Dévaluation insidieuse du dinar ?

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Dévaluation insidieuse du dinar ?

Messagepar Djazz » 29 Mar 2009, 13:03

COLÈRE EN SOURDINE DES INDUSTRIELS
Dévaluation insidieuse du dinar ?



La colère bruisse, témoignent des sources sûres, dans les milieux de la sphère économique du pays, notamment les industriels importateurs d’équipements et matières premières. Des décisions économiques importantes pour le pays, qui, plus est, les sanctionnent, sont prises dans le secret, disent-ils.
De peur de représailles par les temps qui courent, bien difficiles pour des hommes d’affaires et autres industriels publics ou privés, les concernés n’osent plus intervenir publiquement pour exposer leurs difficultés. Ils ne savent plus à qui se plaindre. L’un d’eux, très important au plan économique, que l’on peut, par ailleurs, considérer comme étant bien représentatif, s’est confié en aparté. «Des banquiers nous prennent de l’argent de nos poches. Ils sont en train de casser l’économie nationale par une gestion financière inconsidérée et ils portent gravement atteinte à l’investissement. Nos partenaires étrangers sont sidérés par cette situation », fulmine cet industriel. La colère de notre interlocuteur n’est, semble-t-il, que la partie visible de l’iceberg. Et il continue à déverser son ire «Nous sommes doublement sanctionnés, économiquement et financièrement. Certains acteurs économiques et pas des moindres ont carrément stoppé leurs investissements. Nous perdons des centaines de milliards. » De quoi s’agit-il ? D’après les explications qui nous ont été fournies, la Banque d’Algérie ne respecte pas la fluctuation du dollar, monnaie de référence du commerce international et de paiement des achats de notre pays. «Cela entraîne des pertes, se chiffrant par milliards pour les importateurs algériens, particulièrement ceux qui règlent leurs achats avec la formule du commerce international CF (coût et fret)», dira notre interlocuteur. «Lorsque l’euro valait 1,27 dollar, celui-ci (le dollar) a été coté dans notre pays à 72,80 dinars. Quelque temps après, le dollar américain a perdu encore 8 % par rapport à l’euro, pour atteindre 1,37. Or, au lieu de revoir sa valeur d’échange à la baisse par rapport au dinar, c’est le contraire qui s’est produit. La Banque d’Algérie a décidé de surévaluer le dollar qui s’échangeait à raison de 73 dinars. Sa cotation réelle était de 62 dollars. Ainsi, pour l’achat d’un million de dollars, l’importateur perd 11 millions de dinars», explique cet industriel qui reste convaincu que ce comportement de la Banque d’Algérie ne cache, en réalité, qu’une autre décision plus importante, à savoir la dévaluation insidieuse de la monnaie nationale. En clair, du point de vue commercial, l’importateur passe commande sur la base d’un taux de change de 62 dinars pour un dollar, mais, au moment du paiement de transfert, il sera obligé d’acheter la monnaie américaine à raison de 73 dinars pour un dollar, sachant que le dollar n’a pas entre-temps connu de changement de cotation. Son banquier enrichit sans motif la devise de paiement. De plus, ses prévisions budgétaires seront faussées. Contacté par nos soins, un spécialiste de la finance ne va pas jusqu’à dire qu’il y une crise financière grave dans notre pays. Il juge cependant la situation préoccupante. Notre interlocuteur, qui tient à garder l’anonymat — décidément un problème de libre expression se pose parmi les grands acteurs économiques du pays — ne manque pas de fustiger les pouvoirs publics accusés, d’après lui, pour le fonctionnement opaque au plan de décisions financières importantes pour le pays. En effet, il rejoint l’avis de l’homme d’affaires. «Cela ne fait aucun doute, les autorités ont discrètement dévalué le dinar», dira-t-il au téléphone. Il ne manque pas d’arguments à ce propos. Notre correspondant s’étonne en effet que la Banque d’Algérie garde la valeur de 73 dinars contre un dollar, alors que sa cotation réelle tourne entre 65 et 66 dinars. Faisant le parallèle entre la baisse du prix du pétrole, qui a subi une dégringolade de 2/3 des prix de référence de septembre 2008, et cette dévaluation, qui ne dit pas son nom, il note : «Les autorités affirment qu’en matière de financement du développement et des importations, nous sommes à l’abri pour les 5 prochaines années, C’est quoi 5 ans pour un pays ? Rien du tout ! Il était plus sage de dire la vérité au peuple. D’une manière ou d’une autre, la crise touchera également notre pays. Elle le touche.»

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