Qacidates ( Paroles ). Traduction

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Re: Qacidates ( Paroles ). Traduction

Messagepar yasmyn » 26 Déc 2008, 21:13

Barrakallah oufik djazz, l'attente fût longue pour découvrir la réelle signification de ces magnifiques chansons poétiques (avec mon petit bagage linguistique je n'en comprenais qu'une partie ) :rose: :kiss:
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Re: Qacidates ( Paroles ). Traduction

Messagepar chinoise » 27 Déc 2008, 09:55

maginfique djazz,merci :kiss:
si tu en as d'autres,je les lirai avec plaisir
ps: qui est la femme et qui est l'homme, le café ou le thé?
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Re: Qacidates ( Paroles ). Traduction

Messagepar Mériem » 27 Déc 2008, 11:36

Maintenant je comprends les paroles de Feu Hadj Anka , sans effort .
Merci Djazz pour le temps accordé à notre patrimoine musical .
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Re: Qacidates ( Paroles ). Traduction

Messagepar Djazz » 27 Déc 2008, 21:47

Youm El Djemaa

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Re: Qacidates ( Paroles ). Traduction

Messagepar Djazz » 27 Déc 2008, 21:53

YOUM EL DJEMAA
Vendredi, les gazelles font leur apparition

Auteur: Embârek Essoussi
Interprète : El-Hâchemi Guerouâbi

Vendredi, les gazelles font leur apparition derrière leur voilette serrée; leurs regards me transpercent, elles m'accablent, ravissent mon âme et me plongent dans l'égarement; puis, se détournant, elles me laissent apaiser les brûlures de mes plaies.
Que l'on vienne en aide à l'amoureux qui, comme moi, est écharpé sans coups d'épée.
Des yeux alanguis m'ont meurtri le jour où j'ai rencontré de belles jeunes filles en des jardins isolés ; elles m'ont jaugé du regard; aussitôt, leur emboîtant le pas, je murmurai quelques paroles à ces belles farouches qui s'éclipsaient sans daigner me répondre; j'en fus ébranlé.
Je leur déclarai sur-le-champ ô passantes, ayez pitié de moi, ne me faites point souffrir vous, les belles aux yeux noirs.
Elles me tournèrent le dos et s'éloignèrent en direction d'un sanctuaire.
Ô douleurs, ô douleurs!
Elles reviennent de leur pèlerinage, le regard en éveil, dans toute leur splendeur.
refrain
Vendredi, les belles font leur apparition de la resplendissante Fez antique,

en cortège éblouissant l'esprit, comparables à des gazelles.
Vendredi, les belles font leur apparition, flamboyantes, au seuil de leur porte, rivalisant d'élégance, vêtues d'habits seyants, de qaftans chatoyants, d'étoffe côtelée couleur amarante et henné, diaprée de rouge écarlate et de vert tilleul
-mais elles ont un cour de pierre-, et revêtues aussi de caftans aristocratiques, de soie brochée couleur absinthe, de parures ineffables, de fine popeline et de taffetas, de crêpe de chine et de brocart lumineux de valeur inestimable, de ceintures plus précieuses que la soie, de mantilles à franges de couleur noire, et de bracelets d'argent portés par des lionnes couronnées escortées d'une dame distinguée; elles subjuguent l'esprit, et mettent mon cour en désordre.
Ô douleurs, ô douleurs ! Dans leur tenue de brocarts incrustés de perles et de paillettes d'or,
refrain
elles apparurent sur le sentier en procession, cueillant des fleurs sauvages, revenant du sanctuaire vers les vergers où se réunir, comparables à des gazelles en liberté ; je les retrouve se promenant en groupes successifs.
Dans des parures qu'elles avaient brodées, elles portaient, fières et orgueilleuses, des mets variés,

