Alger-Paris : crise à l’horizon

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Alger-Paris : crise à l’horizon

Messagepar Djazz » 10 Fév 2010, 08:04

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La polémique sur le colonialisme enfle entre parlementaires des deux pays

Par : Amer Ouali
Liberte



Ambiance électrique hier au palais-Bourbon, siège de l'Assemblée nationale française. ç’aurait pu être pourtant un jour de détente avec la ratification d'une convention franco-algérienne de 2007.

Approuvé par le Sénat en juillet, le document relatif à la convention franco-algérienne est arrivé hier à la Chambre basse. Soit juste après une proposition de députés algériens de “criminaliser” le colonialisme.
Le projet algérien a été signé par 125 députés du FLN, du RND, du MSP et d'El-Islah. “Nous envisageons de créer des tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux ou de les poursuivre devant les tribunaux internationaux”, a averti Moussa Abdi du FLN. En riposte, le député Thierry Mariani a demandé le report de la ratification de la Convention de 2007.
Pour lui, le texte algérien est une insulte aux “rapatriés qui ont vécu au milieu du peuple algérien jusqu'en 1962”, ainsi que pour “l'ensemble de ceux qui ont servi en Algérie sous les couleurs du drapeau français, les harkis, les militaires professionnels, les appelés du contingent, qui se sentent méprisés et qu'on injurie une nouvelle fois”. Qualifié “d'ultra” par ses adversaires,
M. Mariani est tête de liste UMP pour les prochaines élections de mars en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, région d'arrivée en 1962 pour de nombreux rapatriés et harkis. L’éventuelle mise en place “des tribunaux d'exception n'est pas acceptable”, a aussi déclaré le patron des députés Nouveau centre, François Sauvadet, demandant “une clarification de la part du gouvernement algérien sur cette initiative”. Le ministre de l'Immigration Éric Besson a déclaré regretter la proposition algérienne estimant qu'il s’agit d’un “sujet sensible” alors qu'il reste “encore des cicatrices”.
Pour lui, “il ne faut pas oublier la colonisation et la post-colonisation” et “dépasser” cette question. Cet accès de fièvre dans la relation tumultueuse entre la France et l’Algérie est appelé à nourrir l'actualité pour se poser en concurrent des scandales qui empestent la vie politique à Alger.
Nos députés ont trouvé un motif de sursaut dans la décision de Paris de classer l'Algérie dans la liste des pays à risques pour les transports aériens. “Comment l'Algérie peut-elle être parmi les pays qui luttent contre le phénomène du terrorisme et dans le même temps figurer sur la liste des pays dont les ressortissants sont soumis à des mesures de contrôle spécifiques ?”, a protesté le président de l’Assemblée, Abdelaziz Ziari. Les députés français ont quand même ratifié le texte. “Nous avons été plus que troublés par la prise de position inacceptable de députés algériens”, s’est indigné le député Jacques Remiller (UMP), tout en estimant que “cet énième soubresaut de l'Histoire ne doit pas entacher sur le fond la volonté commune de travailler ensemble”. Le socialiste Bernard Derosier a, lui aussi, espéré que le gouvernement français aurait “la sagesse de ne pas écouter les ultras” qui réclamaient le report de la ratification. M. Derosier a aussi jugé “malvenue” l'inscription par Paris de l’Algérie sur une liste de pays à risques pour les transports aériens.
Pour le secrétaire d'État à la Coopération, Alain Joyandet, “il faut dépassionner le débat et regarder cette convention à l'aune de l'intérêt des peuples français et algérien”. Le PS et le PCF ont voté pour la ratification. “Il ne s'agit pas de battre sa coulpe, mais de reconnaître les vérités historiques des méfaits du colonialisme”, a déclaré le communiste François Asensi (PCF).
La convention de partenariat franco-algérienne avait été signée à Alger le 4 décembre 2007. Elle affirmait la volonté des deux gouvernements de “développer un partenariat d'exception fondé sur les intérêts mutuels, la proximité géographique et des liens étroits nourris d'une histoire commune et d'une mémoire qu'il leur convient de partager”.
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Re: Alger-Paris : crise à l’horizon

Messagepar dziri » 10 Fév 2010, 11:44

On remet ça ?
Par : Mounir Boudjema


Mais cette polémique est-elle sérieuse ? Le thème l’est indéniablement, mais le contexte politique, aussi bien algérien que français, rend la chose aléatoire et l’argument biaisé. Car, que ce soit à Paris ou Alger, les calculs politiciens internes transpirent tellement.

