L’USMA ET LE 05 JUILLET

C'est ici qu'on mouille le maillot

L’USMA ET LE 05 JUILLET

Messagepar Red Bull » 19 Juil 2008, 18:45

Je voulais partager avec vous ce somptueux texte écrit par mes amis du site usm-alger.com
Même si vous n'êtes pas fans du club, je pense que vous serez ravis de lire les aventures de ces hommes qui ont libéré l'Algérie. L'article remet aussi quelques mensonges de l'histoire dans le bon chemin et balaye d'un revers des calomnies colportées par des mythomanes avides de tensions interclubs. Bonne lecture.

L’USMA ET LE 05 JUILLET : « Date prémonitoire, hommes prédestinés »

Nous sommes en juillet 1936. Dans un petit local, situé à la rue Saluste dans la basse Casbah, deux hommes parlent sports. Ils évoquent la création d’une association sportive exclusivement musulmane et au sein de laquelle ne figurerait aucun européen. Ces deux hommes sont Omar Aichoun et Mustapha Kaoui. Ils gèrent un petit négoce de sacs en jute (un commerce relativement rentable à l’époque), qui leur a permis de quitter définitivement le milieu marginal dans lequel la misère a pressé moult jeunes de la Casbah. C’est aussi l’époque où bouillonne l’activité politique. Le Mouvement Nationaliste, mené par l’Etoile Nord Africaine de l’Emir Khaled, petit fils de l’Emir Abdelkader, semble s’essouffler, alors que pointe à l’horizon la création du PPA (Parti Politique Algérien), père spirituel du FLN.

Aichoun et Kaoui, qui se sont rangés, sont gagnés par l’effervescence qui s’est emparée de toute la Casbah, particulièrement le quartier du 2eme arrondissement, la ou se trouve le mausolée de Sidi Abderahmane, le Saint de la ville d’Alger. Ils fréquentent les militants du mouvement national, nombreux dans ce quartier et qui sont parmi les plus déterminés. Ils ont entendu parler de la nécessité de créer des clubs sportifs, cadre idéal pour sortir la jeunesse algérienne des fléaux qui la guettent, et l’idée séduit. Il faut reconnaître que le mouvement national est de plus en plus aguerri, et à Alger, la jeunesse, dans une large proportion, adhère plus facilement aux mots d’ordre patriotiques. L’un de ces mots d’ordre est la création d’associations sportives.

Durant toute l’année 1936, les deux hommes vont multiplier les contacts, aidés par Arezki Meddad, père de la chahida Ourida Meddad, qui fut défenestrée par les paras français à l’école Sarrouy en 1957. Leur choix se porte sur Ali Lahmar, dit Ali Zaid, chahid de la guerre de libération et Sid Ahmed Kemmat. Ces hommes constituèrent le premier bureau de l’USMA, un bureau présidé par Ali Zaid, la présidence d’honneur revenant à Omar Aichoun et Arezki Meddad. Il faut ajouter qu’outre leurs activités nationalistes et sportives,Omar Aichoun et Mustapha Kaoui sont devenus des habitués du Nadi Ettaraki ( Cercle du progrès) à l’ex-place d’Orléans, appelée par les algérois « placet el oud », actuellement Sahet echouhada.

Le cercle du progrès est géré par le Mouvement Réformateur Islamique (El Islah), dirigé par le Cheikh Tayeb El Okbi, dont le fils Djamel sera, un quart de siècle plus tard, le gardien de but de l’USMA. Craignant que la pratique du sport ne soit incompatible avec les préceptes de l’Islam, les concernés ont demandé conseil au Cheikh, qui les a non seulement encouragé, mais même donné sa bénédiction à l’USMA. Si Ahmed Kemmat sera l’architecte de la constitution de l’édifice. Pour les démarches administratives afin d’obtenir l’agrément des autorités coloniales, il demanda les statuts au Secrétaire Général du MCA, qui lui remit volontiers une copie. C’est ce geste pourtant tout à fait banal qui a permis un jour à un président éphémère du MCA (aujourd’hui disparu, Allah yerahmou) de faire croire que le mouloudia avait crée l’USMA.

