagepar Djazz » 21 Juin 2011, 08:11

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Et maintenant ? Son café, il va le prendre où le leader du P.I.P.E.A.U ?




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De la tête aux pieds




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Arrivée


Raïna Raïkoum

La commission Bensalah clôt ses travaux… le dernier jour du printemps !





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L’Algérie, bientôt dictature résiduelle au Maghreb

Par : Mustapha Hammouche


Jusqu’ici, les rapports politiques et la coopération entre États arabes sont, depuis toujours, réduits à leur plus simple expression. La Ligue arabe n’a constitué qu’un cadre de recours solidaire pour contrer l’isolement politique de l’un des régimes membres. Un syndicat d’autocrates contre des agressions externes et des remises en cause internes.
La cause palestinienne, élargie au statut de cause arabe, sert, depuis la création du syndicat, de fondement à la stratégie victimaire de défense de nos despotes. Toute atteinte à l’ordre établi dans un état arabe constitue une contribution à l’affaiblissement du front arabe antisioniste et une trahison de la cause commune. Tant qu’il y a la question palestinienne, il n’y a pas de question politique arabe. Les pétrodollars font le reste quand c’est nécessaire.
Surpris par les tournures prises par les révoltes des jeunes Tunisiens et égyptiens, les régimes arabes se démarquent des “mauvais exemples” tunisien et égyptien, tout en rivalisant d’imagination pour surfer sur la vague contestataire qui risque de les emporter tous.
Il faut d’abord commencer par soutenir les dictateurs libyen et yéménite, le premier donnant le bon exemple de résistance à une ingérence étrangère pourtant rendue possible par le quitus de la Ligue arabe, et le second, modèle de résistance durable à la contestation.
Il faut, ensuite, fermer les yeux sur le massacre à huis clos des manifestants syriens, en comptant sur la Russie pour le préserver d’éventuelles sanctions internationales.
Mais si la riposte à la demande populaire de changement n’est pas formellement concertée, on peut tout de même observer une identité de réaction aux soulèvements contre leur perpétuel empire. D’abord, la réaction répressive spontanée, ensuite l’organisation de contre-manifestations brutales. Si la brutalité des policiers et des baltaguia ne suffit pas à étouffer la révolte, dans le sang si nécessaire, nos dictateurs passent aux promesses sociales et les tiennent parfois quand ils disposent des ressources suffisantes. Si les promesses restent sans effet, ils cèdent enfin sur le thème des “réformes politiques”. C’est ce que font les régimes marocain et algérien. Si le voisin de l’Ouest en est déjà à dévoiler une grossière mouture de la réforme constitutionnelle, notre pouvoir prend tout son temps pour consulter tout ce qui est en droit d’avoir un avis et de le donner, quitte à réveiller des esprits qui avaient oublié de se faire une idée sur l’état du pays.
Le roi, pour mettre fin à une contestation finalement difficile à satisfaire, vient de reprendre à son compte, après l’Algérie, l’invention égyptienne des baltaguia. Ceux-ci, dans leur version marocaine, sont sortis sévir contre les manifestants qui, avant-hier, demandaient plus de réformes au souverain. En dehors de l’establishment politique, les propositions de Mohammed VI n’ont pas suscité un accueil unanime, mais ils posent déjà problème à nos “réformateurs”. Recevant plutôt le genre d’invités qui se soucient de l’avenir des anciens du FIS, personne n’a encore proposé à Bensalah l’officialisation de tamazight ou la saisine citoyenne du Conseil constitutionnel, mais le “réformateur” national aura de la peine à assumer de rester en deçà du repère marocain. Après les deux prochains référendums tunisien et marocain, l’Algérie risque de faire bientôt figure de dictature résiduelle.
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Re: CHRONIQUES ALGERIENNES

Messagepar Djazz » 22 Juin 2011, 07:57

Le Soir d' Algerie

Pousse avec eux
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La prochaine fois, juré, promis, vous en serez !




