Abdelkader Tigha, Hassan Hattab et le ministre Garde des sot

Faites nous juste l'économie des longs débats

Abdelkader Tigha, Hassan Hattab et le ministre Garde des sot

Messagepar ANTAR » 27 Nov 2010, 20:13

Abdelkader Tigha, Hassan Hattab et le ministre Garde des sots (2e partie et fin)
22 novembre, 2010 Posté dans Libre débat
El Erg Echergui pour “Algérie Politique”

Les expédients irrationnels d’un ministre ordinaire

On croyait avoir tout vu et tout entendu chez toute la valetaille du «système» (1) en évitant de dire les noms des maîtres qui contrôlent ce système. On croyait avoir connu toutes les pratiques qui permettent aux valets d’être cooptés par le système et de s’y maintenir le plus longtemps possible. Mais c’était sans compter sur le génie inimitable du ministre de la Justice, monsieur Tayeb (VOIR PHOTO) , qui commit une gaffe très compromettante révélant une situation intolérable dans le fonctionnement de la République.

Ce ministre, tâcheron, sans prétention politique devant l’Eternel, acceptant n’importe quelle «charge» qu’un président ou qu’un pouvoir voudra bien lui octroyer représente le profile-type des ministres algériens. Il fait partie de ces nombreux hauts fonctionnaires falots et fiers, qui ont défilé dans les différents gouvernements avant de disparaître de la mémoire collective; ils n’ont jamais gagné le droit d’être considérés comme des hommes de valeurs, des hommes qui auraient contribué réellement à l’édification du pays. Le parcours se remarque par l’absence d’un militantisme hors des sentiers battus, par l’absence de charisme politique ou des faits d’armes dont le peuple pourrait les leur témoigner.

Leur modeste histoire «politique» s’est toujours terminée par où elle a commencé: la porte de service. Laissant derrière eux une Algérie plus souffrante qu’avant leur arrivée. Leur rôle est de faire un travail quelconque dans un gouvernement quelconque. Monsieur Belaïz est de ceux-là. Œillères et harnais bien en place, il ne s’attellera pas à donner à la Justice ses lettres de noblesse, il ne traduira pas l’aspiration populaire de l’égalité de tous devant la Loi, il ne s’occupe que des tâches terre-à-terre qu’on lui assigne.

Malgré un parcours «sans fautes» et un comportement exemplaire, le jeudi 11 novembre dernier à Batna, ce ministre a commis un impair qui va le stigmatiser à jamais et va probablement faire entrer son nom dans les annales de l’Algérie «bouteflikienne». Il va passer pour celui qui a su involontairement illustrer parfaitement l’omnipotence du général Toufik et la subordination de l’appareil judiciaire à la volonté des services. Il a confirmé du même coup, l’aphorisme, désormais célèbre, de Sid Ahmed Ghozali sur les néo-harkisme. Son impair, comme on va le voir, démontre que les Services de renseignement ne s’encombrent d’aucun scrupule, même pas celui de sauver la face du gouvernement fantoche ou la face de son président.

Le ministre de la Justice, pour échapper à une question d’une journaliste qui le mit dans ses petits souliers, joua une divine comédie, dont le titre pourra être: «Les aveugles vivront très vieux». C’est une comédie dans laquelle il incarne le sot parfait. Le responsable qui a théoriquement la charge d’instaurer et de promouvoir la justice et l’équité dans notre pays apporte à sa manière, une autre preuve indiscutable que chaque Algérien est administré par deux pouvoirs distincts, l’un pour amuser la galerie et l’autre pour trinquer à sa santé…

Alors que l’ex-ministre de l’Intérieur, Yazid Zerhouni, avait déclaré en 2007 que Hassan Hattab s’était livré aux autorités et que maintenant tout le monde sait que ce terroriste est en résidence surveillée sous la protection des services de renseignements algériens, notre ministre de la Justice, dans une attitude tragicomique unique en son genre, devant un parterre de journaliste, déclare qu’il ne peut pas juger Hassan Hattab parce que celui-ci est toujours en fuite. Un peu interloquée, la journaliste se hasarde encore à lui faire remarquer que le terroriste est entre les mains des autorités militaires. Toute honte bue, il rétorqua ex cathedra: « Je ne l’ai pas vu».