C’est encore une polémique feutrée dans les coulisses des Parlements français et algérien, mais le débat risque de vite tourner au vinaigre. Le thème de cette nouvelle joute verbale : criminaliser le colonialisme français.
Mais cette polémique est-elle sérieuse ? Le thème l’est indéniablement, mais le contexte politique, aussi bien algérien que français, rend la chose aléatoire et l’argument biaisé. Car, que ce soit à Paris ou à Alger, les calculs politiciens internes transpirent tellement. Le flagrant délit de marchandage n’est pas loin.
En France, c’est Besson qui allume la mèche. Besson “l’islamophobe”. Besson, “les charters”. Besson, l’idole honnie des sans-papiers qui expulse les Algériens. Fallait-il qu’il mette son grain de sel dans un sujet considéré par lui-même, comme trop “sensible” ? Il donne à la grogne des ultras de l’UMP, surtout ceux du Sud-Est qui ont un électorat harki et pied-noir à satisfaire, le quitus de l’Élysée. Il faut défendre une certaine idée du Gaullisme et c’est Besson qui s’y colle. Polémique franco-française. C’est Kouchner qui le tacle en atténuant la position algérienne. “Aurait-il donc fallu que la France réagisse dès maintenant à un projet qui n'est encore qu'en phase de conception ?”. Avant de dédouaner le gouvernement algérien qui, selon le MAE français, “n'a aucunement pris position sur cette proposition”. Alger s’est trouvé un avocat de talent mais cherche encore les raisons de sa non-venue en visite officielle. Du fait, l’autre polémique, celle de la liste noire et des contrôles des Algériens au scanner est reportée sine die.
À Alger, c’est un FLN en mal de congrès et qui est étrangement muet sur les affaires de corruption qui secoue la sphère exécutive, dont il fait partie, qui monte au créneau à… Paris. Il est clair que le fond du débat est non négociable pour tout Algérien dès qu’il s’agit de condamner le colonialisme français. Mais que c’est maladroit. Le FLN, à force de vouloir truster les instruments du débat sur la mémoire, au nom des “constantes nationales”, a probablement desservi cette cause noble. C’est à la société civile, à la jeunesse algérienne, aux associations nationales et aux moudjahidine qu’échoit le rôle d’animer ce débat. Pas à des parlementaires dont la légitimité politique est déjà sujet à polémique.
Et dans cette agitation incroyablement récurrente, qui sent le “déjà-vu” et les calculs d’apothicaires, deux hommes se cachent dans les tranchées. Deux présidents qui, à force de se repousser et de jouer aux ventriloques, ont perdu le fil de la relation algéro-française. Pas de pardon. Pas de pitié. Surtout pas de concessions sur un débat sur l’Histoire qui mérite mieux que des crocs-en-jambe à répétition.
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Re: Alger-Paris : crise à l’horizon

Messagepar Djazz » 10 Fév 2010, 14:27

Colonialisme: le gouvernement français affirme ne pas vouloir interférer avec le Parlement algérien
AFP

Le gouvernement français ne veut pas "interférer" avec le fonctionnement du Parlement algérien après le dépôt par une centaine de députés de l’APN d'une proposition de loi criminalisant le colonialisme français, a déclaré mercredi son porte-parole Luc Chatel.


"Le gouvernement ne va pas interférer sur le déroulé du fonctionnement du parlement algérien", a affirmé M. Chatel en rendant compte à la presse des travaux du Conseil des ministres. "Je note simplement que cette proposition de loi a suscité de l'émotion dans notre pays. C'est une proposition de loi d'initiative parlementaire, qui n'a pas été reprise par le pouvoir exécutif algérien", a-t-il ajouté.


Avant M. Chatel, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a lui aussi fait remarquer mardi que l'exécutif algérien n'avait "aucunement pris position" sur ce texte, alors que son collègue Eric Bessoin (Immigration) l'avait "regretté" et le secrétaire d'Etat à la Défense Hubert Falco qualifié d'"outrancier".
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Re: Alger-Paris : crise à l’horizon

Messagepar dziri » 10 Fév 2010, 15:16

A messieurs les politiciens Algériens , particulièrement du FLN qui a ruiné le pays je dis , a chercher les poux sur les autres, ils finissent par vous démanger vous-même."
Le thème est en effet indéniable , mais vos calculs sont fallacieux.
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