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Crise cherche coupable



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Un Algérien s'immole, le désert s'agrandit




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Le statut de la promesse dans le système

Par : Mustapha Hammouche


On raconte, avec un certain unanimisme, que le président-directeur général d’Air Algérie aurait été limogé pour avoir promis une forte augmentation de salaires au personnel de cabine.
Remarquons qu’il ne les a pas augmentés. Il aurait donc été démis pour une promesse ! Or, chacun sait les chances qu’un serment de responsable algérien a pour se réaliser. On peut même dire que, dans notre pays, ne se réalise que ce qui n’a pas été promis. Si donc tel est le cas — que Bouabdallah ait été débarqué pour une promesse —, ce serait bien la première fois qu’on juge un cadre sur ses engagements. Et ce serait parfaitement injuste dans un système totalement fondé sur les privilèges du discours creux et de la parole non tenue.
Si on devait destituer tous les dirigeants qui ont trop promis, l’ancien P-DG d’Air Algérie viendrait en dernier. Révoqué par un régime qui a osé faire des promesses à répétition, chiffrées en millions de logements, en millions d’emplois, en centaines de milliers d’arbres, en centaines d’hectares de nouveaux jardins, en milliers de tonnes de poisson, en millions d’hectolitres de lait, en milliers de kilomètres de routes et d’autoroutes, en dizaines de stations de métro, Bouabdallah est en droit d’engager un recours en annulation pour non-respect de la jurisprudence nationale en matière de gestion : promettez, promettez, il en restera toujours quelque chose.
Au moment où l’on recrute, et juste pour redorer le blason d’un football fondamentalement médiocre, un Vahid pour plus de huit milliards de dinars par an, on en licencie un autre, gestionnaire de son état, qui en a promis beaucoup moins à des milliers d’employés !
Bouabdallah n’a fait qu’une seule erreur : il a oublié que depuis le “Printemps”, les augmentations de salaires en Algérie sont une affaire politique et n’ont plus de fondement managérial. Il suffisait pourtant juste de remarquer qu’au temps où l’on faisait des promesses, il n’y avait jamais de réévaluations salariales mais que celles-ci ont subitement commencé à pleuvoir sans même être annoncées ! Même le ministre de la Poste a eu la naïveté de démentir une revalorisation des salaires des postiers parce qu’elle n’a pas été promise, avant d’être invité à assister à son officialisation télévisée !
Même la tripartie, théoriquement conçue pour étudier la manière équitable de redistribuer les revenus du travail entre l’état, les entreprises et les ménages, ne s’est réunie que pour constater le fait accompli et s’en… féliciter.
Jusqu’ici, le sommet s’était arrogé le monopole de la promesse. Et pas seulement la promesse sociale, puisqu’il nous a promis jusqu’à la “dignité recouvrée” de l’Algérien et la “paix retrouvée” de ses contrées ! Maintenant, il veut s’approprier la décision dans ses moindres démembrements, jusqu’à la fiche de paie individuelle.
Ce rapatriement de la décision de base vers le sommet ne sert qu’à une chose : gagner le temps de revenir sur sa dernière promesse : la réforme pour une Constitution démocratique.
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Re: CHRONIQUES ALGERIENNES

Messagepar Djazz » 23 Juin 2011, 07:46

Le Soir d' Algerie

Pousse avec eux
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Qu’est-ce qu’une bonne liste de bénéficiaires de logements sociaux ?





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Et si les Anglais nous avaient colonisés



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L’Algérie, ou le conservatisme transformiste

