LE MAKHZEN DU DRS CONDAMNE L'ALGERIE A LA DECADENCE!!!

Faites nous juste l'économie des longs débats

Re: LE MAKHZEN DU DRS CONDAMNE L'ALGERIE A LA DECADENCE!!!

Messagepar jillali » 02 Juin 2009, 18:48

DJUGURTA a écrit:Je reprends à mon compte ce que t'a écrit Mr L'ARABE




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Re: LE MAKHZEN DU DRS CONDAMNE L'ALGERIE A LA DECADENCE!!!

Messagepar biman » 13 Juin 2009, 16:22

ces connards, ils croyent que l algerie est leurs SARL, et que font ils du peuple?
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Re: LE MAKHZEN DU DRS CONDAMNE L'ALGERIE A LA DECADENCE!!!

Messagepar jillali » 13 Juin 2009, 18:49

biman a écrit:ces connards, ils croyent que l algerie est leurs SARL, et que font ils du peuple?

ils l'ecrasent par une alliance de 3 violences!
1-----celle du pouvoir imposteur et corompu DU FLN
2-----CELLE DES ISLAMISTES du hms
3--- celle deS administration civilES et militaireS du RND
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Re: LE MAKHZEN DU DRS CONDAMNE L'ALGERIE A LA DECADENCE!!!

Messagepar jillali » 13 Juin 2009, 18:55

LA DERNIERE violence est surtout de la DRS
C'EST La machine de mort
Introduction
Ce rapport, fruit d’enquêtes et de recueils de témoignages conduits depuis plusieurs années, est une première tentative de description des rouages de l’effroyable « machine de mort », en large partie secrète, conçue et mise en œuvre en Algérie depuis le coup d’État de janvier 1992, par une poignée d’hommes, ceux que l’on a appelés les généraux « janviéristes ».

Pour conserver leur pouvoir et leurs fortunes nourries par la corruption, ces hommes — les généraux Larbi Belkheir, Khaled Nezzar, Mohamed Lamari, Mohamed Médiène, Smaïl Lamari, Kamel Abderrahmane et quelques autres — n’ont pas hésité à déchaîner contre leur peuple une répression sauvage, utilisant, à une échelle sans précédent dans l’histoire des guerres civiles de la seconde moitié du xxe siècle, les techniques de « guerre secrète » théorisées par certains officiers français au cours de la guerre d’indépendance algérienne, de 1954 à 1962 : escadrons de la mort, torture systématique, enlèvements et disparitions, manipulation de la violence des opposants, désinformation et « action psychologique », etc.

Depuis des années, les organisations de défense des droits de l’homme, algériennes et internationales, disposaient déjà de centaines de témoignages de victimes de la torture, de familles de disparus ou de personnes exécutées sommairement, de milliers de noms de victimes. Ces témoignages permettaient d’appréhender la dimension de la barbarie déclenchée avec ce que les autorités algériennes ont appelé la « lutte contre le terrorisme », de 1992 à ce jour :

selon les sources, entre 150 000 et 200 000 morts, entre 7 000 et 20 000 disparus, des dizaines de milliers de torturés, plus d’un million et demi de personnes déplacées, plus d’un demi-million d’exilés, des centaines de milliers d’orphelins et d’handicapés.

Tous les observateurs de bonne foi savent donc, de longue date, que les graves violations des droits de l’homme commises par les services de sécurité ne relèvent pas de « dérapages » ou de « dépassements »,
comme l’a prétendu la petite minorité de politiques, journalistes et intellectuels tenants du pouvoir, qui ont apporté une légitimité idéologique à la politique d’« éradication ».

Une politique, il faut le souligner, qui n’a pu perdurer jusqu’à ce jour que grâce à la complicité d’une partie de la communauté internationale, avec la France au premier rang : sans cette « bienveillance », l’horreur dans laquelle a sombré chaque jour un peu plus la majorité de la population algérienne n’aurait pu s’établir en mode de gestion de la société, balayant tous les acquis sociaux et imposant le diktat d’une petite caste militaire uniquement soucieuse d’assurer sa pérennité à coup de passe-droits, de chantage et de violences.

Dès 1994, en effet, la presse internationale a publié quelques témoignages courageux de membres des forces de l’ordre, policiers et militaires, qui, guidés par leur conscience, ne pouvaient plus cautionner la folie barbare d’un quarteron de généraux. Mais ils ont vite été étouffés : une propagande bien orchestrée
par la police politique algérienne (le DRS, ex-Sécurité militaire),

secondée par certains milieux algériens et français barricadés dans des schémas simplistes, a réussi à faire croire à l’opinion publique internationale que la guerre qui se déroulait à huis clos en Algérie relevait de la résistance des « démocrates » contre un « terrorisme islamiste barbare ».

Depuis 2000, sauf pour ceux qui ont délibérément choisi, quelles qu’en soient les raisons, de rester aveugles à l’évidence, ce mensonge n’est plus admissible.

À la lumière de nouveaux témoignages émanant de l’intérieur même du système de répression, il a bien fallu reconnaître que les violations commises par les services de sécurité étaient massives. Et qu’une partie de la violence attribuée aux islamistes a été en réalité planifiée et exécutée par le DRS.

Cette manipulation de la violence islamiste a atteint son paroxysme au moment des grands massacres de 1997 et 1998. Ce qui, il faut le souligner avec force, ne disculpe en rien les islamistes qui se sont rendus coupables de crimes et de violences : qu’ils aient ou non été manipulés, ces criminels devront, eux aussi, rendre des comptes un jour et être jugés. Mais à ce jour, faute de témoignages fiables et d’enquêtes indépendantes, il reste malheureusement très difficile d’établir précisément leurs responsabilités —

c’est notamment pour y parvenir que les organisations de défenses de droits de l’homme réclament depuis des années une commission d’enquête indépendante. En revanche, même si beaucoup reste à faire pour préciser les responsabilités, les informations recoupées et présentées dans ce rapport permettent dès aujourd’hui d’affirmer avec certitude que le petit groupe de généraux organisateurs de la violence d’État s’est rendu coupable d’exactions qui, au regard du droit international, relèvent de crimes contre l’humanité.

C’est ce dont ce rapport entend rendre compte, en proposant une première étude de l’organisation de cette « machine de mort » — étude qui devra nécessairement être complétée ultérieurement. Nous avons choisi ici, en effet, de mettre d’abord l’accent sur la pratique généralisée de la torture, en la documentant de la façon la plus précise possible. Car, du fait de sa pratique « banalisée » par les forces de sécurité depuis 1962, elle est en quelque sorte au fondement de la folie meurtrière qui se déchaînera trente ans plus tard, caractérisée par le mépris absolu de la vie humaine et du corps des adversaires supposés (assimilés, qu’ils soient islamistes ou non, à des « infra-humains »).

Une folie qui prendra bien d’autres formes, causant des dizaines de milliers de morts : exécutions extrajudiciaires de masse, généralisation des « disparitions », manipulation de la violence islamiste pour la réalisation de massacres de masse, etc.

Ces crimes sont caractéristiques d’un terrorisme d’État très particulier, d’essence totalitaire, conçu et mis en œuvre par les hauts responsables de l’armée et de la police politique.

Dans une première partie, nous expliquons la structure de l’appareil répressif qui existait déjà en partie avant janvier 1992, et qui sera développé et « perfectionné » après cette date, au-delà de l’entendement.
La deuxième partie détaille les diverses formes de tortures employées, répertoriées grâce aux témoignages de victimes recueillis par le Dr Salah-Eddine Sidhoum, par Me Mahmoud Khélili ou publiés dans divers ouvrages.

La troisième partie est une synthèse des informations disponibles à ce jour sur les centres de détention secrets des forces de sécurité : dans pratiquement tous ces centres — qu’il s’agisse de ceux du DRS, des commissariats de police, des postes de gendarmerie ou de gardes communales —, les détenus ont été systématiquement torturés et, très souvent, exécutés.

Pour la première fois, est établie ici une liste (non exhaustive) d’une centaine de ces centres ; et, pour les plus importants, sont présentées des informations précises sur les responsables de ces lieux, les chaînes de commandement dont ils dépendent et les pratiques qui y règnent.

