1, 2, 3… sommeil

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1, 2, 3… sommeil

Messagepar Red Bull » 19 Oct 2009, 10:19

- Milliard mon beau milliard, quel est le joueur que je pourrai enrôler cette année ?
- Aucun…
- Milliard mon beau milliard, je t’ai nourri à coups de sponsors et d’argent sale pour que je ne puisse te blanchir dans aucune brebis ?
- Je n’y peux rien, c’est la loi du 1, 2, 3 sommeil !

Excusez l’interruption, mais il fallait mettre fin à ce dialogue pour expliquer ce phénomène que l’on voit dans le championnat national depuis quelques années maintenant.
Des joueurs se vendent et s’achètent à coups de milliards, avant même qu’ils n’aient fait leurs preuves, avant même qu’ils n’aient confirmé ce pseudo talent qu’on leur a détecté. A côté de tout ça, vous avez des autorités qui ne se posent aucune question sur l’origine de ces sommes et qui contrôlent très peu les mouvements des flux financiers des clubs.

Je m’étonne souvent des sommes mirobolantes que l’on met sur la table pour un contrat d’un an alors que la logique voudrait que les prix grimpent en fonction de la durée de l’engagement du joueur. Sincèrement, en lisant les journaux sportifs, on se croirait entrain de feuilleter le guide Michelin des cabarets. Il ne manque que les « aya ou hadi » ou les « fi khater ness Alger sec ! ». 900 millions par ci, 2 milliards par là, et les résultats ne sont même pas prix en compte.

En y réfléchissant bien, on se rend compte qu’un cycle s’est imposé de lui-même dans le monde du football, ce qui nous amène à la fameuse règle du 1, 2, 3 sommeil. Je m’explique.

1 : La première année, le joueur explose (dans le sens algérien du terme bien sûr) dans un club moyen. Il attire les regards et vu qu’il n’y a pas de « matière » sur le marché, les prix s’envolent pour atteindre des sommets toujours plus hauts. La plupart du temps, Serrar vient rafler la mise, ou, quand il n’est pas intéressé, il laisse le soin aux club « plus pauvres » de faire vivre les enchères, aidés parfois par des complicités journalistiques, qui au gré des affinités, se transforment en intermédiaires d’un nouveau genre, plus vulgairement appelés smasra.

2 : La deuxième année est plus difficile pour le joueur. Il intègre un nouveau club, qui a du mal à atteindre ses objectifs. De même, il se rend compte que les ponts en or promis ont du mal à aboutir. La première tranche est encaissée mais la deuxième tarde à venir. Les salaires sont parfois en retard et les primes de match sont distribuées une fois par tremblement de terre. Ajoutez à cela les folles nuitées rythmées du fameux « aya ou hadi » et les découvertes charnelles, autrefois tabous pour un gars venant d’une simple bourgade. Un nouveau riche, bien pauvre tout de même qui au fil des journées s’éteint et se retrouve sur un banc qu’il n’avait jamais côtoyé auparavant. La confirmation ne vient pas mais il prend tout de même son mal en patience, en n’oubliant pas de lancer quelques banderilles par presse interposée qui vont finir par… avoir raison de l’entraîneur coupable de ne pas avoir fait jouer une « star ».

3 : cette troisième année est la plus intéressante, en marketing, plus précisément dans le cycle de vie d’un produit, nous appelons cela la phase de déclin, celle qui mènera inéluctablement vers le « délistage » si aucune action appropriée n’est menée. C’est hélas ce qui se passe la plupart du temps pour nos jeunes stars en herbe qui, mal conseillées, mal orientées et très souvent mal inspirées (un certain Lazhar ne me contredira pas, lui qui n’a de hadj que le nom). Un profond sommeil s’ensuit donc, même si quelques « réveils » peuvent intervenir par à-coups, mais jamais dans la continuité et avec la sagesse qu’implique la carrière d’un footballeur ambitieux.


Parallèlement à tout cela, ce qui m’étonne le plus, c’est de voir les sponsors se ruer pour associer leur marque à des clubs plus en quête de richesse financière que d’ambition sportive. Ceci nous mène à voir par exemple, des maillots de foot ressemblant plus à la une d’un journal jusqu’à arriver à masquer la couleur du club.

Ces aberrations nous ne les voyons hélas qu’au sein de notre championnat, dont notre belle équipe nationale est entrain de masquer les nombreuses lacunes. Ceci n’est pas coutume, nous oublions vite en attendant cette fois-ci le 1, 2, 3 soleil qui, espérons, se lèvera au mois de novembre du côté du Caire…
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