Par : Mustapha Hammouche


C’est une ambiance de course contre la montre entre une agitation politico-sociale disparate mais soutenue et un pouvoir qui fait tout pour ralentir le mouvement. Une lutte entre le frein du régime et l’accélérateur de l’Histoire.
Alors que la commission Bensalah clôturait sa série de consultations, première étape d’un processus de divertissement national, et que les différentes polices s’occupaient de réprimer, nerveusement, une nouvelle tentative de rassemblement de la CNCD, le vent de révolte se levait, du côté sud cette fois-ci. La corruption, la hogra et le chômage parmi la jeunesse des villes du Sahara et le déficit de gestion du logement social provoquent toujours les mêmes vagues de soulèvements locaux.
Dans une semaine, le Maroc aura sa nouvelle constitution qui, malgré les insuffisances que lui trouvent les animateurs du Mouvement du 20 février, sera vraisemblablement approuvée par l’électorat marocain comme une réelle avancée démocratique. La commission Bensalah sera alors en train de synthétiser le fruit de ses “mouchaouarate”, amas de contributions, pour la plupart accommodantes, qui sera présenté comme l’expression de l’intelligence politique et civile nationale.
Mais, la mise en scène, qui vient prendre la suite des largesses sociales envers les catégories les plus bruyantes, aura-t-elle atteint son réel objectif : substituer la critique de connivence à la voix de l’indignation et faire passer la première pour la seconde ?
Ce n’était pas la bousculade au portillon de la commission qui a eu surtout à recueillir les avis familiers de représentants du sérail. Un président de Sénat et des conseillers à la Présidence recueillant, pour le compte du président de la République, les suggestions des chefs de l’Alliance présidentielle et de parti qui n’existent que par le système du quota de figuration ou par l’agrément du ministère de l’Intérieur : une bien singulière démarche pour la conception d’une Constitution démocratique et, donc, en rupture avec l’ordre en place.
Le régime s’adonne une nouvelle fois, et comme il l’a toujours fait, à l’exercice de la transition recommencée, si rentable pour le système et si coûteuse pour le pays. Parce qu’il trouve, grâce à l’effet clientéliste de la rente, un activisme courtisan de “démocrates” appointés, toujours prompts à s’ébahir devant la grandeur de “l’initiative”, le régime croit posséder le talent du transformisme politique. Celui-ci est spectaculairement illustré par les pirouettes du Premier ministre qui, comme cela a été observé, fut de toutes les causes, l’éradication comme la réconciliation, la libéralisation effrénée comme le protectionnisme étouffant, la rigueur sociale comme la libéralité salariale. Même en ces moments d’exhibition démocratique, la nature régressive et liberticide du régime persiste : alors qu’il s’évertue à simuler la volonté de promouvoir les libertés démocratiques, son inclination à céder au rigorisme terrorisant de l’islamisme le contraint à sous-traiter, et de manière pratique, la chasse aux bars et aux “lieux de débauche” pour le compte de l’intégrisme, et son tempérament “uniciste” le pousse à réprimer toute manifestation de sa contestation.
Le système n’admet aucune remise en cause extérieure : même sa remise en cause, il la revendique comme une réalisation propre et spontanée.
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Re: CHRONIQUES ALGERIENNES

Messagepar Djazz » 25 Juin 2011, 07:07

Le Soir d' Algerie

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À bas le foot ! Vive la vie !




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L’oreille interne est le siège de l’équilibre




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Et que


Raïna Raïkoum

Un peu de poésie dans un monde de communiqués
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Re: CHRONIQUES ALGERIENNES

Messagepar Djazz » 26 Juin 2011, 07:12

Le Soir d' Algerie

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Arrêtez cet homme !




El Watan

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Bouchons sur la A1




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Si, si, là, dos, scie


Raïna Raïkoum

Hezbollah et les arnaques au nom d'Allah et de la Palestine




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Printemps arabe et Printemps berbère

Par : Mustapha Hammouche


Un référendum de réforme constitutionnelle se tiendra, vendredi prochain, au Maroc. Malgré la persistance, dans ce texte, de la bipolarité tant décriée du pouvoir et malgré l’opposition du Mouvement du 20 Février notamment, le oui a toutes les chances de l’emporter.
Au-delà de l’appréciation qu’on doit faire de l’apport démocratique de la nouvelle Constitution, on devra enregistrer que, pour la première fois, un État “arabe” aura fait de tamazight une langue officielle. Le projet du roi Mohammed VI induit une rupture avec le dogme de
l’unicité de la langue dans les
pays dits arabes. Le fait est d’autant plus notable qu’il survient à l’initiative de l’actuel représentant d’une dynastie qui revendique l’ascendance de l’imam Ali et puise sa légitimité dans la défense de l’Islam et de l’arabité.
Certes, l’historiographie n’a pas poussé le négationnisme jusqu’à réfuter l’origine berbère du peuplement de l’Afrique du Nord et a fini par tolérer que les “constantes nationales” consentissent à voir l’amazighité leur disputer la “pureté” arabo-islamique des identités nationales. En Algérie, la revendication identitaire a conduit à la reconnaissance de tamazight comme langue, ce qui revient l’inscription officielle d’un fait socioculturel, une langue nationale était toute langue maternelle répandue parmi la population d’une nation. Si le triptyque amazighité-arabité-islamité constitue désormais la référence du discours de tribune, “les constantes” continuent à former le credo idéologique au conservatisme arabo-islamique régnant.
Même l’ordre d’énonciation de ces éléments d’identité, et donc leur préséance symbolique relative, constitue encore un enjeu politique.
L’évolution du statut de la langue amazighe au Maroc survient au moment où le régime algérien est en train d’élaborer, de son côté, un projet de réforme “démocratique” de la Constitution. L’ombre de ce développement ne manquera donc pas de planer sur le processus, sur ce thème comme sur d’autres, telle la peine capitale remise en cause par l’inscription du “droit à la vie” dans le projet du roi Mohammed VI. Mais, si au Maroc, l’Islam et l’arabe sont réputés protégés par le fait de la continuité dynastique, en Algérie, les entraves idéologiques se fondent, historiquement, sur des arrière-pensées de pouvoir. Il sera bien plus difficile au régime de se départir de son outil idéologique d’exclusion politique.
Si le caractère “démocratique” de la future Constitution marocaine, en termes de répartition du pouvoir, reste à considérer, elle marque, pour la question identitaire dans la région, un moment historique. Comme par ironie de l’Histoire, le “Printemps arabe” s’avère un peu un “Printemps berbère”. En tout cas, dans sa version marocaine.
Même le discours “universel”, d’extraction coloniale, qui, par commodité et par inclination simplificatrice, a produit et homologué la notion de monde arabe, y perdrait… son latin.
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Re: CHRONIQUES ALGERIENNES