Enfin, en annexe, on trouvera : a) un tableau (annexe n° 2) comportant trois cents cas de torturés, avec l’indication des dates et lieux de leur détention, du corps de sécurité responsable, des formes de torture et des séquelles subies — tableau permettant une vue d’ensemble de ce phénomène ; b) une compilation de plus de cent témoignages (annexe n° 3)

illustrant la monstruosité de ces pratiques et la souffrance endurée par les victimes.

à suivre !!!




1. La création et l’organisation de la « machine de mort »

Le DRS, centre et moteur de la machine de mort
La Direction centrale de la sécurité de l’armée (DCSA)
La Direction du contre-espionnage (DCE)
La Direction de la documentation et de la sécurité extérieure (DDSE)
Le Groupement d’intervention spéciale (GIS)

La police sous les ordres du DRS

Les forces spéciales de l’armée organisées au sein du CCC/ALAS

L’organisation du secret

2. La torture : une pratique institutionnalisée et systématique

La torture, antichambre de la mort
Les camps d’internement et la torture
1994 : quand la menace du terrorisme justifie toute dérive

Tortures et impunité
Pourquoi torturer ?
La justice aux ordres des tortionnaires

Les méthodes de torture

3. Les centres de détention secrète, de torture et d’exécutions

Une première liste de 95 centres

Les centres du DRS
Le CPMI de Ben-Aknoun
Le PCO de Châteauneuf
Le CPO, ou « Centre Antar »
Le CTRI de Blida, ou « Haouch-Chnou »
Le CTRI de Constantine, ou « Centre Bellevue »
Le CTRI d’Oran, ou « Centre Magenta »
La villa COOPAWI de Lakhdaria

Les commissariats de police
Le commissariat de Bourouba
Le commissariat central d’Alger
Le commissariat de Cavaignac à Alger

Les brigades de gendarmerie
La brigade de gendarmerie de Aïn-Naâdja (Birkhadem)
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Re: LE MAKHZEN DU DRS CONDAMNE L'ALGERIE A LA DECADENCE!!!

Messagepar jillali » 13 Juin 2009, 18:56

suite !
1. La création et l’organisation de la « machine de mort »
Lorsque, dès le premier tour des élections législatives du 26 décembre 1991, la victoire du Front islamique du salut (FIS) fut annoncée, un petit groupe de généraux, soutenu par une partie de l’élite francophone, a mis en application un plan préparé depuis plus d’un an et destiné à faire barrage au mouvement islamiste. Le coup d’État du 11 janvier 1992 a été officiellement motivé par le caractère avéré ou supposé antidémocratique de ce mouvement. Mais de nombreux témoignages concordants attestent que la véritable motivation des putschistes — qui s’étaient assurés de la bienveillance des chancelleries occidentales avant d’intervenir — était leur crainte d’être balayé du pouvoir et de devoir rendre des comptes à propos de la répression sauvage des émeutes d’octobre 1988 et de la grève du FIS de juin 1991.

La machine qui allait se mettre en branle utilisera et exploitera tous les rouages de l’État. Mais avant d’assujettir la justice, l’administration et les médias, c’est l’appareil sécuritaire qui connut une nouvelle extension. Le cœur de ce dispositif — nous allons y revenir en détail — était constitué des services secrets de l’armée, la redoutable Sécurité militaire (SM), devenue DRS (Département de renseignement et de sécurité) en septembre 1990 et dirigée par le général Mohammed Médiène (dit « Toufik ») et son second, le chef de la DCE (Direction du contre-espionnage) Smaïl Lamari (dit « Smaïn »). Dès janvier 1992, le DRS chapeaute et coordonne toute la lutte « antiterroriste », en collaboration avec le général Mohamed Lamari, commandant des forces terrestres au sein de l’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP). Désavoué en mars 1992 par le président Mohammed Boudiaf, Mohamed Lamari reviendra au premier plan après l’assassinat de ce dernier en juin 1992 : le général-major Khaled Nezzar, ministre de la Défense, l’élèvera en juillet au grade de général-major en lui assignant comme objectif d’organiser les « forces spéciales » de l’ANP au sein d’une nouvelle structure appelée CCC/ALAS (Centre de conduite et de coordination des actions de lutte anti-subversive), communément appelée CLAS ; en juillet 1993, le général-major Mohamed Lamari sera nommé chef d’état-major de l’ANP, poste qu’il occupe toujours à ce jour.

Les troupes régulières de l’armée seront elles aussi totalement impliquées dans cette guerre livrée par le commandement militaire à la population, mais dans des formes plus classiques : opérations de ratissages, bombardements, protection de sites sensibles, etc.

La gendarmerie nationale, comme corps de l’armée, sera elle aussi partie prenante dans cette tragédie — les témoignages de torturés l’attestent sans aucune ambiguïté —, même s’il faut relever que le commandement de la gendarmerie n’a pas toujours approuvé les méthodes « éradicatrices » des « janviéristes ». Les unités d’intervention spéciale de la gendarmerie, les GIR (Groupes d’intervention rapide), joueront le rôle le plus actif dans la répression, en particulier ceux de la région d’Alger, le GIR 1 (localisé à Chéraga) et le GIR 2 (localisé à Réghaïa), spécialement chargés de réaliser des exécutions extrajudiciaires.

Quant à la police (DGSN, Direction générale de la sûreté nationale), corps dépendant du ministre de l’Intérieur et non pas de celui de la Défense, elle a été totalement assujettie à la stratégie de « guerre totale » et placée, dans les faits, sous la direction du DRS.

Enfin, à partir du printemps 1994, ce dispositif répressif sera complété par des milices de civils (qualifiés de « patriotes »), placées officiellement sous la responsabilité du ministère de l’Intérieur, et qui joueront au fil des années un rôle croissant dans le déploiement de la terreur contre les populations civiles.

Le DRS, centre et moteur de la machine de mort
Le DRS est donc le nouveau nom de la Sécurité militaire (SM), la police politique du régime depuis 1962. Après une première réorganisation en novembre 1987, la SM a été restructurée une nouvelle fois le 4 septembre 1990 (prenant le nom de DRS, conservé depuis lors — mais la plupart des Algériens parlent toujours de la « SM »), à l’initiative des généraux Larbi Belkheir (alors chef de cabinet du président Chadli Bendjedid) et Khaled Nezzar (alors ministre de la Défense). Alors que la principale d’entre elles dépendait auparavant de la présidence de la République, l’ensemble des branches du DRS a été placé sous la responsabilité du ministre de la Défense — le général-major Khaled Nezzar a occupé cette fonction du 25 juillet 1990 au 11 juillet 1993 ; lui succédera le général Liamine Zéroual, futur président de la République et ministre de la Défense jusqu’au 15 avril 1999 ; le président actuel, Abdelaziz Bouteflika, cumule également les deux fonctions.

Depuis septembre 1990 et jusqu’à ce jour (octobre 2003), le DRS — dont le siège est situé à Delly-Brahim, dans la banlieue ouest d’Alger — est dirigé par le général-major Mohamed Médiène, dit « Toufik ». Il est constitué de trois directions principales, dont deux disposent de centres de torture sinistrement renommés : la Direction du contre-espionnage (DCE), dirigée depuis septembre 1990 jusqu’à ce jour par le colonel (puis général) Smaïl Lamari, dit « Smaïn », issu de la SM (DCSA) ; et la Direction centrale de la sécurité de l’armée (DCSA), dirigée depuis septembre 1990 à fin 1999 par le colonel (puis général) Kamel Abderrahmane (issu de l’armée de terre ; il a été muté depuis à la tête de la 2e région militaire, à Oran).

La Direction centrale de la sécurité de l’armée (DCSA)
De la DCSA dépendent le Centre principal militaire d’investigation (CPMI) de Ben-Aknoun, dans la banlieue d’Alger (dirigé de 1990 à 2001 par le colonel Athmane Tartag, dit « Bachir »[1]), ainsi que ses antennes dans les six régions militaires, les centres militaires d’investigation (CMI, fusionnés à partir de mars 1993 avec les CRI de la DCE — voir ci-après — pour devenir les CTRI).

