Anecdote présidentielle: le fil d’Ariane ou la courroie de t

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Anecdote présidentielle: le fil d’Ariane ou la courroie de t

Messagepar ANTAR » 08 Fév 2010, 23:37

Anecdote présidentielle: le fil d’Ariane ou la courroie de transmission ?
8 février, 2010 Posté dans Libre débat
A.By pour “Algérie Politique”


Un jour, durant la présidence éphémère du HCE de feu président Mohamed Boudiaf, lors du premier conseil du gouvernement de Sid Ahmed Ghozali sous la présidence de Boudiaf lui-même, et lors d’une des nombreuses pauses de travail, un aparté discret fut capté par une oreille indiscrète, celui de Boudiaf et du ministre de l’énergie de l’époque, Ait-l’Hocine.

C’était la première fois qu’ils se rencontrent en tête à tête. L’émotion était forte et naturelle. Pour Ait l’Hocine, ce fut un grand honneur de rencontrer l’un des pères encore vivant, à l’époque, de la révolution algérienne. Et pour Boudiaf, sa fierté nationale transperçait son visage jovial à la rencontre de l’une des «matières grises» algériennes que Sonatrach avait enfantée, un expert en pétrole les plus réputés sur le marché international.

Après les poignées de main, les embrassades chaleureuses et les accointances d’usage, le président Boudiaf avec son oubli débonnaire de la manière protocolaire, balance une question paternelle pleine de curiosité enfantine à son ministre de l’Energie. Une question encore de l’heure et récurrente depuis toujours au sein de la société algérienne: «Ya W’lidi El-Hocine, je ne comprends plus. Comment se fait-il que l’Algérie se trouve dans cette situation économique endettée presque trois fois plus par rapport à ce qu’avait laissé Boumediene en 1978. Où est l’argent du pétrole ? Il y avait un vieil adage à l’époque des khemassine qui disait que cette terre était tellement fertile que si même on y semait de l’or, nous obtiendrions de l’or…qu’en est-il de notre sous-sol et qu’est-ce qu’il y a lieu de faire dans le secteur de l’énergie pour l’assainir et augmenter les seuls revenus majeurs en devises de l’État algérien ??? ».


Aït l’Hocine pensif quelques secondes lui répond avec une allégeance hors du commun et avec un constat des plus crus que Boudiaf a jamais entendu: «Monsieur le président, je tiens à vous aviser que SONATRACH est un État dans l’État, si la volonté politique irait à terme dans le sens de l’assainissement que vous préconisez, nous serions obligés de revoir tous les contrats des vingt dernières années. Il y en aurait quelques uns qui seront annulés, d’autres reconduits sous d’autres clauses et quelques derniers à remettre aux études de plus près par d’autres consultants indépendants…en quelques sortes, si vous voulez mon humble avis monsieur le président, vous allez créer une mini-révolution dans le secteur et le pays, avec toutes les répercussions majeures internationales que cela va engendrer de la part des gros clients de Sonatrach et de leurs lobbies politiques …»

Boudiaf ne dit mot. La pause et l’aparté finis. L’oreille indiscrète éclipsée à l’anglaise. Le conseil reprend ses travaux. Depuis ce jour, les activités parallèles de réseautage du président tombaient en clandestinité. Le général Smain Lamari avait de la misère à percer ce qui se tramait dans la tête de son président. À 72 ans, il était encore plus dangereux que pendant la période de la révolution, il avait en face de lui un vieux renard à abattre, ce qui fut fait quelques mois plus tard.

Aujourd’hui, 18 ans plus tard, les jeux sont encore tels quels conçus depuis le deal de 1957 des 3 B avec De Gaulle, juste après la découverte des hydrocarbures à Hassi Messaoud en 1956. Un vieux «traité secret» qui n’a pas beaucoup changé depuis l’assassinat de Abane Ramdane, hormis que les acteurs dirigeants sont à la veille de passer de la troisième à la quatrième génération de l’oligarchie militaire rendue publique depuis 1992.

En quelques sortes, depuis 1957 à 2010, on pourrait dire que la boucle est bouclée. Nous sommes toujours à la case de départ. Ce qui est intrigant, c’est que ce coup de bluff du général Toufik Mediene est plus que sérieux, un genre de roulette russe qui pourrait descendre tout le sérail avec ses ramifications étrangères.
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