des fruits et des croquants aux amandes
- homme avisé, imagine ! des macarons et des fondants...
Récitant des poésies sur des
modes du melhûn, et déclamant de beaux poèmes, elles me transpercent de regards furtifs.
Je leur déclare sur- le- champ :
"Vous me faites perdre la raison."
Elles me répondent : «Qui es-tu ?
Quelle est ta place parmi les hommes ?» Je leur réponds: «Un sage initié de Sous, de Bahja-la-Rouge, maître d'entre les maîtres parmi les poètes; je glorifie le Beau et j'aime le plaisir.»
Elles me répliquent: « Puisque tu es si éloquent, fais notre portrait, immortalisé nos noms à jamais. » Je repris la parole et répandis
Pourquoi pas ? Je vous décrirai, toutes.
Je vous nommerai si vous m'accompagnez en mon jardin pour contempler mes fleurs et mes vasques; ravi de votre présence, mon ceour sera comblé; jamais je ne vous oublierai, même si vous m'abandonnez, dussé-je encourir vos blâmes.»
Les belles reprennent la parole :
- Ô douleurs, ô douleurs !
Elles me disent: "Devance-nous, nous te rejoindrons"; ma peine s'estompa.
refrain
Elles disent: " Nomme-nous toutes tant que nous sommes, car nous devons nous retirer après la séance; décide, nous nous inclinerons puisque nous te savons épris de spiritualité et de plaisirs; délicat et subtil,

tu nous plais et nous charmes; nous venons à toi, pleines de confiance. >
Je leur réponds: < Bienvenue à vous; votre présence m'enchante.
Je vais vous nommer en beau langage Délicatement, je commence par Hchoum > l'élégante et Zineb, zénith des gazelles, Mouina, Fdila, Tahra et Rqilla, resplendissantes comme la pleine lune, Elbatoul, Zahra, Radhia, et Safia ,telle une épée brandie, Hniyya rivalisant de charme avec Djaziya, Absiyya, l'honorable Malika, et Fatma la gazelle, Rahma la belle et sa soeur Mahdjouba parées de grâce et de splendeur, la fière Habiba, la glorieuse Oum-Kaltoum, et les gazelles Khadoudj, Rita et Aziza; ainsi s'achève mon éloge. Allah vous a comblées de tant de grâces !
Que sa bénédiction soit sur vous; je paralyserai le jeteur de sort, ô jeunes filles de mon quartier, venez à moi, dévoilez-vous, faites-moi l'honneur d'une danse. >
Elles me répondent :
« Ô maître, que Dieu t'honore de ses bienfaits, toi, l'initié, le plus averti d'entre les lions.
Partons, puisqu'il faut se retirer à la brise matinale.. »
- [A ces mots] mes esprits et la raison m'abandonnèrent, ô douleurs, ô douleur
Devance-nous, nous te rejoindrons.> Alors, ma peine s'estompa
refrain
L'âme sereine, je cheminai vers mon jardin pour accomplir mon dessin.

Je déployai des nattes de velours, des tapis turcs, des tentures murales et des coussins, des rideaux à l'aspect ondulant ; J'aménageai des alcôves en vis-à-vis, des sièges confortables autour de fontaines entourant de somptueux bassins de marbre et de mosaïque; je disposai des chandeliers brillants comme des étoiles, et qui illuminaient la nuit.
Sur des tables de feuillage, je disposai des verres en cristal, de la boisson blonde et des fruits pour préliminaires, des tables basses garnies de mets préparés à la maison.
Sur des arbres chargés d'oiseaux s'élève le chant du rossignol et du cardinalin, auquel répondent l'étourneau rose et le chant cristallin du chardonneret.
[Tout ce cadre] et ces efforts étaient dédiés aux génies de Temima, qui demeurent en mon jardin:
'Attacha' son père 'Aïroud, 'Aqissa avec Dmiryoud, jusqu'à Chihoub et la Maîtresse 'Aqla et toute la tribu des djinns, je leur fis à tous les honneurs du jardin dans. ses moindres secrets.
Puis, je sortis sur le seuil de la porte guettant l'apparition de ces splendeurs jusqu'à leur arrivée, en mon enclos étincelant.
Elles me saluèrent tandis que je cultivais mon tourment l'esprit égaré, absent.