Le CPMI, de 1990 au coup d’État de janvier 1992, a joué un rôle essentiel (en concurrence avec la DCE) dans la manipulation du FIS ; à partir de janvier 1992, il sera un des principaux centres de torture et de liquidation d’opposants. Certains de ses éléments formeront aussi un escadron de la mort (connu selon certains comme « unité 192 »), chargé initialement de l’élimination d’officiers « récalcitrants » et qui étendra plus tard, à partir du printemps 1993, son action à l’élimination de civils « démocrates », dont la mort sera attribuée aux GIA (groupes islamiques armés).

La Direction du contre-espionnage (DCE)
Le siège de la DCE se trouve au « Centre Ghermoul ». C’est la DCE qui contrôle le Centre principal des opérations (CPO), localisé à Ben-Aknoun dans une caserne appelée « Centre Antar » et chargé des actions illégales du DRS (y compris, là aussi, la manipulation des groupes armés islamistes). Et, à partir de juin 1991, la DCE est également responsable, dans les faits, du Poste de commandement opérationnel (PCO, initialement appelé COB, Commandement des opérations de base), situé d’abord à Aïn-Naâdja (siège du Commandement des forces terrestres), puis, à partir d’avril 1992, à la caserne de Châteauneuf : le PCO est chargé de coordonner l’action du DRS, de la police et de la gendarmerie, de collecter des renseignements et de mener des actions de contre-insurrection pour le commandement.

Par ailleurs, la DCE dispose de relais situés dans chacune des six régions militaires, les CRI (centres de recherche et d’investigation), qui fusionneront en mars 1993 avec les CMI de la DCSA pour devenir les CTRI (centres territoriaux de recherche et d’investigation).

Les CTRI joueront un rôle majeur, surtout à partir de 1994, dans la manipulation des groupes armés islamistes contrôlés par le DRS et dans les arrestations, tortures et liquidations de dizaines de milliers de civils (dans des assassinats le plus souvent attribués aux islamistes, mais dont beaucoup figurent aujourd’hui sur les listes de « disparus »). Les plus sinistrement célèbres sont ceux de Blida, de Constantine et d’Oran, sur l’activité desquels nous reviendrons.

La Direction de la documentation et de la sécurité extérieure (DDSE)
La troisième branche principale du DRS est la DDSE, dont la direction a été confiée le 4 septembre 1990 au général Saïdi Fodhil (issu de l’armée de terre), dit « Abdelhamid ». En désaccord avec la sauvagerie de la répression, il sera démis de ses fonctions en juillet 1994 (à l’instigation de Smaïl Lamari) pour être nommé commandant de la 4e région militaire ; il sera assassiné (dans un « accident de la route ») le 4 juin 1996. En 1994, il a été remplacé à la tête de la DDSE par le général Hassan Bendjelti, dit « Abderrazak » ou « Hassan Tetouan » ; ce dernier sera à son tour remplacé par le général Rachid Laalali, dit « Attafi », toujours en poste à ce jour. La DDSE, en principe, n’a pas été engagée dans la répression extrajudiciaire en Algérie même. Mais, à partir de l’été 1994, sous le contrôle de fait du général Smaïl Lamari (chef de la DCE), ses agents à l’étranger ont été impliqués dans la surveillance et l’intimidation des opposants exilés.

Le Groupement d’intervention spéciale (GIS)
Le DRS dispose également d’une unité d’intervention (initialement composée de trois cents hommes environ), le Groupement d’intervention spéciale (GIS), créé en 1987 sur le modèle du GIGN français. En 1992, le GIS était commandé par le commandant Hamou, remplacé en 1993 par le commandant Hamidou, lui-même remplacé en 1994 par le colonel Abdelkader Khemene.

Les « ninjas » du GIS, vêtus d’uniformes noirs, joueront un rôle important dans la « lutte antiterroriste », leurs brigades d’intervention étant installées dès 1992 dans plusieurs points névralgiques de l’Algérois. À partir de 1994, le GIS sera renforcé en intégrant des paracommandos spécialement formés.

La police sous les ordres du DRS
En avril 1992, une nouvelle structure était créée à l’initiative du général Larbi Belkheir (à l’époque ministre de l’Intérieur, puis éminence grise avant de devenir conseiller du président Abdelaziz Bouteflika en 1999) : l’Office national de répression du banditisme (ONRB). Officiellement placé sous la direction de la police (Direction générale de la sécurité nationale, DGSN), l’ONRB a été basé dans la caserne de la police de Châteauneuf (qui est aussi une école de police), dans la banlieue ouest d’Alger. L’ONRB était constitué d’unités spéciales d’intervention de la police (des « ninjas », portant un uniforme bleu) et de la gendarmerie, ainsi que d’éléments du GIS (Groupement d’intervention spéciale), dépendant directement du DRS, qui étaient chargés notamment des opérations secrètes (création de faux maquis, infiltration de groupes armés, création de groupes comprenant de vrais islamistes mais dirigés pas des membres du GIS, etc.).

Au même moment, en avril 1992, le PCO (Poste de commandement opérationnel, chargé comme on l’a vu de la coordination de l’action répressive des différents services de « sécurité ») fut également transféré de Aïn-Naâdja à Châteauneuf et rattaché à la DGSN — alors que, dans les faits, tous ces organismes étaient contrôlés par le DRS et agissaient sous la direction du chef de la DCE, le colonel Smaïl Lamari.

L’objectif, selon l’ex-colonel Samraoui, était notamment de faire croire à l’opinion internationale « que la lutte contre l’intégrisme islamique n’était pas menée par les services et par l’armée, mais par la police[2] ». En réalité, comme le rapporte par ailleurs le « Mouvement des officiers libres » (MAOL), « toute personne arrêtée par les membres du PCO (police, gendarmerie et DRS) était interrogée par les éléments du DRS ; et principalement par les membres du Centre Antar détachés ou dépêchés sur les lieux de l’interrogatoire, auquel pouvaient assister les éléments des autres forces. C’est ainsi que les éléments de Smaïn Lamari ont servi de professeurs de la terreur aux autres[3] ».

D’ailleurs, l’ONRB, dirigé par le commissaire Tahar Kraa, secondé par les commissaires Mohamed Issouli et Mohamed Ouaddah, dépendant donc en principe de M’hamed Tolba, le directeur général de la Sûreté nationale, sera dissous dans les faits trois mois après sa création (même si les appellations ONRB ou « brigades de répression du banditisme » continueront à être utilisées par la suite pour désigner le PCO et ses antennes). Tous ces commissaires continueront à « opérer » au PCO — placé, jusqu’à ce jour, sous le contrôle direct du général Smaïn —, recevant leurs ordres des généraux Toufik, Smaïn et Belkheir.

Les forces spéciales de l’armée organisées au sein du CCC/ALAS
La disparition en juillet 1992 de l’ONRB coïncide avec le retour aux commandes du général Mohamed Lamari, chargé par le général-major Khaled Nezzar, ministre de la Défense, de mettre en place la nouvelle structure de « lutte contre le terrorisme », le « Centre de conduite et de coordination des actions de lutte anti-subversive » (CCC/ALAS, ou, en abrégé, CLAS), qui deviendra opérationnel en septembre 1992 (il était installé au siège du commandement des forces terrestres, à Aïn-Naâdja).

Cette structure était composée d’unités des « forces spéciales » de l’ANP et d’éléments du DRS. Au début, le CLAS regroupait trois régiments de parachutistes (le 4e et le 18e RAP, le 12e RPC), un bataillon de police militaire (le 90e BPM) et un régiment de reconnaissance (le 25e RR). Des éléments du Groupement d’intervention rapide de la gendarmerie (GIR) et de la DCSA étaient également mobilisés pour encadrer les opérations de ratissage effectuées par ces « hommes de l’ombre ». Le CLAS était initialement placé sous la direction du général-major Mohamed Lamari, assisté notamment des colonels Brahim Fodhil Chérif, Amar ** et Hamana (après la nomination de Mohamed Lamari à la tête de l’état-major de l’ANP en juillet 1993, la direction du CLAS sera confiée au général Saïd Bey ; nommé en mai 1994 à la tête de la 1re région militaire.