Messagepar Djazz » 27 Juin 2011, 07:14

Le Soir d' Algerie

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Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, devise bien algérienne !




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Chanter tue





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C'est Indigne, monsieur Khadra !



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Au-delà de la bavure, de sérieuses interrogations

Par : Mustapha Hammouche


Après trois jours de grève, Azazga a marché. Le drame qui a notamment frappé la famille du jeune Dial ne pouvait que susciter la douleur et l’incompréhension qu’engendre toute bavure. S’il ne s’agissait que de l’effet tragique d’une méprise.
Car les évènements d’Azazga, tels que les témoignages en rapportent le déroulement, ne correspondent pas à ce risque de bavure intégré par toute institution disposant de la prérogative de la violence légitime de l’état. Ils imposent alors immédiatement quelques interrogations sur l’institution de lutte contre le terrorisme et, plus globalement, de défense nationale.
En premier lieu, on peut observer que les troupes évoluent à l’aveugle en toute méconnaissance sociopolitique du terrain : pas besoin de développer des prodiges de renseignements pour savoir que les habitants du secteur ne peuvent être suspectés de connivence avec un acte terroriste. Cela aurait évité à l’ANP d’attaquer à l’arme lourde les domiciles du fils et du beau-frère d’un ancien officier de l’ALN.
En second lieu, le déchaînement de violence qui a suivi l’attentat semble être devenu incontrôlable : selon les témoignages, passants, personnel de l’hôpital, riverains, chacun y a pris pour son grade. Même le militaire — indépendamment de la relation hiérarchique — qui voulait empêcher la faute de son collègue, en criant “ce n’est pas un terroriste”, n’a pas été entendu. On n’est plus dans l’acte militaire, mais dans le défoulement psychologique. D’autant plus que certains actes rapportés de pillage donnent des concernés l’image, inédite s’agissant de l’Armée algérienne, d’une unité de soudards.
En troisième lieu, la scène n’a rien à voir avec une réponse tactique à une attaque violente : les hommes s’en sont pris à tout ce qui, autour, pouvait subir leur instinct de vindicte, y compris les appareils électroménagers, et même un piano, dans une des deux villas ciblées.
Enfin, il semble que la chaîne de commandement n’était pas préparée à gérer la confusion qui suit une attaque surprise, sinon qu’elle est vite rompue quand il s’agit de riposter à une situation d’urgence tactique.
On espère infondés ces constats de profane. Mais l’interrogation s’impose quand on sait qu’un quinzaine d’amis déjeunaient, le jeudi précédent, dans la maison ciblée. Il est temps que le pouvoir se départisse du réflexe officiel qui est de toujours décharger l’auteur de la bavure aux dépens de sa victime, comme on l’a observé dans d’autres cas, et cesse d’entretenir la confusion entre la responsabilité personnelle et la responsabilité institutionnelle qui fonde tous les excès des fonctionnaires de toute échelle. L’ANP n’a pas vocation à brutaliser et d’attenter à l’intégrité et à la vie d’Algériens : les éléments qui, en son sein, se rendent coupables de crimes contre les citoyens doivent les assumer. La solidarité malsaine.
Le “qui-tue-qui”, qui a indirectement imposé l’issue équivoque de “la réconciliation nationale”, est le fruit de cette connivence malsaine entre l’individu et l’institution face à la société, perçue, elle, comme menace. Et c’est cette “réconciliation” contre-nature qui fait que le soldat et le policier ne discernent plus le terroriste du citoyen et confondent une habitation avec un refuge.
Les bavures aussi ont un fondement politique.
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