Elles se dirigèrent droit vers les alcôves, s'emparèrent des coupes de vin; les joues devinrent cramoisies, les yeux alanguis.
A moi, l'homme subtil, elles dirent :
<< Viens près de nous, nous allons te servir à boire :
tu brûles d'amour, nous le devinons. >>
Je leur dis sans hésiter :
<< Vous m'égarez.
Versez-moi à boire de vos lèvres. >>
La salive et le vin mêlés, me montant à la tête, m'étourdirent.
Ô douleurs, ô douleur !
Cueillir le miel de cette bouche me ravit davantage que boire le vin d'une coupe.
refrain
De cette oeuvre d'art, pour exciter les amoureux, ô mon ami, voici une épée tranchante pour décapiter les renégats.
Grâce à elle, tu soumettras les ignorants, incapables d'entendre raison; ils vécurent en bêtes de somme sans écouter les Hommes de bonne volonté.
Que l'homme à la tête vide soit foulé aux pieds.
Mes coups redoubleront jusqu'à ce qu'il se soumette aux êtres avisés.
Les êtres inspirés seront victorieux; que le salut de Dieu soit sur eux !
Le géranium n'exhale pas d'odeur désagréable, non plus que les roses, les fleurs d'oranger, les églantines ou le jasmin.
Ô fidèles, je dévoile mon nom :
Embârek, l'immortel,

du Sous, serviteur des saints, respectueux des sages initiés et des savants pleins de probité ; je mets mon espoir en Celui qui jamais ne sommeille.
Que le Seigneur me réconforte, Ô douleurs, ô douleurs ! qu'Il veille sur nous, de par sa volonté, au nom du Prophète, fils de 'Adnân
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Re: Qacidates ( Paroles ). Traduction

Messagepar Djazz » 27 Déc 2008, 22:16

chinoise a écrit:maginfique djazz,merci :kiss:
si tu en as d'autres,je les lirai avec plaisir
ps: qui est la femme et qui est l'homme, le café ou le thé?


De rien chere chinoise :)
En effet cette qacida evoque la dualité homme - femme.
En arabe le café c'est qahwa de connotation feminine.

:kiss:
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Re: Qacidates ( Paroles ). Traduction

Messagepar Djazz » 27 Déc 2008, 22:18

Merci à vous mes amis :kiss:
Ravie de vous faire plaisir ! :)
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Re: Qacidates ( Paroles ). Traduction

Messagepar Djazz » 28 Déc 2008, 22:44

Youm el djemaa khardjou erryem

Enjoy!

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Re: Qacidates ( Paroles ). Traduction

Messagepar Mériem » 29 Déc 2008, 11:57

Merci Djazz pour ce bouquet rafraîchissant
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Re: Qacidates ( Paroles ). Traduction

Messagepar Djazz » 13 Fév 2009, 20:43

HAREZ AOUICHA


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Re: Qacidates ( Paroles ). Traduction

Messagepar Djazz » 13 Fév 2009, 20:48

Le cerbère de Ouicha
Auteur: Cheikh el-Hâdj Ben Qoraïchi
Interprète: Hâchemi Guerouâbi

Istikhbâr :
Grâces, grâces! Dieu Seul dispense la richesse ;
j'en appelle à Toi, ô mon Seigneur.
matla :
Que faire ? quel stratagème choisir ? Quelle ruse efficace opposer
à ce cerbère érudit du Hidjâz, venu au Maroc par désir de parade ? Il connaît, ô esprit vif, l'art de la navigation des Romains hostiles, instruit par tant de sages et de savants en astrologie,
courageux et plein d'audace, bien informé sur les ruses des femmes, buveur invétéré, et attiré par la compagnie des jeunes filles,
la passion de sa vie. Il parcourut le monde,
visitant villes et villages, à la recherches d'une gazelle.
Dès son arrivée à Azemour, il rencontra une fille élégante.
Vierge, superbe et gracieuse, jouant du luth
et chantant à faire chavirer [les cœurs ]
des mélodies sur un mode Higaz syrien, elle surpassait toutes les autres gazelles :