Il donna cette réponse en niant une évidence. Il fait semblant de n’avoir pas lu les journaux d’Ennahar et d’Echourouk (voir les liens en annexe) qui ont été «cordialement» invités à entretenir ce terroriste évanescent dans sa résidence pour publier ses photos et «ses remords». Il fait semblant de n’avoir pas entendu l’appel de ce terroriste à ses «confrères» pour déposer les armes et rentrer au bercail, un appel que tout le monde a écouté sur les ondes de la radio nationale. Cette attitude choquante ressemble à un faux témoignage qui venant d’un ministre en exercice, est associé à des circonstances aggravantes. Un Algérien normalement constitué qui s’accroche encore à la vérité et à la raison aurait dû ressentir une onde de choc et de dégoût traverser tout son être à l’écoute de cette réponse méprisante du ministre.
Faut-il comprendre qu’avant de juger une personne en Algérie, elle doit être vue par son éminence en personne. Et si on pousse plus loin cette logique étonnante, faut-il comprendre qu’avant de demander l’extradition d’Abdelmoumen Khalifa, monsieur le ministre de la Justice l’a vu en personne dans sa propre résidence en Grande-Bretagne…

En réalité, par son mépris et par sa dérision, la prévarication du ministre dépasse de loin celle du président Bouteflika qui un jour a insulté la mémoire des disparus et insulté les femmes et les mères qui le priaient de les aider à chercher la vérité sur leur sort. Sa phrase cinglante «ils ne sont pas dans ma poche» était symptomatique de l’impuissance du président qui pour avoir la vie sauve, la paix et le «koursi», il est prêt à toutes les compromissions. Avec cette phrase, le président signifiait déjà qu’il ne va pas s’immiscer dans les affaires des généraux. Avec le renoncement public à faire appliquer la loi sur Hassan Hattab, son ministre de la Justice montre que lui et le gouvernement abdiquent, eux aussi, devant les militaires. Et puisque la raison du plus fort est toujours la meilleure, il devient facile de deviner à quel niveau est reléguée la souveraineté de l’Etat algérien devant le DRS.

L’attitude de Belaïz démontre encore une fois que le président algérien ne jouit pas des pleins pouvoirs que lui confère la Constitution. Avec cette triste déclaration, le ministre confirme ce que tout le monde pensait secrètement : l’Algérie est une république couscoussière et le silence du président à cette bourde lui fait perdre un autre pourcentage dans sa présidence. L’autre grand message que fait passer le «Garde des Sceaux» (2), par sa peur, est que les Algériens sont bel et bien soumis à une puissance qui le dépasse et la Justice qu’il gère n’est qu’un machin subordonné à la volonté du général Toufik. Le reste, c’est de la littérature.

«C’est de ta peur que j’ai peur» (William Shakespeare)

Cette impéritie ministérielle et par ricochet, présidentielle flagrante témoigne de l’absence de souveraineté de l’Etat algérien et de l’impuissance du président de la République que la satire populaire a merveilleusement comparé à «hchicha foug taam» (herbe aromatique au-dessus d’un plat de coucous). De ce fait, elle explique en grande partie tous les échecs des programmes politiques et économiques des gouvernements qui se sont succédé du pays depuis l’indépendance jusqu’à aujourd’hui. Car un gouvernement qui a peur, qui a les mains liées, qui ne peut rendre à la loi et à la constitution toutes leurs forces, un tel gouvernement, fût-il intègre et sincère, ne peut pas obtenir les résultats escomptés.