En mars 1993, l’organisation territoriale du CLAS a été restructurée, avec la création de « secteurs opérationnels » couvrant plusieurs wilayate, dont chacun chapeautait localement la police, la gendarmerie, un détachement de l’ANP et plus tard des milices. Tous les services de sécurité devaient se plier aux ordres des « rambos » des unités du CLAS, qui agissaient dans le secret et dans l’impunité totale.

Les militaires des forces spéciales dépendant du CLAS travaillaient étroitement avec ceux du DRS. Certaines unités dépendaient conjointement de ces deux commandements. Dans chaque région militaire, les éléments des CTRI (dépendant du DRS) collaboraient étroitement avec ceux du CLAS, procédant ensemble à des ratissages, des arrestations, les interrogatoires et pratiquant la torture. Mais aussi, ils créèrent des escadrons de la mort, comme l’OJAL (Organisation des jeunes Algériens libres, créé au CTRI de Blida fin 1993), dont la mission était de terroriser la population par la liquidation physique de dizaines de personnes.

En 1992, au moment de la mise en place de la « machine à broyer l’être humain », toutes ces forces chargées de répandre la terreur ne représentaient guère plus de 5 000 hommes. Ces effectifs seront ensuite progressivement augmentés et plus que doublés (notamment par intégration au CLAS, à partir de 1995, de nouvelles unités des forces spéciales : 1er et 5e RPC, 85e et 93e BPM), et ils disposeront des meilleures armes et du matériel le plus performant.

L’organisation du secret
Il est essentiel de souligner que les organigrammes de ce « noyau dur » du dispositif de répression sont restés, tout au long de ces années, très largement secrets (ce n’est que par le recoupement de témoignages de militaires et policiers dissidents que les informations précédentes ont pu être synthétisées). Par ailleurs, les opérations de répression elles-mêmes ont été le plus souvent menées de façon quasi clandestine, avec des moyens sophistiqués pour tenter d’effacer toute trace des violations systématiques des droits humains.

Cette organisation de l’opacité explique que, souvent, les chaînes de commandement officielles ne correspondent pas à la réalité du terrain (au point qu’il n’est pas rare, par exemple que des officiers du DRS puissent donner des ordres à des officiers de l’ANP de grade supérieur). Seuls les quelques généraux au cœur du pouvoir sans discontinuer depuis 1992 (essentiellement les généraux Larbi Belkheir, Mohamed Lamari, Mohamed Médiène, Smaïn Lamari, Kamel Abderrahmane, Brahim Fodhil Chérif) ont une vision d’ensemble des méthodes illégales (en particulier la manipulation des groupes armés islamistes) employées par les différentes composantes de la « machine de mort » qu’ils ont déployée contre la population.

C’est ce qui explique aussi que de très nombreux exécutants des basses besognes du DRS et du CLAS (qu’il s’agisse de militaires ou d’agents placés à la tête et au sein des groupes islamistes) aient été liquidés : ils en savaient trop. De plus, afin de garantir la solidarité dans le crime des responsables impliqués et le bon fonctionnement du « plan d’éradication », les structures décisionnelles ont été très largement organisées selon des critères d’allégeance, de compromission, de clientélisme et de régionalisme.

Comme dans d’autres dictatures militaires, le terrorisme d’État doit en effet s’accompagner du secret pour garantir une certaine impunité aux principaux responsables impliqués et surtout pour les commanditaires. La torture est ainsi employée dans tous les lieux d’arrestation et de détention, mais la liquidation à une « échelle industrielle » se fait en général dans des lieux précis, tous contrôlés par le DRS. Et l’extermination de l’adversaire est une opération plus ou moins centralisée : à côté de quelques centres du Constantinois et de l’Oranais (de préférence les CTRI), cette machine est surtout concentrée dans ceux, très nombreux, de l’Algérois, comme nous le verrons plus loin.
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Re: LE MAKHZEN DU DRS CONDAMNE L'ALGERIE A LA DECADENCE!!!

Messagepar jillali » 13 Juin 2009, 18:58

3. Les centres de détention secrète, de torture et d’exécutions


Une première liste de 95 centres

L’Algérie comporte un grand nombre de centres de détention secrète et de torture dépendant des forces dites « de sécurité ». En fait, dans tous les commissariats de police, brigades de gendarmerie, postes de gardes communaux et de miliciens, et dans plusieurs unités de l’ANP — principalement celles des « forces spéciales » —, la torture est pratiquée. Mais ce sont les services du DRS (Département de renseignement et sécurité) qui se distinguent particulièrement dans les enlèvements, les séquestrations et les tortures — et qui ont causé directement la mort de dizaines de milliers de personnes depuis 1992.

Comme on l’a vu, ces services, tout au long de la « sale guerre », ont assuré également la coordination des actions menées par les autres forces de « sécurité » (ANP, police, gendarmerie nationale, milices) dans le cadre de la « lutte antisubversive », en pratique principalement dirigée contre des civils.

Du fait du caractère secret de l’organisation de la terreur d’État et de la difficulté à collecter les informations fiables, on ne propose ici qu’une description certainement encore incomplète du dispositif des centres de détention secrète, de torture et d’exécutions extrajudiciaires, description limitée à sept centres du DRS, ainsi qu’à trois commissariats et une brigade de gendarmerie.

Ces centres figurent parmi les plus importants, mais il en existe de très nombreux autres, sans oublier ceux sur lesquels il n’a pas encore été possible de recueillir suffisamment d’informations.

Le pays est en effet quadrillé (surtout dans l’Algérois) de casernes militaires, brigades de gendarmerie, postes de polices ou de gardes communales par lesquels « transitent » les personnes arrêtées qui y sont systématiquement torturées avant d’être « prises en charge » par des agents du DRS sur place, ou d’être transférées dans l’un de ses centres.

Tous les endroits où est pratiquée la torture ne sont pas connus, mais les témoignages de victimes et de militaires et officiers dissidents ont permis de dresser une première liste de 96 centres (voir encadré ci-après).

96 centres de tortures, de détention et de liquidation

* Centres du DRS

1re région militaire

Alger : CPMI (Centre principal militaire d’investigations, Ben-Aknoun), Châteauneuf (PCO), Centre Antar (Ben-Aknoun), centre d’Hydra, caserne de Bouzaréah, caserne de Béni-Messous, Lido (Bordj El-Kiffan) ; autres centres : Haouch-Ch’nou (CTRI de Blida), Centre de Boudouaou (Boumerdès), Centre dit « La Sœurette » (Médéa).

2e région militaire

Centre Magenta (CTRI d’Oran), Centre de Relizane (rattaché au CTRI d’Oran), Résidence Colonna Sig (Sidi Bel-Abbés).

5e région militaire

Constantine : Centre Bellevue (CTRI de Constantine), Mansourah ; Centre de Guelma.

* Casernes militaires

1re région militaire

Aïn-Naâdja (Alger), Villa Coopawi (Lakhdaria/Bouira), Dellys (caserne Sonipec), Ouled Aïssa (Boumerdès), El-Milia (Jijel), Larbaâ (Blida), Rouïba (caserne Sonacome), Tizi-Ouzou.

2e région militaire

Oran : Centre des Amandiers, Centre de Tlilet (base militaire).

* Commissariats de police

1re région militaire

Alger : commissariat central, Aïn-Taya, Anassers, Bab El-Oued, Bab-Ezzouar, Baraki, Belouizdad, Bourouba, Cavaignac, Chéraga, Dar El-Beida, Douéra, El-Harrach, El-Madania (Brigade mobile de police judiciaire), Gué de Constantine, Hussein-Dey, Kouba, Réghaïa : Blida : commissariat central, Service de police judiciaire, El-Affroun, Larbaâ, Ouled-Ayach (Brigade mobile de police judiciaire) : Boumerdès : Boudouaou, Dellys, Thénia ; Médéa : commissariat de Tablat ; Tipaza : Koléa.

2e région militaire

Oran : centre de Dar Al-Beïda (caserne des CNS), commissariat central ; Commissariat de Tlemcen.

5e région militaire

Constantine : commissariat central, Sidi-Mabrouk (ex-ONRB) ; commissariat de Khenchela.