c'était une éloquente poétesses du Maroc,
jeune fille de dix-huit printemps.
C'était une belle adolescente déjà coquette.
Elle avait grandi dans mon intimité ;
toujours à mes côtés, elle ne pouvait se passer de moi


Lorsque le cerbère arriva, pétri!! de ruses, les envieux la lui vendirent
car ils me jalousaient cette perle tant convoitée.!
Le cerbère l'encercla de gardes en son palais,
élut domicile entre rivière et mer et s'appropria sa beauté.
La superbe gazelle le fascinait: il était conquis par sa beauté souveraine
qui l'avait soumis. Il plaça des gardes aux accès!.
refrain :
Ah! Qui voudra écouter ce qu'il advint entre l'amant,
Ouicha et le cerbère, cet érudit du palais ?!
machhad :
Grâces, grâces! Dieu seul dispense la richesse ;
j'en appelle à Toi, ô mon Seigneur.
Que faire ? Quel stratagème choisir ? Quelle ruse efficace lui opposer ?
Le diadème de Beauté s'en est allé
et je suis sans nouvelles d'elle depuis sept jours.
Mais voici qu'un messager se présente à moi
avec de bonnes nouvelles de la gazelle :

toujours au palais!! chez cet érudit arrivé au Maroc au point du jour ;
il l'enferme en son palais, subjugué par sa beauté,
sa chevelure, ses grains de beauté, ses yeux à l'iris noir et sa bouche...
Je lui dis, agacé: « Tous mes amis sont des aigles
mais notre vision diffère sur la plus majestueuse des jeunes filles
car, je l'admire, moi, lorsqu'elle lui accorde
quelques faveurs en le tourmentant,
lui montrant ainsi de quoi sont capables les Marocains. »
J'ôtais la djellaba pour endosser l'habit de Qadi ;


j'avais un livre enveloppé dans [une bourse] en feutre!
et un chapelet à la main droite ;
je me composai une barbe argentée,
et nous nous dirigeâmes vers le palais.
Les gardes demandèrent :
« O érudit, voudrais-tu leur répondre ? »
Et le cerbère de la gazelle de m'interpeller :
« Que représentes-tu, ô Marocain ? »
Je répondis :
« Je suis le Qadi de la ville venu solliciter ta bénédiction, ô sage érudit,
et t'inviter, au nom du Généreux, à honorer ma demeure de ta visite ».
Il me rétorqua :
«Ô Mu'tazilite,! cette paix offerte, je ne la crois pas sincère.
Pour moi, votre nourriture est illicite et tu es un Qadi fourbe.
Passe ton chemin et éloigne-toi de moi !

Comment un importun! comme toi pourrait-il être Qadi ?! »
Et, tel un faucon, il retourna à son palais. Ah, mais qui voudra m'écouter?
refrain - machhad :
Fort d'un autre stratagème, j'irai revoir ce cerbère pétri de ruses :
en disciple de Sidi Rahhal ,
accompagné de dix hommes déterminés, parés de coiffure rituelle
et portant des bouilloires, des cierges allumés,
des bendirs accordés et tous danseurs de transe.
Nous nous dirigeâmes alors vers le palais. Les gardes demandèrent :
« Ô érudit, voudrais-tu leur répondre ? »
Le cerbère de la gazelle vint à nous, roulant des yeux ;


