Xanthippe, la pénible

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Xanthippe, la pénible

Messagepar Yacine » 20 Juil 2013, 16:02

Xanthippe la pénible


Image

Xanthippe vidant le pot de chambre sur la tête de Socrate
Gravure de Van Veen, Anvers, 1612


Xanthippe ("jument blonde" en grec) était la femme du philosophe grec Socrate, dont le caractère acariâtre est passé en proverbe. Elle était beaucoup plus jeune que le philosophe, probablement de quarante ans. On prétendait que le philosophe l'avait épousée pour s'exercer à la patience. Platon atteste cependant le désespoir de Xanthippe le jour où Socrate dut boire la ciguë dans le Phédon (un dialogue qui raconte la mort de Socrate et ses dernières paroles).

***


"On raconte que Xanthippe, l'épouse du philosophe Socrate, était très acariâtre et querelleuse, jour et nuit, de façon toute féminine, elle était continuellement de mauvaise humeur et difficile à vivre.

Alcibiade exprima son étonnement à son mari à propos des caprices de celle-ci et demanda à Socrate pour quelle raison il ne renvoyait pas de chez lui une femme si revêche. "Parce que, répondit Socrate, en supportant patiemment une telle femme chez moi, je m'accoutume et m'entraîne à accepter plus facilement l'impudence et l'injustice des autres aussi, à l'extérieur."

D'accord avec cette idée également, Varron, dans une satire Ménippée qu'il écrivit à propos du devoir du mari, dit : "Celui qui élimine ses défauts, possède une épouse plus plaisante; celui qui les supporte, progresse pour lui-même"."

AULU-GELLE, Les Nuits attiques, 1,17


***


"Antisthène montra le pan de son manteau tout déchiré. « Je vois ta vanité par les trous », lui dit-il. « Un tel vous injurie », lui disait-on, il répondait : « Mais non, ce qu’il dit ne se rapporte pas à moi. » Il estimait nécessaire et convenable de s’exposer aux critiques des auteurs comiques : « S’ils citent des défauts qui sont réellement en moi, ils me corrigent ; sinon, qu’importe ! » Sa femme Xanthippe, non contente de l’injurier, lui jeta un jour de l’eau à la tête. « N’avais-je pas prédit que tant de tonnerre amènerait la pluie ? » Comme Alcibiade se plaignait qu’elle fût insupportable avec ses criailleries, Socrate lui dit : « J’y suis pourtant habitué comme si j’entendais continuellement crier des oies."

"Tu supportes bien, toi, le cri de tes oies ? » « C’est, répondait Alcibiade, qu’elles me donnent des oeufs et des oisons. » Et Socrate de répliquer : « C’est pareil pour moi, ma femme me fait des enfants. » Un autre jour, en pleine place, elle lui avait arraché son manteau, et ses amis lui conseillaient de la punir par quelques gifles : « Bien sûr, dit-il, pour que nous nous battions à coups de poings, et que chacun de vous nous encourage en disant : « Vas-y, Socrate ! vas-y, Xanthippe ! » Il disait qu’il en était des femmes irascibles comme des chevaux rétifs. Quand les cavaliers ont pu dompter ceux-ci, ils n’ont aucune peine à venir à bout des autres. Lui-même, s’il savait vivre avec sa femme, en saurait beaucoup plus aisément vivre avec les autres gens. Ces belles paroles et cette belle conduite furent cause que la Pythie le loua publiquement en donnant à Chéréphon cet oracle si connu : « De tous les hommes Socrate est le plus sage »."

Diogène Laërce (IIIe s. apr. J. C.), Vie de Socrate, II, 36-37


***


"(...)Sur quoi Socrate reprit la parole : « Entre beaucoup d'autres preuves, amis, ce qu'exécute la danseuse démontre que la nature de la femme n'est pas inférieure à celle de l'homme, sauf pour l'intelligence et la force physique. Que ceux d'entre vous qui ont une femme lui enseignent donc ce qu'ils veulent qu'elle sache. 10. — Comment se fait-il donc, Socrate, demanda Antisthène, si tu as cette opinion, que tu n'instruises pas Xanthippe et que tu t'accommodes de la plus acariâtre des créatures qui existent, je dirai même qui ont été ou qui seront jamais ? — C'est que, répondit Socrate, je vois que ceux qui veulent devenir de bons écuyers se procurent non pas les chevaux les plus dociles, mais des chevaux fougueux, persuadés que s'ils parviennent à dompter de tels chevaux, ils pourront manier facilement les autres. J'ai fait comme eux : voulant vivre dans la société des hommes, j'ai pris cette femme, sûr que, si je la supportais, je m'accommoderais facilement de tous les caractères. » On trouva que ce propos ne manquait pas de pertinence."

Xénophon, Banquet, II, 9-10


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PS : Selon Platon, Socrate ne laissa pas Xanthippe assister à sa mort afin d'éviter les lamentations excessives. Et au moment ultime, ce sont toutes les femmes qu'il renvoya.
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Re: Xanthippe, la pénible

Messagepar nadya » 21 Juil 2013, 08:29

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