* Brigades de gendarmerie

1re région militaire

Alger : Aïn-Naâdja, Aïn-Taya, Bab-Ezzouar, Bab Jdid (Casbah), Baba-Hassan, Baraki, Chéraga, Birkhadem, Bouzaréah, Dergana, Reghaïa, Rouïba, Saoula ; Aïn-Defla : Bethia ; Blida : Bougara, Meftah, Mouzaïa, Ouled-Ayach ; Boumerdès : Baghlia, Bordj-Ménaïel, Ouled-Moussa, Sidi-Daoud ; Tipaza : Hattatba. Djelfa : Messaâd ; Laghouat

2e région militaire

Mostaganem : Aïn-Tedlès.

5e région militaire

Mila : Chelghoum El-Laïd ; Souk-Ahras : Oualal ; El Tarf : Echatt.

* Prisons

El-Harrach (Alger), Serkadji (Alger), Berrouaghia, Blida (prison militaire), Tazoult (ex-Lambèze), Mers El-Kébir (prison militaire).
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Re: LE MAKHZEN DU DRS CONDAMNE L'ALGERIE A LA DECADENCE!!!

Messagepar jillali » 13 Juin 2009, 18:59

on a recenser plus de Trois cents(300) cas de victimes de tortures.
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Re: LE MAKHZEN DU DRS CONDAMNE L'ALGERIE A LA DECADENCE!!!

Messagepar jillali » 13 Juin 2009, 19:03

biman a écrit:ces connards, ils croyent que l algerie est leurs SARL, et que font ils du peuple?



NOTRE HUMBLE AVIS !

On peut commencer à mesurer, à la lecture de ce qui a précèdé (et plus encore quand on aura pris connaissance des témoignages de torturés réunis dans l’annexe n° 3),

l’ampleur du traumatisme causé à la société algérienne depuis 1992 par la machine de mort des janviéristes, toujours en activité aujourd’hui, même si elle a ralenti son rythme depuis 1999.
Des centaines de milliers de familles ont été touchées de près ou de loin par la répression, nombre d’entre elles ont été brisées.

Des dizaines de milliers de survivants, des femmes, des enfants et surtout des hommes, au-delà même des séquelles physiques, gardent en eux des blessures psychiques qui ne guériront sans doute jamais. Beaucoup, sans doute, sont habités aujourd’hui par la folie ou par la soif de vengeance.

Il faut aussi penser à la gangrène sociale que représentent ces dizaines de milliers d’hommes des forces de sécurité que l’on a obligés, pendant des années, à se transformer en bêtes féroces.

Et que l’on a habitués, pour justifier l’usage massif de la torture et des liquidations physiques,

à considérer que leurs compatriotes persécutés constituent
comme un « sous-peuple »,
un peuple d’« infra-humains »

que l’on peut traiter comme des masses de cafards ou de rats.
Nombre de ces bourreaux, on le sait, n’ont pu tenir que par la drogue à outrance et se sont transformés en loques humaines ; beaucoup, aussi, ont sombré dans la folie.

Et comme si cela ne suffisait pas, les janviéristes en ont rajouté dans l’horreur en portant à incandescence la violence la plus démente, celle prétendument exercée au nom de l’islam.

Même si cela n’est pas l’objet du présent rapport, on sait en effet que l’un des buts de la machine de mort était de pousser les jeunes à rejoindre les maquis islamistes.

Et très vite, ceux-ci ont été infiltrés, encadrés, voire créés de toutes pièces par les cadres du DRS ou par des militants islamistes retournés sous la torture .

Les groupes les plus sanguinaires, ceux des GIA, ont ainsi été utilisés pour liquider ceux qui n’étaient pas manipulés et qui menaient un combat contre les forces de sécurité.

Et une fois cette tâche accomplie — pour l’essentiel dès 1996 —, les groupes contrôlés par le DRS ont été utilisés contre la population civile, jusqu’aux grands massacres de 1997, orgies sanguinaires dépassant tout entendement

(et pourtant commandées par la logique froide des janviéristes, qui considéraient qu’ils faisaient d’une pierre deux coups en commanditant ces massacres, destinés à la fois à terroriser la population et à servir de « messages » dans leurs luttes de clans pour le pouvoir.

L’entreprise criminelle des janviéristes a ainsi produit une société plongée dans un chaos, où la vie humaine n’a plus aucune valeur, où la violence, à tous les niveaux, est la norme et non l’exception.

Venant après les profonds traumatismes de la colonisation et de la guerre de libération, qui sont encore bien loin d’avoir été pleinement affrontés et assumés, le traumatisme social provoqué par la machine de mort janviériste nécessitera sans doute des générations pour être dépassé. Pour cela, il est essentiel que, dans les meilleurs délais, une véritable paix civile puisse enfin être établie en Algérie, que la vérité sur les crimes contre l’humanité soit connue, que leurs responsables soient soumis à la justice des hommes.

Le présent rapport n’a d’autre ambition que de contribuer, modestement, à cette reconquête de la vie.
fin du calvaire .
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Re: LE MAKHZEN DU DRS CONDAMNE L'ALGERIE A LA DECADENCE!!!

Messagepar wolverine » 14 Juin 2009, 22:07

salam tout le monde!
c ést la grosse déprime ce soir!!
Totalitarisme, blocages et corruption : l’Algérie au lendemain de la réélection d’Abdelaziz Bouteflika

Entretien avec Mouhib El Haq, Algeria-Watch, 25 avril 2009

Pour d’évidentes raisons, Mouhib El Haq, cadre supérieur qui vient de quitter définitivement le pays ne tient pas à divulguer son nom. Familier des cercles dirigeants, cet expert de haut-niveau et connaisseur avisé du système politique algérien livre à Algeria-Watch son sentiment sur l’Algérie au lendemain des élections présidentielles. Le tableau est accablant.

1. Dans son allocution de prestation de serment, le président élu Bouteflika a notamment déclaré qu’il souhaitait mener un combat décidé contre la corruption et qu’il comptait sur la presse pour l’aider dans cette tâche. Que faut-il en penser ?

Il s’agit bien évidemment d’un engagement sur la comète qui est proclamé dans un pur souci de communication. Pendant toute la décennie écoulée- les deux mandats précédents - la corruption a été le mode de gestion principal de l’ensemble de la société. Tous les rapports internationaux, tous les classements relèguent l’Algérie parmi les pays les plus corrompus de la planète. L’Algérie officielle, l’Algérie du pouvoir, est dirigée par la corruption et uniquement par la corruption. Les exemples abondent, il ne s’agit que de rappeler la fameuse affaire Khalifa dont le dossier a été expurgé des noms de toutes les personnalités éclaboussées par le scandale. Parmi ces personnalités, on pourra citer l’actuel ministre de la justice, le général Nezzar, et bien sur le ministre Medelci ainsi que le gardien du syndicat UGTA Madjid Sidi Said qui se sont auto-accusés en plein tribunal. Quand une telle parodie de justice permet d’éluder un scandale de cette ampleur, comment peut-on croire que la lutte contre la corruption soit une priorité ? La corruption est omniprésente, dans la gestion des hydrocarbures, dans l’administration des deniers publics, dans la gestion des patrimoines publics fonciers et immobiliers. Au sommet des appareils, les contrats hydrocarbures, notamment les contrats « spot » sont, de longue date, la source de l’enrichissement phénoménal des dirigeants réels du pays, une poignée de généraux et leurs hommes d’affaires. La liste des sociétés-écrans et des « fondations » en Suisse, au Liechtenstein, à Séoul, à Hong-Kong et Rio de Janeiro gérées par des hommes de paille est interminable. Les gestionnaires de fortune genevois de grandes banques, dont certaines sont représentées à Alger, connaissent parfaitement les usages algériens.