avançant vers lui, je le saluais; il m'ignora, refusant de répondre à mon salut.
Je me dis :
« Quel mufle! » J’exécutais une danse de transe, puis je lui dis :
« Souhaite la bienvenue aux honorables personnes[que nous sommes].
Tu connais bien Sidi Rahhal, notre ancêtre, [n'est-ce pas] ?
Puisque tu es venu chez nous au Maroc,
nous devons te montrer nos coutumes.
Fais-nous donc entrer dans ton palais
et honore-nous d'offrande d'ambre et de fleurs.
Nous t'apportons biens et protection.»
Lui, toujours trônant, [silencieux],
m'obligea à ajouter: « Pourquoi ne réponds-tu pas ? »
Enfin, se tournant vers moi, il me dit :
« Qui est cet ancêtre dont tu parles ? Un prophète, un saint,
un messager ?
C'est lui qui vous aurait transmis cette doctrine de la ruse ?
Vous êtes dix grands dadais
avec vos coiffures en épis de maïs, et ce onzième-là, le perfide,
vous l'avez suivi par esprit de Corps.»
Se tournant vers les gardes, il leur dit :
« Honorez-les de coups de canne! »
[Mais] je réussis à échapper à ces gardes vigoureux. . .
Ah! Qui donc voudra m'écouter ?
refrain - machhad :
Que faire ? Quel stratagème livrer ? Quelle ruse efficace opposer ?


Le diadème de Beauté s'en est allé et je suis sans nouvelles d'elle depuis sept jours.
Ce cerbère si redoutable est un homme dépassé et,
alors que je racontais aux jeunes filles ses faits et gestes,
les belles me dirent: «Ô l'amoureux, nous allons t'accompagner
nous douze, toutes d'une beauté triomphante :
trois virtuoses de kamandja,
trois joueuses de luth maîtrisant parfaitement cet instrument,
trois percussionnistes sachant sur le bout des doigts leurs qaçayed,
et trois danseuses charmant jusqu'au doyen des pénitents.

Le vieillard [en] redeviendra jeune et oubliera ses cheveux blancs. »
Je leur dis: « C'est là la solution,
oui, cette ruse est la clé.» La plus belle se leva,
me vêtit d'or et de soie, comme si j'étais un enfant
aux joues roses, au regard perçant! et aux lèvres suaves.
Je me couvris d'un haik de fine laine et les jeunes filles me dirent :
« Oh cheikha, précède-nous donc !
Nous te prénommons désormais Oum Yamna. »
Nous nous dirigeâmes vers le palais. Les gardes demandèrent :
« Ô maître, voudrais-tu leur répondre ? »
Le cerbère de la gazelle demanda :
« Qui parmi vous est la cheikha ? » Je lui répondis :
« C'est moi, ô sage érudit. Nous sommes venues de Fez pour te voir,
toi le sage érudit, le plus cher d'entre les hommes,
pour le plaisir de la musique autour d'un verre.»


Il me répondit d'une voix grondante :
« Tu es une diablesses, tu es venu à moi avec des airs patelins. . .
cherche [plutôt] un campement où te loger, pauvre hère.
Toi et les douze autres,
c'est une boulangerie et une gargote qu'il vous faut !
Retournez dans vos quartiers, cela est préférable pour vous. »
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Re: Qacidates ( Paroles ). Traduction

Messagepar Djazz » 13 Fév 2009, 22:36

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Re: Qacidates ( Paroles ). Traduction

Messagepar Djazz » 23 Mar 2009, 13:29

SOBHAN ALLAH YA L'TIF


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Re: Qacidates ( Paroles ). Traduction

Messagepar Djazz » 23 Mar 2009, 13:34

Sobhane Allah Ya L'Tif

Louanges à Dieu la bonté même
Auteur : Moçtefa Tûmi
Interprète : Cheikh M'Hammed el-'Anqa