L’option USMA ayant réussie,le PPA renouvela l’opération et ainsi naquirent un peu partout des « Union Sportive Musulmane »,des « Espérance Sportives Musulmane »,des « Jeunesse Sportive Musulmane », des Widad » et des « Croissant club ». Ils étaient partout ces clubs qui furent des écoles de nationalisme et de patriotisme.

Si à l’USMA, plus qu’ailleurs, le mouvement nationaliste joua un rôle important, la cause revient au fait que parmi ses sympathisants se trouvaient des membres du Comité Central du PPA et de son successeur le MTLD (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratique) qui donna au FLN tous ses cadres de Novembre 1954.

Faut-il rappeler le nom de Mohamed Taleb, qui fut le responsable hiérarchique de Mohamed Boudiaf, Ahmed Ben Bella ou Hocine Ait Ahmed ? Taleb faisait partie de ces « self made man », « autodidacte » mais d’un quotient d’intelligence nettement au dessus de la moyenne humaine. S’il n’était pas mort trop tôt, tout comme son compagnon Mohamed Belouizdad, nul doute qu’il aurait figuré parmi les déclencheurs de la guerre de libération.

Faut-il oublier Saïd Amrani ou encore Sid Ali Abdelhamid, également membres du Comité Central et qui eurent la malchance d’être arrêtés et incarcérés dès 1954 pour être libérés en 1962 ?

Faut-il occulter l’histoire de la réalisation du drapeau national au sein d’un local appartenant à Amrani?

Fin Mars 1945, le Maréchal Joukov (alors général) se trouve aux portes de Berlin d’où il annonce sur les ondes des radios alliées qu'il se promettait de vaincre le 3eme Reich le 1 mai, date de la fête des travailleurs en URSS.
Le PPA décida sans en avertir les autres partis des AML (Amis du Manifeste et de la Liberté) le MTLD et les Oulémas, d'organiser sur tout le territoire des manifestations pour fêter la victoire des alliés et leur rappeler leurs promesses faites aux Algériens dont le droit à l'autodétermination.

Alors que M. Méssali Hadj était en exile au Congo, c’est M. Mohamed Taleb fondateur de la section de Basket de l'USMA qui fût le principal organisateur de ces manifestations en compagnie de Mrs. Moufdi Zakaria, Saïd Amrani membre du bureau directeur du PPA (et membre de l’USMA,), Chawki Mostefai, Chadly El-Mekki, Asselah Hocine, Hadj Ahmed Cherchalli, et Lamine Debaghine.
Les manifestants devaient défiler avec les drapeaux des alliés (USA, GB, URSS et France) en plus du drapeau Algérien.

Il n’existait pas de drapeaux Algérien proprement dit à l’époque. Il fallait en créer un. Les faits suivants relatent l’épisode de la création, confection et distribution.

Tout s'est passé au N°12 de la rue Souk-Djemaa, basse Casbah. Un local loué par M. Saïd Amrani a Mrs. Moufdi Zakaria et Mohamed Henni. Une commission comprenant Mrs. Asselah Hocine, Chadly El-Mekki et Chawki Mostefai fut créée pour définir le modèle du drapeau. M. Sid-Ahmed Amrani alors basketteur à l'USMA et Vice-président du Club plus tard, ainsi que M. Abderahmane Smai ancien dirigeant de l'USMA, tous deux exerçant en tant que tailleur au local suscité cousurent le premier modèle. A partir de ce modèle qu'elles corrigèrent sur le plan du positionnement géométrique du croissant et de l'étoile, les soeurs Amrani Baya et Zhor (Epouse de Mohamed Taleb) cousurent des dizaines de drapeaux qui furent distribués par M. Saïd Amrani, responsable de l'organisation au sein du PPA, à travers tout le pays de Ain Sefra jusqu' à Tébessa. Cette machine à coudre qui a servi à la confection des drapeaux brandis en mai 1945 est toujours disponible au domicile familial dans la basse Casbah.