Les gigantesques contrats, en lots uniques, d’infrastructures ont permis la collecte de dessous de table tout aussi gigantesques. A ce jeu, les chinois ont démontré qu’ils étaient les « mieux-disant ». Que sont devenus les patrimoines des 1200 entreprises publiques liquidées ? Tout a été distribué entre les clientèles du régime. Cet énorme dossier dont personne ne veut parler n’est qu’un élément parmi d’autres. Dans l’actualité du vol à visage découvert et à titre quasi-anecdotique, on pourra évoquer le budget de 500 milliards de centimes du second festival panafricain géré dans l’opacité la plus complète avec à la clé la possibilité pour les gestionnaires de ce budget de passer des contrats de gré à gré. A cela s’ajoute les intermédiations avec les investisseurs du Golfe dans les grands projets immobiliers et touristiques. Personne ne peut parler en toute transparence du mégaprojet touristique de l’investisseur Emiral qui va pourtant englober tout ce qui reste du Club des Pins et de Moretti selon des procédures complètement inconnues. La liste des gisements et des situations de corruption est interminable. Prétendre lutter contre la corruption devrait d’abord passer par le nettoyage des écuries d’Augias de l’entourage présidentiel, à commencer par le propre frère du président dont la réputation d’homme d’affaires omnipotent est solidement établie, tout comme celle de l’épouse du ministre de l’énergie et des mines. Il est de notoriété publique que les agents des douanes du port d’Alger sont corrompus, qu’à l’exception de quelques gros bonnets liés au DRS, tous les importateurs sont contraints de payer des pots-de-vin. Ce n’est pas la presse qui se risquerait à diffuser des informations consistantes sur cet état de fait. Appeler la presse au secours est une imposture surtout quant on sait que sur 60 quotidiens, au moins 55 sont directement ou indirectement connectés aux milieux d’affaires du régime. Les quelques titres qui se sont approchés de trop près des dossiers « sensibles » ont subi les foudres de l’appareil judiciaire. Pour mettre les journaux au pas, rien de plus efficace qu’un redressement fiscal comme le journal El Khabar vient de se voir infliger à hauteur de dix milliards de centimes.

Les patrons de ces 55 journaux sont à la dévotion du régime, en contrepartie d'une rente publicitaire et de petits privilèges. La majorité des journalistes salariés - souvent surexploités et sous-payés- le savent. Ils savent aussi que concrètement, sur le terrain, ils ne peuvent absolument pas toucher à un sujet sur la corruption sans le feu vert de ces patrons, lesquels auront à en référer à leurs sponsors. De toutes les façons la gangrène de la corruption est telle qu'il n'y a qu'une seule hypothèse d'envisageable lorsque Bouteflika dit vouloir le concours de la presse. C’est de désigner quelques boucs-émissaires, de confier à quelques journaux sélectionnés des dossiers ficelés. Et là, on est dans un subterfuge qui est loin de la liberté d'investigation, et de la presse en général. C'est à cela qu'il faut s'attendre. Quelles seront les victimes ? Nous ne devrions pas tarder à le savoir. Sur le fond, rien ne changera. Et pour que cela commence à changer, il faut que Bouteflika, le premier, s'explique sur les considérables acquisitions immobilières qu'il a réalisées en 2007, évoquées très laconiquement dans sa déclaration de fortune. Il faudrait que des gens surgis du néant comme Bouguerra Soltani – ministre – s’expliquent sur l’origine de sa fortune en milliards, dans le commerce et l’immobilier. Ou que le voile soit levé sur les liens réels ou supposés entre Ahmed Ouyahia et le transporteur Takhout (large bénéficiaire de colossaux prêts publics) soient levés.

S’attaquer à la corruption reviendrait tout simplement pour ce régime à scier la branche sur laquelle il est assis. En accordant le bénéfice du doute à Bouteflika III, il faudrait que lui-même donne l’exemple en informant le public sur la réalité de sa fortune actuelle, en Algérie et à l’étranger surtout. Les algériens savent que les responsables du régime se refusent à la moindre déclaration sur l’état de leurs biens et de leurs capitaux. Le discours anticorruption n’a aucune chance de se traduire en actions concrètes et ne peut en aucun cas rencontrer la moindre audience chez une population contrainte à vivre d’expédients et qui sait ce que valent les promesses des dirigeants.

2. Le taux de participation annoncé aux élections présidentielles est de plus de 75% et les suffrages favorables à Bouteflika comptent pour plus de 90%. Que veulent dire ces chiffres visiblement très exagérés ?

Rien, sinon la grossièreté du procédé. Ce régime ne fonctionne que pour et par lui-même et il se refuse depuis toujours à accepter le vrai verdict des urnes. Les constatations et les informations recoupées par des journalistes et des membres d’organisations autonomes ont confirmé que la réalité de la participation ne pouvait en aucun cas dépasser les trente pour cent. Et que le candidat Bouteflika n’a pas réuni 50% des suffrages sur son nom ; ce qui aurait normalement impliqué un deuxième tour. Une telle hypothèse est un véritable sacrilège pour les tenants de ce système. En dépit du caractère très symbolique de leur participation à cette construction, les cinq « lièvres » qui se sont prêtés à ce jeu de dupes n’ont pas bénéficié de la moindre aménité et n’ont pas été épargnés par le rouleau-compresseur totalitaire. En particulier Louisa Hanoune . Celle qui a tissé des liens avec Abdelaziz Bouteflika, qui passe des heures au téléphone avec lui, escomptait un meilleur traitement « électoral » et crie aujourd’hui au scandale. L’anecdote authentique, connue de tous à Alger, est celle où le directeur de campagne de la candidate Hanoune, Djelloul Djoudi, en allant voter à Mohammedia, s’est rendu compte qu’on avait déjà voté à sa place.

Les techniques habituelles de bourrage d’urnes et de queues préfabriquées devant certains bureaux de vote ont été poussées au-delà de toutes les limites que s’autorise généralement le système. Pour situer la place dans les appareils de Louisa Hanoune, il faut simplement se référer à ses déclarations insultantes sur les associations de disparus et son rôle spécial lors de la réunion de Sant’Egidio en 1995. Lors d’un meeting de campagne dans une salle Harcha à moitié vide, la militante de gauche a stigmatisé les mères de disparus provoquant les huées de ces dernières et leur expulsion manu-militari du meeting. Elle a également déclaré à cette occasion, qu’à Sant’Egidio elle avait « contribué à empêcher un complot contre l’Algérie »... On comprend pourquoi la passionaria trotskyste n’a plus qu’une audience résiduelle…

3. On a beaucoup évoqué les circonstances de la précampagne électorale comme de la campagne elle-même. Que pouvez nous dire sur ce thème ?

Toutes les lois du pays ont été bafouées. Durant la collecte des signatures pour la candidature du candidat-président, des notaires ont été installés dans la majorité des ministères pour superviser le recueil des signatures et leur authentification. Les fonctionnaires se succédaient dans les bureaux occupés par les officiers ministériels et bien peu ont refusé de signer de crainte de perdre leurs postes. La même procédure a été utilisée au niveau de l’UGTA de Sidi-Said et des autres organisations satellites du pouvoir. Pendant que se déroulait cette opération aussi incongrue qu’inédite, le président-candidat sillonnait le pays en multipliant les décisions : annulation sine die de la dette des agriculteurs, augmentation prochaine du salaire minimum et un plan quinquennal d’investissements de 150 milliards de dollars. Aucun des cinq « lièvres » n’a émis la moindre protestation devant ce détournement de la fonction de président au profit du candidat Bouteflika. D’ailleurs quel algérien a accordé la moindre crédibilité à des troisièmes couteaux destinés à faire de la figuration ? Naturellement, dans la meilleure tradition nord-coréenne, les journaux télévisés de la télévision nationale étaient construits sur les déplacements de son excellence-candidate. L’écrasante majorité des médias indépendants ou privés ont accompagné cette confusion des genres sans aucune vergogne.

La continuité, c’est celle de l’enseignement universitaire au rabais, les enceintes universitaires sinistrées où les passe-droits et la violence supplantent la transmission du savoir et la recherche. Ce n’est pas la bonne volonté des jeunes étudiants qui manque, mais c’est le système totalement inadapté, sans moyens face à une surcharge en effectifs qui rend inopérants les efforts des enseignants. Ceux-ci subissent une gestion au jour le jour confiée à des individus dont la seule compétence est l’obéissance à la tutelle et aux hommes liges du pouvoir. Ouyahia, Rahmani, Khellil, Khediri pour ne citer que ceux-là, envoient leurs enfants en Grande-Bretagne, Suisse, France et aux USA. Ce qui vaut pour l’enseignement vaut pour la médecine dispensée au rabais en Algérie et sur prise en charge à l’étranger pour les Belaid Abdeslem, Abdelkader Hajar , Mohamed Lamari, dont le soutien à Bouteflika s’explique exclusivement par la préservation de leurs intérêts matériels et de leurs privilèges.