Il était un jeune pigeon gracieux, ô ! toi l'homme d'expérience dont je vais te conter l'histoire et qui, à la fleur de l'âge, au printemps resplendissant, rendu présomptueux par son plumage neuf, vint me provoquer, dégaina son épée et me dit : "Nous avons un différend.
Affronte-moi si tu es de noble naissance et de ceux qui possèdent le sceau du pouvoir.
Montre-moi où t'ont conduit tes solides relations."
Je lui répondis en ces termes :
" Comment peux-tu m'adresser des propos pleins de colère ?
Pourquoi ce courroux et cette fureur ?
On s'imagine que tout est accessible, qu'il suffit d'y faire main basse et l'on traite d'impotent le dernier arrivé."
refrain :
Louanges â Dieu, la bonté même; Toi Seul détiens la connaissance.
Certains prennent pour de la peur le respect qu'on leur témoigne.
Tu ne vins pas à moi pour une question d'honneur, l'air déterminé; c'était par jalousies accumulées; car j'ai fait beaucoup d'envieux.
Je te croyais mon allié et fier de moi; en réalité, tu creusais des fosses me menant à l'abîme.

Quand ce serait de ta part de l'avidité, tu devrais avoir honte.
Tu sais combien de mers j'ai traversées et parcouru de contrées.
Refrain :
Toi avec ton air maussade, toi qui fais les premiers pas en ce monde, [Sache que] tes pareils n'ont connu ni la vie, ni ses joies.
Qu'ont-ils donc pu voir ?
Un jeune pigeon ne doit pas trichera; un ramier expérimenté est capable de fureur.
Refrain :
Ton plumage est (encore) vulnérable, bonté divine ! Retourne-t'en, ou tu le regretteras; ton bec ne peut lutter, tes ailes sont fragiles; ne tiens plus de propos violents qui ne te conviennent pas, ne tiens plus le langage de la colère et du dépit.
Un jeune pigeon ne doit pas tricher - n'est-ce pas ? Retourne à ton gîte et dis à ceux qui t'ont envoyé qu'ils manquent d'éducation.
Tu es un jeune pigeon chétif, n'est-ce pas ? Retourne à ton gîte et dis à ceux qui t'ont envoyé qu'ils manquent d'éducation.
Refrain :
Tel brandit l'épée, jouant au héros, Se vantant sanscessed'être sans pareil, et, si tu restes silencieux et te montres complaisant, il te considère d'emblée comme un âne bâté ou une serpillière.
Refrain :
Tel se présente, tourmenté par la faim, et dévore [tout] à pleines dents.
Rien ne saurait le rassasier, ni cent plats, ni mille louches.

Il désire un trône de nacre et tous les trésors du monde : ors, diamants et argents.
Refrain
Tel se présente, l'aspect brutal, la tête encore pleine d'illusions, le menton encore vierge du rasoir du coiffeur; il se fait porc-épic - inutile de le décrire un forban à moustache qui te brade à la sauvette chez le camelot.
Tel se présente, l'air affable, plein de beaux discours, citant les prophètes, les livres sacrés et tous les chorfa; il t'abuse par des protestations d'amitié, jure par Dieu, glorifie le Créateur, alors que, derrière son chapelet, il trame des complots.
Refrain :
Tel se présente l'air affable, plein de beaux discours, citant les prophètes, les livres sacrés et tous les chorfa, jure par Dieu, glorifie le Créateur alors que, derrière son chapelet, il trame des complots.
Tel se présente en hôte, ses effets empaquetés, dans le froid, la pluie et les sifflements de la bise.
Passe la pluie, passe l'automne, il s'incruste chez toi, devient propriétaire de ta maison et te prend pour domestique.
refrain-riâl :
Oubliant l'affection, après des moments d'amour et de dépit,
le pigeon m'abandonna à mes chagrins, sans raison, sans dispute ni mésentente.
C'est qu'il avait, j'en suis persuadé, une idée arrêtée : j'imagine qu'il a été ensorcelé.