Pour revenir aux manifestations et en cas d’échec de celles-ci, qui se devaient être pacifiques, il avait été décidé de lancer l'insurrection a travers tout le pays et au même moment conformément a la stratégie arrêtée par le PPA à l'insu du président des AML M. Ferhat Abbas et de M. Messali Hadj président du PPA alors en exile. Les groupes armés avaient été constitués par Mrs. Mohamed Taleb, Omar Hamza et Saïd Amrani à travers tout le pays sous l'égide du CARNA (une organisation parallèle créée par M. Mohamed Taleb pour préparer dans la discrétion les groupes armes et l'achat et la récupération d'armes de guerre).

Les manifestations programmées pour le 1er mai ont eu lieu partout à travers le pays et il y eut des morts à Alger et Saida notamment; le 8 mai jour de l'armistice, de nouvelles manifestations furent lancées par l'organisation que dirigeait Mohamed Taleb. Après les massacres, Mohamed Taleb et tous les membres furent arrêtés à l'exception de Mrs. Saïd Amrani et Chawki Mostefai. Ces derniers lancèrent l'ordre de l'insurrection suite à la répression féroce endurée. Avec l'intensification des massacres, ils finirent par donner le fameux contre ordre (le 23 mai 1945) pour arrêter l'insurrection armée et permettre le repli dans les maquis.

Ce court récit révèle l’implication prépondérante de dirigeants de l'USMA dans l’organisation et la direction des manifestations de Mai 1945. Le drapeau avec lequel le premier manifestant est mort a Alger le 1 mai ainsi que celui des manifestations de Sétif ont été cousus chez les Amrani à la basse Casbah (Bon Marche) par Baya et Zhor Amrani.

L’USMA et la guerre de libération

A cause ou grâce à ce passé, il était naturel que l’USMA soit aux avant-postes le 1er Novembre 1954, du moins pour la capitale. Le FLN/ALN n’avait pas encore la structure pyramidale bien huilée qui fut la sienne à partir du congrès de la Soummam, le 20 Août 1956. Faisant partie de la zone 4 (plus tard la glorieuse Wilaya IV), Alger avait une large autonomie. La zone 4 devait être dirigé par Didouche Mourad, un natif de la Redoute (El Mouradia) et qui avait pratiqué la gymnastique au sein de l’USMA. A Rabah Bitat, autre élément majeur du déclenchement de la guerre de libération, avait échu la zone 2 (Nord.Constantinois). Mais pour des raisons qui n’ont jamais été élucidées, Didouche et Bitat permutèrent et Bitat s’installa à Alger pour diriger la zone 4. Mais ce dernier ne connaissant rien à la capitale, c’est à Zoubir Bouadjadj que revient la mission d’organiser les premières actions armées.

Bouadjadj, en plus de ses activités nationalistes était footballeur à ….l’USMA. Durant plusieurs années, il a tenu le poste d’arrière gauche, ou sa rugosité et sa bonne puissance physique en faisaient un défenseur redouté par tous les attaquants. Il joua un rôle essentiel et primordial dans l’organisation de la fameuse réunion des « 22 », tenue à Clos Salembier (El Madania) pour décider du déclenchement de la guerre de libération. Toute la logistique lui retombait sur le dos et il s’en acquitta si bien que Didouche Mourad (avant de quitter Alger et de tomber en chahid en 1955) lui délégua le rôle de recevoir et de transporter tous les militants venus de différents coins de l’algérois, pour les regrouper à Crescia (Khraicia) avant qu’ils ne se rendent dans la Mitidja pour y exécuter leurs premières opérations. Zoubir Bouadjadj fut donc le premier usmiste à occuper un si haut poste dans la hiérarchie du FLN/ALN.