4. Comment s'annonce ce troisième mandat ?

Dans la continuité, comme le proclame si bien le discours officiel. C’est à dire dans la poursuite de la gestion de la société par la corruption, par la répression sous toutes ses formes, par le transfert aux islamistes de la Salafia "ilmiya", - les salafistes « éclairés » c'est-à-dire les islamistes archaïsants apolitiques - de l’encadrement social, au plan du statut des personnes et de leur mode de vie, et bien sûr, par la poursuite de la prédation et de l'appropriation du pays par ces nouveaux colons. Il va de soi que l'exil des Algériens va se poursuivre, sous toutes ses formes, mais aussi la contestation par l'émeute. Ce troisième mandat va accentuer la perception déjà forte de la négation de la citoyenneté et conforter l'idée que le changement, hélas, ne peut venir que par la violence face à un régime qui ne connaît et n'approuve que ce type de langage. La probabilité d'un rassemblement des forces et individualités de l'opposition me paraît faible, pour ne pas dire nulle compte-tenu du contrôle policier et du verrouillage hermétique de toutes les possibilités d’organisation ou d’expression. Nous nous dirigeons vers des années difficiles, indépendamment de la crise économique mondiale dont les effets risquent fort d'aggraver la situation interne. Avec ce régime, l’Algérie démontre qu’elle est le pays de tous les blocages.

5. Qui dirige réellement le pays ?

Les absences fréquentes de Bouteflika en 2008 ont exacerbé le sentiment de vide, d’Etat réduit aux appareils policiers. Bouteflika a passé une bonne partie de l’année dernière dans des allers-retours pour ses soins, et ceux de sa mère, en Suisse. Un avion avec équipage réquisitionné est mis à sa disposition en permanence à l’aéroport militaire de Boufarik pour ses fréquents déplacements. Il est connu que le rythme de travail du locataire à vie d’El Mouradia est réduit à sa plus simple expression. Cela se répercute sur le fonctionnement de toutes les institutions et cela va s’aggraver avec la suppression du bicéphalisme de l’exécutif. On imagine qu’il va mettre en place un gouvernement parallèle siégeant à El Mouradia.

Pour le moment, les ministères tournent au ralenti; les administrations centrales sont aux abonnés absents car meublées par le système de la cooptation et du népotisme. Quand vous voyez le ministre des travaux publics Amar Ghoul sur tous les grands chantiers presque chaque jour, on ne peut en déduire qu'il n'a aucun encadrement sur lequel il puisse compter. Au sommet, Bouteflika a, par les textes, concentré tous les pouvoirs entre ses mains, résultat: la machine étatique est inopérante, somnolente, sans aucun dynamisme.

La réalité du pouvoir, le contrôle territorial et institutionnel, est entre les mains du DRS, plus que jamais. Sans cette super police politique d'ailleurs, Bouteflika n'est absolument rien. Le Chef de l’Etat n’a pas le pouvoir de nommer son propre directeur de cabinet…Un deal entre le chef du DRS, Mohamed Mediène, et Bouteflika fonctionne depuis la présidentielle de 2004 quand le DRS a cogéré les urnes pour Bouteflika et humilié non seulement Benflis, son adversaire, mais aussi l'ex-chef d'état major Mohamed Lamari qui était opposé à la reconduction de Bouteflika. Depuis lors, le DRS a les pleins pouvoirs. Jamais il n'a été aussi libre et puissant. En contre partie, Bouteflika a la liberté de se soigner à l'étranger régulièrement, d'aller et de venir sans que l'on décrète son incapacité à diriger le pays pour raison de santé (à la manière de Benali pour Bourguiba), en plus de la haute main sur certains grands marchés, et quelques relais du type de Ould Abbès Djamel, homme à tout faire au service absolu du clan familial Bouteflika, ou de Chakib Khellil et Temmar, tant qu’ils n'empiètent pas sur le domaine de la sécurité. On a vu ce qui pouvait arriver lorsque l’un transgresse cette ligne, avec l'affaire BRC(*) que dirigeait Ould Kaddour, qui malgré de grands services rendus au DRS s'est retrouvé en prison. L'affaire, on s'en souvient a été escamotée par la dissolution précipitée de BRC pour éviter que n'éclate un scandale sans doute plus dommageable pour le système que celui du groupe Khalifa. Donc, il y a un partage des rôles et prérogatives entre le président en exercice et le patron du DRS, avec une prééminence de fait du dernier qui a barre sur les principaux ministres du clan Bouteflika, tels que Khellil et Temmar, dont les accointances avec certains milieux étrangers sont un secret de polichinelle. Les relations de Bouteflika avec des ministres et cadres supérieurs qui sont nommés pour leur majorité par les services sont équivoques.

Ainsi par exemple, le ministre de l'Intérieur, Zerhouni, dans une posture ambivalente, à cheval entre le DRS (dont il est issu) et Bouteflika. D'un point de vue régionaliste, il est indéniablement favorable au clan Bouteflika; mais dans de grands dossiers il a eu des positions inattendues. Il s'est opposé à la mouture ultralibérale de la loi sur les hydrocarbures, et, il s'est récemment opposé, en vain, à l'attribution de deux tronçons de l'autoroute Est-Ouest aux chinois.
Le maillage du territoire s’appuie sur des bureaux du DRS déployés dans chaque daïra (sous-préfecture) dirigés chacun par un officier, avec des relais civils locaux recrutés parmi les hommes d’affaires apparus durant la décennie 90 et qui doivent tout au DRS. Il y a au moins deux agents de cette police politique par commune et près de 3 000 à l’échelle du pays… Au sommet, il y a des hommes comme El Hadi Khediri (ex-patron de la police et ex ministre de l’intérieur) qui avait déjà été un des acteurs principaux des sanglants évènements du 5 octobre1988 et qui depuis n’a cessé de travailler pour le DRS, en manipulant entre autre Ali Benflis durant les présidentielles de 2004. En 2009, sur instruction de Toufik, il prêtera allégeance à Bouteflika. Il y a également la nouvelle génération représentée par des personnages comme Amar Khelifa, Arslane Chikhaoui ou Liess Boukraa, qui essayent de noyauter les milieux intellectuels et universitaires. Ce sont ces profils que l’on présente aux chercheurs étrangers comme le réservoir intellectuel du système. Ce monde interlope navigue dans toutes les sphères d’activité publiques, les salons et les chancelleries.

6. Et les clans et autres réseaux ?

Les clientèles prospèrent à l’ombre du DRS. La grande inconnue de l’heure est l’héritage « politique » du plus puissant d’entre eux, Larbi Belkheir, dont l’état de santé se dégrade. Le maître à penser et grand organisateur du système, celui qui a géré le tableau d’avancement de l’armée et des services depuis plus de vingt ans, qui a placé tous les dirigeants effectifs dans leurs positions actuelles, est très diminué physiquement. S’il disparaît, qui récupérera ses réseaux ? Qui jouera le rôle d’interface avec les éminences étrangères qui ont soutenu le régime aux moments les plus critiques ?Le général de corps d’armée, Mohamed Lamine Médiène alias « Tewfik », l’omnipotent chef du département renseignement et sécurité( DRS) depuis 1990, est bien sûr le mieux placé, mais a-t-il les qualités d’intriguant international de son mentor ?

Pour le reste, il n’y a plus d’homme fort à la tête des institutions, il n’y a que des exécutants aux ordres. De tous les « janviéristes » seul Tewfik demeure. Les généraux Betchine, Nezzar, Benmaalem, Kamel Abderahmane et autres sont à la tête d'affaires multiples et juteuses. Nezzar à la tête de la société de télécommunications nationale SLC, Betchine est toujours dans la faïence et la presse (l'Authentique et El Acil), Kamel Abderrahmane dans l'import... Ils ont leur part du gâteau, comme les filières de Saïd Bouteflika. Il arrive que les intérêts des uns et des autres s'entrechoquent et que le DRS serve de médiateur, et, quand cela ne fonctionne pas, le plus faible passe à la trappe. L'industriel Rebrab a recyclé dans son groupe des anciens du DRS et ses affaires n'ont jamais été aussi florissantes. Abdelawahab Rahim patron en titre du groupe Arcofina n'a pas la main aussi heureuse que Rebrab, malgré ses liens d'affaires très forts avec un intime de Bouteflika. Mais aucun de ses réseaux d'affaires n'a de prise sur la vie politique, entièrement contrôlée par les réseaux du DRS.