Le faucon, lui, s'envola pour émigrer et s'élancer vers les vastes espaces.
Il laissa son aire vide et disparut à jamais.
Je le croyais mon ami, il s'est détourné de moi; c'était, en vérité, un serpent blotti en mon sein.
Quelle honte ! Quel déshonneur ! Quelle infamie ! Comme vous êtes avides, hommes de mon pays !
Vous ne pensez qu'en termes de carrière et de rentes; vous avez méconnu les bienfaits et manqué de discernement.
Vous ne valez pas la ration d'une bête, ni même une charogne au Marché du Samedi.
refrain-riâl :
Ce n'est ni amitié, ni connaissance, ni parenté, ni alliance.
Un coeur déchiré peut-il redevenir serein ?
Qui vous fréquente court à sa perte !
Qu'est devenu celui qui a cru à la sorcellerie ?
Hôte de Dieu, viens te réchauffer; réponds à mon salut sans crainte.
Nous sommes d'authentiques chorfa, n'est-ce pas ? Nous ne décevons jamais nos hôtes, mets-toi à l'aise, repose-toi et prends cette couverture.
refrain-riâl :
On croit le maître inutile; on le considère comme un radoteur; sa chandelle serait morte, éteinte.
Du maître, toi qui écoutes ce chant, la lumière ne peut disparaître : les gens le constatent du matin au soir.
On croit le maître inutile; on le considère comme délirant, on dit que son épée est usée, émoussée.

Le maître, toi qui écoutes ce chant, est toujours lucide et son épée étincelante reste célèbre dans la contrée.
on croit le maître inutile, comme un vieux taureau : on a secrètement aiguisé le couteau.
Le maître, toi qui écoutes ce chant, ne porte pas d'entraves; ce n'est ni un agneau, ni un mouton promis au sacrifice.
Refrain :
On croit le maître fini, sa vitalité tarie, mais tous les efforts (pour lui nuire) sont restés impuissants.
Le maître, toi qui écoutes ce chant, répond par le silence et la patience.
Rien ne lui échappe; à toute perte il est une compensation.
lstikhbâr:
Je dois rompre avec celui dont la bonté fait défaut; car les principes recommandent de ne pas fréquenter les traîtres.
Jadis, jeune, je les ai côtoyés pensant me lier avec des hommes de bien et patients.
Je les ai pris isolément, et ensemble. pour les éprouver et, pour une vétille ils renièrent mes bienfaits.
Et toutes mes bonnes oeurres, gâchées, s'évanouirent.
Riâl :
J'ai chanté tant de poèmes composés, et les ai agencés (avec un art)dont nul n'ignore que je ne l'ai pas appris à l'école.
Je ne suis pas cultivé, j'ai eu pour maîtres la faim et le dénuement.
Mais mon pain est fait de bonne semoule non empruntée, ma demeure n'est pas inconnue.

Je ne suis ni envieux, ni ingrat; je reste digne et mène une vie honnête.
Les proches et les étrangers peuvent en témoigner : je n'ai pas l'habitude de médire d'autrui ou de calomnier les absents.
Mes os ne sont pas à ronger ! Je ne suis pas stérile ; ma terre n'est pas desséchée.
Un lion demeure un lion; même vieillissant, les loups le redoutent.
On ne peut être mené et mener à la fois, tenir la barre au plus fort de la tempête.
L'auteur de cette composition poétique n'est pas un isolé.
Il fait partie des êtres sincères et fidèles; c'est un vrai fils de Bab Djedid, je le jure sur Bir Djebbah: le poète, c'est Toumi Mostefa; et celui qui a adapté et interprété ce poème est un pilier (de cet art), maître El 'Anqa, en l'année soixante-dix suivant le millénaire et s'ajoutant à neuf cents ans.
L'Algérie est jeune de constitution et son drapeau flotte (au vent).
Ici se termine mon récit sincère.
Il était un jeune pigeon gracieux, ô ! toi l'homme d'expérience, dont je vais te conter l'histoire, et qui, à la fleur de l'âge, au printemps...
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Re: Qacidates ( Paroles ). Traduction

Messagepar Djazz » 23 Mar 2009, 13:36

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