Pour la Casbah, Bouadjadj désigna Yacef Saadi afin de diriger la manœuvre. Joueur de l’USMA, Yacef choisit son premier groupe de Fidaiyine. A qui fit-il appel ? A d’autres joueurs de l’USMA comme lui. Ainsi se retrouvèrent réunis Abdelkader Tchikou,Amar Aidoun,Hamid Chibane,Abderahmane Arbadji et Abdelkader Djaknoun dit « El Mechri ».
Ils seront rejoints un peu plus tard dans les rangs du FLN/ALN par d’autres usmistes. En premier lieu, Mohand Arezki Bennacer dit Si Toufik, chef de la région 3, qui interrompit très vite sa carrière sportive pour cause d’asthme. Puis Hattab Mohamed, acteur de théâtre de grand talent sous le nom de Habib Redha, responsable des cellules « bombes ».

Les premières actions armées furent l’œuvre d’Abderahmane Arbadji. Identifié par la police française, Abderahmane sera activement recherché. Le 23 Février 1957, victime d’une dénonciation, il se battit jusqu’à la mort sur les terrasses des maisons de la Casbah. Parmi ses compagnons, figuraient Omar Hamadi et Boualem Abbaza (de son vrai nom Boualem Attalah). Très proches des dirigeants de l’USMA ,Omar Hamadi, qui fut assassiné par les terroristes en 1994, et Boualem Abbaza furent respectivement Vice-président du club et président de la section football de l’USMA après l’indépendance, après être sortis indemnes et du maquis (Wilaya IV) et des cellules des condamnés à mort.

Voici par ailleurs ce que rapportait un journaliste du quotidien le journal d’Alger : « Ce club, l’USMA, dont le siége se trouve 6, rue de Bône, a donné tout l’état-major de la Rébellion à Alger et le démantèlement par la police des cellules du FLN a démontré le rôle néfaste joué par ce club ».

Puis est arrivé le mois de mars 56. La guerre bat son plein et le peuple algérien, à de rares exceptions, sous la bannière du FLN/ALN. A l’est du pays, tous les clubs musulmans ont stoppé leurs activités sportives, et certains de leurs joueurs se battent dans les maquis des zones 1 et 2. Il était sur donc que les clubs du reste du pays (centre et ouest) n’allaient pas rester en marge du mouvement.
Pour Alger, c’est Bouzrina Arezki dit « hdidouche », beau-frère de Yacef Saadi et dirigeant de l’ESMA (club malheureusement disparu dans les années 80) qui sur instruction de Yacef Saadi doit faire appliquer l’insurrection. Une première prose de contact à lieu au siège du CCA à l’initiative de M. Zani Mohamed, président de ce club. Aucune décision n’ayant été prise, rendez-vous est pris pour une semaine plus tard au siége de l’USMA au 6, Rue de Bône. Le premier « local » de l’USMA était situé place de Chartres dans un immeuble loué par le PPA avec un prête-nom et géré par la section d’Alger. Sid Ali Abdelhamid, membre du comité central du PPA puis du MTLD, explique que sur dénonciation, la préfecture d’Alger a ordonné au propriétaire, un israélite, de mettre fin au bail et de reprendre son bien. L’USMA déménagera donc au 6, Rue de Bône pendant que celui de la place de chartres sera alloué au…..MCA.
C’est donc au nouveau siège du club, le 5 Mars 1956, que tous les clubs musulmans d’Alger sont la, contrairement à la fois précédente et le MCA fut enfin présent et représenté par son président, M.Sid Ahmed Djaoud.