La journaliste d’Elwatan qui prit le risque de poser la question osée sur Hattab et Saïfi ainsi que ses confrères présents dans la salle, n’ont pas bronché et n’ont pas jugé utile de commenter la réaction pataude du ministre ni sur le moment ni après dans les journaux. Pourtant le subterfuge du ministre, cousu de fil blanc, défie le bon sens et fait fi d’une vérité que le DRS a lui-même révélée au monde entier. Tout s’est passé comme si l’auditoire a été happé par une force surnaturelle qui a gelé leur intelligence et neutralisé leurs facultés d’observation et d’analyse.

Dès qu’une discussion ou un débat bifurque par inadvertance vers les forfaitures et vers le pouvoir exorbitant et anticonstitutionnel du DRS, le tabou et l’autocensure deviennent subliminaux et immédiats ; l’auditoire et l’orateur en connivence tacite passent immédiatement à un autre sujet. Sans honte ni amertume apparentes, les journalistes, à Batna, n’ont pas souhaité relever la fantaisie de cette scandaleuse réponse. J’aurais donné cher pour voir leurs visages en ce moment de surréalisme où tout le monde fait mine d’être convaincu par un mensonge grossier. La classe politique doit, elle aussi, sombrer dans la torpeur puisqu’elle n’a pas réagi jusqu’à maintenant à cette grave prévarication.

Un évènement semblable a des conséquences plus graves encore. La peur qui habite les ministres et les journalistes fera boule de neige et s’insinuera partout dans la société et le pouvoir parallèle devient plus grand et le destin de l’Algérie se concentrera davantage dans les mains des généraux. Les journalistes, au lieu de transmettre l’information, transmettent la frousse et la lâcheté. Même les hommes de l’opposition les plus virulents perdent leur langue devant une telle situation. Ils peuvent attaquer en meute pour descendre en flamme un intellectuel comme Addi Lahouari, ils peuvent écharper un premier ministre en plein parlement, critiquer sévèrement le bilan de son gouvernement, accuser de crime un président mort et vilipender avec beaucoup de morgue un président en exercice, mais réagir, même timidement, au mensonge du ministre de la Justice non. C’est comme un exercice à haut risque dont ils ne sont pas prêts de les prendre même si on est le fils d’un grand chahid.Il y a des limites à tout…

Le témoignage d’Abdelkader Tigha non commenté dans les médias, la retraite dorée de Hassen Hattab et la fausse vérité choquante de M. Belaïz sont tous des éléments d’une toile de fond tissée par un pouvoir prédateur qui fonctionne en marge de la constitution de la république. Plus que la démission des médias « indépendants » et le silence indigne des intellectuels sur des faits graves, ces éléments ont le mérite de dévoiler plusieurs autres impostures, dont celle d’une opposition de paille constituée de partis politiques qui sont en parfaite symbiose avec ceux qui méprisent la souveraineté du peuple et donnent des sueurs froides à des ministres.

Annexe

(1) le « système » est un terme euphémisme qui sert à certains « démocrates » sincères, de faux-fuyant pour camoufler leur manque de courage politique.

(2) Le ministère de la Justice s’est affublé avec le titre de « Garde des Sceaux » faisant de l’Algérie un pays qui singe la France jusqu’à la caricature. On se rappellera à ce propos de l’ « Algérienne des eaux »… Comme si la modernité, l’efficacité d’une organisation ou d’une compagnie sont une question de dénomination.

(3) A monsieur le garde des Sceaux qui n’a rien vu et rien entendu :

http://www.ennaharonline.com/ar/terrori ... 27973.html

http://www.echoroukonline.com/fra/index.php?news=4602
http://ffs1963.unblog.fr/2010/11/22/abd ... more-11073
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Re: Abdelkader Tigha, Hassan Hattab et le ministre Garde des sot

Messagepar Cell » 30 Nov 2010, 00:34

Une synthèse lucide et plein de bon sens.
Cell
 
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