Épictète

Spiritualité et méditation dans le respect et la tolérance

Épictète

Messagepar Yacine » 28 Sep 2012, 21:59

Épictète, naquit esclave en Phrygie (Asie Mineure) au 1er siècle de notre ère. Vendu à Épaphrodite, homme cruel, qui s'amusait à le tourmenter, puis affranchi, Épictète enseigna la doctrine stoïcienne à Rome, puis dut émigrer à Nicopolis, où il vit dans la pauvreté en compagnie d'une femme et d'un enfant qu'il a adopté. Il attira de très nombreux disciples, en exprimant par sa parole un véritable art de vivre.

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Pensées

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*Quand tu es attaqué par une tentation, si tu diffères jusqu'au lendemain à la combattre, le lendemain viendra, et tu ne combattras point. Ainsi, de lendemain en lendemain, il arrivera que non seulement tu seras vaincu, mais que tu te trouveras plongé dans une insensibilité telle qu'il te sera impossible de t'apercevoir même que tu pèches, et tu éprouveras effectivement en toi la vérité de ce vers d'Hésiode : « Celui qui diffère d'un jour à l'autre est toujours accablé de maux.

*Si je résiste à une belle femme qui est prête à m'accorder ses faveurs, je me dis à moi- même : Voilà qui va bien, Épictète, cela vaut mieux que d'avoir réfuté le sophisme le plus subtil. Si je résiste à ses avances et que je repousse ses caresses, je puis me glorifier de cette victoire bien plus que d'avoir triomphé de tous les syllogismes les plus embarrassants... Mais comment résister à une tentation si pressante ? Il ne faut pour cela que vouloir te plaire à toi-même, et être beau aux yeux des dieux. Il ne faut que vouloir conserver la pureté du corps et de l'âme.

*Le cheval est-il malheureux de ne pouvoir pas chanter ? Non, mais de ne pouvoir courir. Le chien est-il malheureux de ne pouvoir voler ? Non, mais de n'avoir point de sentiment. L'homme est-il malheureux de ne pouvoir étrangler des lions et faire des choses extraordinaires ? Non, car il n'a pas été créé pour cela. Mais il est malheureux quand il a perdu la pudeur, la bonté, la fidélité, la justice, et que les divins caractères, que les dieux avaient imprimés dans son âme, sont effacés.

*Comment peut-on me persuader, dit quelqu'un à Épictète, que toutes mes actions sont vues de la divinité, sans qu'aucune lui échappe ?... Épictète lui répondit : « N'es-tu pas persuadé que toutes les choses du monde ont entre elles une liaison ? -- Oui. -- N'es-tu pas persuadé que les choses terrestres sont régies par les célestes ? -- Oui. -- En effet, tu vois que toutes les choses de la nature arrivent dans les temps marqués, toutes les saisons arrivent dans leur temps. A l'approche et à la retraite du soleil, quand la lune croît ou décroît, toute la face de la nature change. Puis donc que toutes les choses de ce bas monde, et nos corps mêmes sont si liés et si unis avec le tout, comment peux-tu t'imaginer que notre âme, bien plus divine que tout cet univers, en soit seule détachée, et qu'elle ne soit pas unie et liée avec la divinité qui l'a créée ? -- Mais comment peut-elle voir en même temps tant de choses si différentes et si éloignées ? -- Pauvre aveugle, combien d'opérations différentes ton esprit, qui a des bornes si étroites, ne fait-il pas à la fois ? Il embrasse les choses divines et humaines ; il raisonne, il divise, il juge, il consent, il nie. Combien d'images différentes, combien d'idées, même contraires, ne renferme-t-il pas ? Le soleil éclaire en même temps la plus grande partie du monde ; seule la partie que l'ombre de la terre lui cache se dérobe à ses rayons. Et celui qui a fait le soleil, qui, quelque immense qu'il soit, n'est qu'un point de ce vaste univers, n'éclairera pas la terre entière ? -- Mais mon esprit ne fait ses opérations que successivement, et ne peut considérer les objets que l'un après l'autre. -- Eh ! qui t'a dit que ton esprit fût aussi étendu que la divinité même ? Mais, chétif ver de terre, considère combien d'objets différents embrassent à la fois un oeil qui est si petit. Tout ce qu'enferme l'horizon est présent tout à la fois à la vue, et quelque chose pourra se dérober à la vue de celui qui a fait l'oeil ? Juges-en toi-même.

*Il n'y a naturellement aucune société entre les hommes ; les dieux ne se mêlent point des choses humaines, et il n'y a d'autre bien que la volupté. -- Voilà ce qu'Épicure nous enseigne. -- Eh, malheureux ! était-ce la peine de veiller tant de nuits pour écrire ces beaux livres ? Ne valait-il pas mieux te tenir chaudement dans ton lit, et mener la vie d'un ver, puisque c'est la seule dont tu te sois jugé digne ? Selon toi, la piété et la sainteté ne sont que des inventions d'hommes arrogants et de sophistes ; la justice n'est que faiblesse, et la pudeur que folie ; il n'y a plus ni père, ni fils, ni frère, ni citoyen. O l'impudence ! ô l'imposture ! Oreste, agité par les noires Furies, n'était pas plus dément que toi.
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