Ce jour la, M. Sid Ali Cherifi, président de l’USMA et en même temps, trésorier du FLN/ALN, dirige la réunion. Il a donné instruction à deux joueurs cadets du club de faire le guet à l’extérieur et d’alerter les participants en cas de danger. Ces deux jeunes sont Hamid Benkanoun, fils du célèbre rebouteur El Hadj Dahmane Benkanoun, également membre fondateur de l’USMA et dont le café de la rue Randon est devenu le lieu de rencontre de tous les usmiste, et Mustapha Boudissa, frère de Abdelkader « chichoi », joueur du club, tombé au champ d’honneur en 1959. Ces jeunes se souviennent. Ils racontent :

« Nous étions assis comme d’habitude devant le cercle de l’USMA, mon ami Mustapha et moi et on a remarqué un arrivée massive de gens siège du club. On se demandait ce qui se passait. Abdelkader Berbachi, ancien gardien de l’USMA (toujours en vie), nous a mit au parfum et nous demanda de les aviser en cas de danger. Il sortira plus tard, pour nous faire un geste comme quoi tout est fini. Il faut dire que Cherifi nous avait préparé à ça et ce lors d’une convocation de sa part ou il nous avait demandé de nous comporter comme des hommes et non plus comme des voyous. Nous ne l’étions pas, mais il est vrai qu’on avait plein de trucs à se reprocher. Il nous avouera même que devant la demande du FLN de préparer les hommes de l’USMA pour le maquis, il leur a rétorqué qu’il n’avait que des enfants à leur offrir, car nous nous comportions en tant que tel. Cette phrase nous a fait réagir et elle résonne encore dans nos têtes. ».

Au lendemain de la décision, un quotidien d’Alger rappela que tous les clubs musulmans s’étaient arrêtés de fonctionner, à l’exception de ceux qui jouaient en division d’honneur (MCA, USMB, USMO, USMBA). Le MCA affrontait en ce même mois au stade de Saint-Eugene archi-comble l’ASSE et le FLN/ALN a désigné quatre militants, le chahid Abdelkader CHICHOUA, FERHAOUI Rachid (futur condamné à mort), KERRAZ Mohamed et le fameux Moulay, secrétaire général de la FAF après l’indépendance, a fin de susciter des troubles. Les quatre hommes arrivèrent à leur but en provoquant une émeute, qui débouchera sur des heurts entre supporters du MCA et la Police, heurts durant lesquels Chichoua assomme un policier et prend la fuite.
Le lendemain, le MCA annonce qu’il cesse toutes les activités, rejoignant ainsi l’USMA, l’ESMA, la JSMA, le CCA,l e RCK, l’USMMC(Harrach), le WAB, l’USMM (Hadjout) et tous les autres clubs musulmans. Des lors, beaucoup de joueurs de ces clubs rejoignent les maquis de la zone 4, devenu Wilaya IV.

L’un d’entre eux, Youcef KHATIB, défenseur central de l’ASO sera d’abord médecin de la Wilaya IV, puis son chef sous le nom de Colonel Si Hassen. Un autre, Lakhdar Bouchama, joueur du Mouloudia de Cherchell, un homme et un chef de grande valeur,atteindra le grade commandant,avant d’être exécuté suite à une décision injuste et précipitée,pour atteinte à la discipline et à la hiérarchie révolutionnaire.

Braham BRAKNI, un élégant milieu de terrain de l’USMBlida, sera également officier de la Wilaya IV. Il tombera au champ d’honneur en 1959, sur les hauteurs des monts surplombant Cherchell.
Un peu plus tard, l’O.Médéa comptait en son sein un excellent coureur de demi-fond, qui fut champion d’Algérie du 1500 m : Lies IMAM. Ce dernier a quitté le lycée Bencheneb en 1956, suite à la grève faussement appelée « grève des étudiants », alors qu’elle fut d’abord celle des lycéens et collégiens. IMAM est une véritable légende en Wilaya IV par ses actes de bravoure et son sens du commandement. Il fut le chef du fameux commando Djamel et mourut au combat à Kherba, entre Chlef et Ténès.

L’USSMC (El Harrach) a donné plusieurs moudjahidines et des chouhadas. Ce club à la particularité d’avoir été le seul à avoir joué deux ou trois rencontre avec un maillot aux couleurs nationales (Vert et blanc frappé du croissant et de l’étoile rouge), avant d’être rappelé à l’ordre. Le CCA a donné au pays une quinzaine de chahid, tout comme la JSMA, l’ESMA, le RCK et le NAHD.