7. Ce que vous décrivez est un état policier, l’Algérie en 2009 est un Etat totalitaire ?

En 1997, il y avait environ 30 000 policiers, d'ici fin 2009 ils seront 200 000. Les effectifs de la gendarmerie ont également fortement augmenté. Ils doivent être supérieurs à 100 000 aujourd'hui. Il existe un double maillage du territoire: policier et des services de renseignement du DRS. Les services de renseignements surveillent, manipulent et contrôlent 99% des associations et partis politiques. Le 1% représente quelques syndicats autonomes, la LADDH (Ligue algérienne de défense des droits de l'homme) et le FFS (Front des forces socialistes), seuls îlots de résistance, qui éprouvent les pires difficultés à évoluer dans cette immense prison à ciel ouvert. Le poids de l'Etat policier et du système de la corruption a annihilé les ressorts sociaux. Les repères et normes juridiques classiques ayant été pervertis, la société écrasée par les années rouges, s'est retrouvée contrainte de faire avec et de développer des stratégies de survie pour faire face à cette perversion. La marginalisation de pans entiers de la jeunesse débouche régulièrement sur des émeutes réprimées dans la violence. Cette aliénation par la peur et par l’argent a infecté toutes les catégories sociales ; elle a rendu quasi impossible toute action politique. Et quelle action politique à partir du moment où DRS et ministère de l'intérieur ne conçoivent de parti politique que s’ils ont présidé à sa création, dans leurs laboratoires et cellules d’analyses. Quand la situation leur échappe - rarement - ils peuvent aller jusqu'à déstabiliser toute une région comme ils le font actuellement à Ghardaïa depuis que le FFS en particulier (le trouble RCD également mais dans une moindre mesure) y est représenté et socialement relayé. Bismarck disait que la Prusse n’a pas d’armée, mais qu’une armée possède la Prusse. En Algérie, c’est un appareil policier qui possède le pays.

8. Alors quelles perspectives ?

Il n’y a pas de perspective qui donne envie de se lever le matin pour aller travailler, au moins pour ceux qui ont du travail. Quand on importe de la main d’œuvre sous des prétextes pseudo-économiques (chinoise et autres) comment voulez-vous que les jeunes diplômés puissent espérer en un avenir meilleur ? Le rêve d’un nombre incalculable d’Algériens est de mettre les voiles au sens propre et figuré. Il n’y a pas de projet rassembleur, de règles communes qui permettent de tendre vers la réalisation d’un authentique projet national. L’injustice règne. La souffrance morale affecte la nation.

Presque personne n’y échappe : celui qui travaille, le chômeur, le détenu, le riche, le pauvre et même les hauts cadres de l’Etat qui passent leur temps à se lamenter. Quel espoir quand le pays est entre les mains d’une sorte de secte de parvenus, incultes et violents, qui vit depuis 15 ans dans des espaces clos (Club des Pins, Moretti, Sidi Fredj) ou qui bouclent tout un quartier par mesure de sécurité. Ces gens ne sont même pas des coopérants techniques, à peine des agents d’exécution. La population n’en n’a pas forcément conscience, mais elle ressent vivement le mépris, la condescendance des représentants de ce système qu’incarne le tandem Bouteflika-Médiène. Dans de telles conditions, les jeunes qui débordent d’énergie continueront à traverser la Méditerranée avec des moyens de fortune ; ils seront contraints de verser aussi dans la délinquance et la consommation de la drogue qui fait des ravages ou bien ils basculeront dans la violence. Pas nécessairement celle de « l’AQMI » (Al-Qaida au Maghreb islamique), aussi nébuleuse que le GSPC, et qui sert surtout à justifier le maintien de l’état d’urgence depuis 1992 pour perpétuer le contrôle sur la société et disposer des richesses du pays sans le moindre contrôle.

*Brown & Root Condor, une joint-venture, créé en 1994, entre Sonatrach (51 %) et l'américaine Kellogg Brown & Root (49 %, filiale « engineering » de Halliburton) dans laquelle était fortement impliqué le haut commandement du DRS, ce qui lui avait permis de décrocher de nombreux contrats publics. En 2006, Bouteflika décide de liquider cette société pour malversations. Or derrière cette affaire qui n’a jamais été élucidée se cacherait une tentative d’espionnage américaine (avec la complicité de Médiène ?). Voir Que cache le dossier Brown & Root Condor ? Par Madjid Laribi, Le Maghrébin, 9 octobre 2006 et voir aussi Madjid Laribi, « Brown & Root-Condor : une holding “militaro-énergétique” », Le Maghrébin, 13 novembre 2006

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Re: LE MAKHZEN DU DRS CONDAMNE L'ALGERIE A LA DECADENCE!!!

Messagepar jillali » 15 Juin 2009, 19:03

bonsoir alladin !
hier les vrais DAF
et maintenant les faux malgaches du feu MALG
un usurpateur :
dahou ould kablia


La caste au pouvoir a pour mission de continuer l'œuvre de la colonisation française par des moyens softs.
N'est ce pas De Gaulle qui est à l'origine de beaucoup d'evenements à la fin de la revolution de 54 avec l'aide des barbouzes sous la conduite de Léon-Delbecque

avénement et tentative de création d'une 3éme force ,propulsion sur la scéne médiatique de certains elements douteux,elimination de jeunes et brillants representants du F.L.N dans les capitales occidentales

Le roi Boutef 1er et sa clique de courtisans souffrent d'un manque de légitimité,
qu'il ne cesse de colmater par la recherche de substituts à la véritable histoire ;
ainsi ,le Ministre délégué aux collectivités locales ne cesse de pérorer sur le M.A.LG ,
conférences à l'appui ,à tel enseigne qu'on croirait que c'est
Boussouf "himself" qui parle;
alors que tout le monde sait que ce Ministre:
Ould-Kablia n'etait qu'un petit soldat (et même ça reste à vérifier ) au Maroc.
L'autre prétend et le clame à tout vent (Djamel Ould Abbas) ,
qu'il a été condamné à mort durant la révolution ,en omettant de dire par qui.

Ce personnage mesquin ,se faisant passer pour un Docteur en Medecine ,
alors qu'il n'est qu'un technicien de la santé formé à la fin des années 1960 en R.D.A.

Voici entre autres les échantillons de ces usurpateurs en mal de reconnaissance ,
seulement la plus grande arnaque est celle ci :

La cité de logements promotionnels situé situé du coté de Mohammadia " Les Bananiers" fut rebaptisée cité "Zerhouni Mokhtar" .

Cette rebaptisation souléve des questions:

1/ Qui est Zerhouni Mokhtar ?

2/ Quel est son apport à la revolution pour qu'on donne son nom à toute une cité dans la capitale?

En effet,les cités,les artéres,les grands ensembles urbains ou infrastructures quand ils portent des noms de martyrs,ceux-ci doivent avoir une dimension nationale tels:
Larbi Benmhidi,
Zighout Youcef,
Abbane Ramdane ,
Benboulaid,
Krim **,
Colonel Lotfi,
Didouche Mourad,
l'Emir Abdelkader,
Mohammed Belouizdad...

Est il le cas du défunt Mokhtar Zerhouni ?

Si c'est un Chahid ,comme des centaines de milliers, il aurait été plus juste de baptiser une institution ,ou une infrastructure dans sa ville ou village d'origine,comme il a été fait pour des milliers de Chahids à travers le territoire national.

Mais l'imposture demeure le plus fort leit motive et Le travestissement de l'histoire continuera, mais pas pour longtemps; seule la verité est éternelle.
Maintenant les vieilles recettes consistait en la division du peuple Algerien, en axant sur"l'antagonisme" Chaoui-Kabyle(creation des services psychologiques de l'armée française et du fameux 2eme bureau) n'a plus cours ,
les Algériens connaissent et comprennent l'origine de leur malheur passé et présent.
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jillali
 
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