Et notre cher club dans tout ça ?

Et bien, disons que nous ne sommes pas restés en marge et que l’USMA a largement payée son tribut.
Nous avons écrit plus haut que le premier chahid de l’USMA fut Abderahmane ARBADJI. C’était en 1956. Après la grève des 6 jours et la répression qui s’était abattu sur Alger et à l’exception de Boutalbi Abdelmadjid (Kabylie) et Allel Oukil (Wilaya V), tous les autres rejoignirent la Wilaya IV.

-Boudissa Abdelkader (Chichoua) s’était évadé du lieu d’interrogation et de torture du 3e RPC (Régiment des Parachutistes Coloniaux), à moitié nu et avait regagné les rangs de la Wilaya IV. Très vite sont dynamisme et son endurance intéressèrent Si M’hamed Bougara, surnommé « le père de la Wilaya » pour sa grande disponibilité envers les djounouds, sa simplicité et sa gentillesse. « Chichoua » fut nommé agent de liaison du chef de Wilaya et responsable de l’acheminement des djounouds de la Wilaya IV vers les frontières EST. Il installera son PC au Djebel Boutaleb pour s’occuper aussi du ravitaillement et de l’armement pour la Wilaya IV. Il tombera au champ d’honneur en 1959, loin de sa casbah qu’il aimait tant.

-Boudeb Mustapha était le type même du kasbadji. Surnommé « Dimama », il faisait partie d’un groupe armé dirigé par Boualem Abbaza. Recherché, il a quitté Alger pour la zone 1 (Lakhdaria-Tablat) de la Wilaya IV. Il participera à la grande bataille de Zouyala, près de Miliana, ou fut décimée une compagnie entière de parachutistes légionnaires. Il y trouve la mort auprès d’une centaine d’autres moudjahidines, après s’être accrochés avec les troupes françaises pendant trois jours.

-Jeune basketteur, Allel Oukid est appelé en 1955 au service militaire et transporté à l’Ecole des officiers (France). Son stage terminé, il en ressort avec le grade de sous-lieutenant et est muté dans l’ouest algérien. Il déserte près de Tiaret et rejoint la Wilaya V. D’abord instructeur, il grimpe très vite dans la hiérarchie et devient un des cadres de la Wilaya. Il tombera au champ d’honneur le 7 Novembre 58 au lieu dit Djebel Sidi Bouzid dans la région de Laghouat, dans une embuscade des parachutistes et après un combat de deux heures, ne cédant qu’après avoir épuisé toutes ses munitions.

-Si l’on est sur que Tazairt Mohamed (Moha dziri) est tombé au champ d’honneur dans les montagnes qui surplomb Meftah, on a jamais eu de nouvelles de Boualem Mekkiri, Mohamed Slama, Mustapha Oukid (jeune frère d’Allel), Abderahmane Boussoura, Noureddine Benkanoun, sauf qu’ils sont mort pour l’Algérie, après avoir porté les couleurs « rouge et noir » de l’USMA. Tout comme l’ont porté des dizaines d’autres et tombé au champ d’honneur.

Ils ont tous eu l’occasion de connaître un 05 Juillet, celui de la date de création de l’USMA, leur club, et qui sera grâce à leurs sacrifices la date de l’indépendance de l’Algérie.
Comme quoi, un petit club de quartier resté fidèle à ses idéaux que sont la bravoure, l’honnêteté et surtout l’humilité peut cacher pas mal de secrets et de trésors.
On pourrait rajouter par ailleurs que ce n’est pas la taille mais surtout la qualité du quartier qui compte.
Une date, un destin, celui d’un club et de ses hommes. Pour que nul n’oublis.

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Re: L’USMA ET LE 05 JUILLET

Messagepar mirindou » 19 Juil 2008, 19:07

merci, c'est long mais cultivant....
c'est pour l'histoire.
on aurais aimé savoir ou ce situé la Mouloudia Club d'Alger, vis a vis de la création d'un deuxième club dans l'algérois
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