Le phénomène maraboutique

N'oubliez pas votre lampe de chevet

Le phénomène maraboutique

Messagepar Yacine » 16 Oct 2013, 19:01

Signalisation d'une pédagogie confrérique dans la poésie orale kabyle
Par Youssef Nacib


La eslama k a ccix iw
Sois le bienvenu, mon maître
Win cihwan bezzaf uya
Toi qu'on languit depuis longtemps
La eslama k a lmesbah
Sois bienvenue 0 lampe
Win ce len s g Mensura
Qu'on a allumée à Mansoura
D Kecc id ihyan ddin
Toi qui redonnes vie à la religion
Tafat ik ferzent lumma
Ta lumière éclaire les croyants


Image


Cheikh El Kacimi de la zaouïa el Hamel, fief de la confrérie Rahmaniyya

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Introduction


Le phénomène maraboutique auquel est historiquement et dialectiquement lié le confrérisme en Kabylie apparaît massivement dans cette région centrale de l'Algérie à partir du XVIe siècle. Les généalogies retrouvées dans les familles ou les institutions pieuses et éducatives tout comme les innombrables légendes hagiographiques recueillies dans les villages recoupent l'histoire : c'est bien après la Reconquista de 1492 que les lettrés soufis et marabouts d'Andalousie se replient sur le Maghreb. Les manuscrits signalent régulière-ment l'apparition des saints hommes en Kabylie au IXe siècle de l'Hégire. Si parmi eux certains s'emploient au service des grands du moment qui tirent profit de leur science et bénéficient du même coup d'une légitimité politico-religieuse opportune et bienvenue, d'autres moins sensibles aux honneurs et aux fastes, mais plus portés vers l'inquiétude spirituelle, la vérité philosophique et l'œuvre pieuse se tournent plutôt vers les masses rurales pour en assurer l'éducation morale et religieuse. Mutatis mutandis, la première catégorie de clercs fonctionnaires s'inscrit dans le Dar al-Islam dont elle sert les gouvernants. La seconde pénètre le Dar el-Harb non pour y combattre, comme pourrait le suggérer l'appellation guerrière du territoire investi, mais pour amener les insoumis à Dieu. La jonction se fait alors entre des populations berbères frustes et fières, mais ouvertes à l'absolu, et des mystiques porteurs d'un message tissé d'humilité, d'amour et d'espérance. Ceux-ci prennent en charge de formation spirituelle de celles-là. Toutes les légendes s'accordent sur l'immuable harmonie du premier contact entre le marabout visiteur et les ruraux, ses hôtes. Le visiteur aux mains nues fait une irruption silencieuse et pacifique en des contrées reculées du pays profond. Accompagné tout au plus de sa famille, d'un élève fidèle et d'un serviteur ou d'une servante. Dans son propos, comme dans son action, il est vite perçu comme un modèle de vertu, un parangon de discernement et de sagesse. Armé d'une canne inoffensive, selon le portrait qu'en brosse invariablement la légende, il n'ambitionne, aux regards des paysans, ni la collecte fiscale, ni la dépossession foncière et encore moins la manipulation de la violence. Il est plutôt pourvoyeur de concorde inter-tribale. Le culte de ces saints hommes, réplique plébéienne à leur enseignement et à leur conduite, est demeuré encore au XX° siècle un caractère saillant de l'islam populaire en Kabylie. Les mausolées édifiés sur les lieux de leurs sépultures seront les hauts lieux du confrérisme kabyle, comme l'indiquent les noms mêmes des zaouias et sanctuaires mentionnés sur le tableau ci-dessous. L'enseignement de ces awliya n'atteindra cependant sa pleine efficience "qu'appuyé sur un puissant réseau confrérique, celui de la Rahmâniyya. Le consensus collectif a cristallisé le message didactique des grands marabouts dans la poésie populaire. Anonyme, celle-ci rappelle avec force qu'elle n'est pas l'œuvre intime et subjective d'un poète, mais l'expression socio-cuiturelle des valeurs communautaires. La doctrine rahmaniyya a ainsi trouvé dans le chant religieux et les poèmes édifiants kabyles un instrument de communication et de diffusion privilégié. Par le truchement des aèdes anonymes, le confrérisme rahmani a couvert toute l'aire berbérophone qui s'étend sensiblement des confins orientaux de la Mitidja à Sétif et de la Méditerranée aux contreforts méridionaux du Djurdura et des Bibans.

Image
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La confrérie Rahmaniyya


Les lettrés dans la Kabylie traditionnelle (tolba et autres clercs) connaissent depuis des siècles, pour les avoir fréquentés à travers une lecture assidue de nombreux manuscrits détenus par marabouts et institutions religieuses, les grands mystiques de l'islam comme Sidi Abdelqader el Djilani ou Ibn 'Arabi. Cependant, il s'agit là de connaissances «livresques» à caractère spéculatif. Mais le mysticisme extatique vécu n'émergera en Kabylie comme phénomène socio-religieux qu'avec le confrérisme maraboutique. C'est la Rahmaniyya qui sera porteuse, dans le champ religieux kabyle, de l'onde de choc soufie dont les implications historiques et sociales seront décisives dans les transformations socio-culturelles déterminantes pour la région. Tout commence, si l'on peut dire,dans un village d'Ait-Smail, près de Boghni où naquit M'hamed Ben Abderrah-mane vers 1715. Le marabout apprend le Coran et les premiers rudiments delangue arabe et de fiqh dans une zaouia du Djurdjura. Puis un long séjour à la Mecque, Médine et enfin au Caire le met en contact avec la mystique khelouitia, sur quoi va prendre appui l'étudiant de l'Université religieuse el-Azhar pour jeter les bases d'une nouvelle tariqa algérienne qui portera son nom et rayonnera bien au delà de la Kabylie. Le charisme du maître lui attire rapidement les foules. Il délivre, dès 1777, son premier diplôme de moqaddim dont la Revue africaine de 1874 donne copie. Le prestige de Ben Abderrahmaneest incontestable. Si la religion populaire prête des karamat prodiges aux saints, elle suggère exceptionnellement le miracle quand il s'agit de Ben Abderrahmane. Le wali est adulé avec une telle ferveur que ses adeptes d'Alger, comme ceux du Djurdjura, revendiquent le privilège d'accueillir sa dépouille. Un conflit larvé menace d'opposer dangereusement le Hamma et Ait-Smail et, par delà, déchirer la confrérie, quand il s'est agi de la sépulture du maître. C'est alors que le miracle se produit par le dédoublement du thaumaturge : turge : un Ben Abderrahmane est donc supposé enterré à Alger, un autre dans un village natal. Ce qu'a fixé définitivement le poème anonyme:

A ccix Ben 'Abderrahman
A lewli yebdan ef sin

Ô Maître Ben Abderrahmane
Toi le saint dédoublé


Nnefs atan di l hamma
N nefs degw drar

La moitié est au Hamma
Et l'autre dans la haute montagne


lhemd a Rebbi
Mi K ne a d baba wis sin

Rendons grâces au Seigneur
De t'avoir comme second père


Les résurgences confrériques dans la poésie kabyle


L'objectif de l'initiation confrérique est d'appeler un novice à la voie (tarïqa). Celle qui conduit au salut éternel, c'est-à-dire à Dieu. Dans l'imaginaire rural des montagnes kabyles, la voie mystique, concept trop abstrait, est vite identifiée à la confrérie elle-même, bien concrète quant à elle, avec sonmaître (cheikh), ses affiliés, ses séances de transe extatique, ses halqa, etc. On retrouve ainsi cette identification dans le poème suivant:

Asmi txeddem txeddem ttariqa
Quand la voie était active
Ccix nne d sseltan
Mon maître était souverain
Ssunna d lhaqtqa
Et la tradition fondue dans la Vérité
Tisirt tezzad win yexdan
La meule réduisait la poussière et l'ivraie


Ces quatre vers signalent avec nostalgie des mutations profondes. L'émigration massive des travailleurs vers l'Europe, les affres de la secondeguerre mondiale et son cortège de famines et d'épidémies, l'irruption brutale dela modernité et du modernisme, le séisme social généré par la répression durantprès de huit années de guerre de libération nationale, puis les effets del'indépendance ont été inducteurs de transformations sociales et culturelles majeures. Donc, même si le confrérisme n'est pas totalement tombé en désuétude, il a perdu de sa vitalité. Le poème dit vrai: au temps de la splendeur de la tariqa, le cheikh jouissait d'un prestige et d'une autorité régaliens. Son enseignement et ses ordres étaient reçus et appliqués joyeusement et scrupuleusement par la collectivité. Cela est vérifié par le second sisain :

A kra yderkhren lhelqa N ccix Ben Abderrahman
Tous ceux qui chantent dans le cercle du Maître ben Abderrahmane
A kra y aadan Berqa
Tous ceux qui franchirent El-Berqa (désert de Libye)
Bir Zemzem swan aman
Et burent au puits de Zermem
As taafud i Lmulaq a
Pardonnez pour cette rencontre
Lxuf ad Lgwri s laman
Que la paix succède à la crainte


Le maître nommé ici n'est donc autre que le fondateur de l'Ordre lui-même. Ce qui est suggéré ici, c'est bien la lumière et le pouvoir transmis parle cheikh à ses disciples. Ceux-ci, aux yeux du khaouani, ont reçu le pouvoir d'absoudre comme les pélerins. Mais en l'occurrence, il ne s'agit pas des hadjis débarqués à Djeddah par un bœing confortable et climatisé après six heures de vol, mais des hommes qui bravaient tous les périls pour effectuer le pélerinage de La Mecque à pied. Ceux-là marchaient pendant un an pour gagner l'Arabie. Pour atteindre les lieux saints de l'islam, il leur fallait affronter en cours de route les bêtes sauvages, les brigands, la maladie, la faim et la chaleur. Ils devaient traverser des déserts (berqa), vaincre la fatigue, la crainte, l'égarement. C'est à ce prix que se mesurait leur mérite. L'épreuve les instruisait. Leur savoir se couronnait avec la fulgurante fréquentation de la Maison d'Allah et du mausolée du Prophète. Le poème assigne ainsi à l'éducation reçue du maître la réversibilité de la visite à Dieu. Mais le sens second du vers est plus pénétrant encore. Pour le soufi, l'équation est inexacte. Si le pélerin se rend à pied à La Mecque, le khaouani de la confrèrie va à Dieu avec son cœur. C'est que l'espace intérieur et illuminé des mystiques est, pour eux, plus vaste que celui, encombré et matériel, des caravaniers et des géographes. Certes, le soufi attache un grand prix au pélerinage, bien qu'El Hallaj préférât la prière prolongée et les mortifications domestiques, mais l'élan du cœur vers Dieu dans l'adoration, le jeûne et l'extase lui paraît plus élévateur. La notion de lumière est récurrente dans le chant mystique kabyle. Les emprunts linguistiques à l'arabe classique, celui du Coran, sont nombreux : les termes exotiques sont volontiers plus chargés d'une densité poétique qui n'habite pas nécessairement le lexique local :

Tarïqa asmi txeddem
Quand était active la confrérie
S nnür am y iflij yedwan
C'était avec une lumière resplendissante comme soleil


Quatre termes sont puisés directement dans la langue coranique: tariqa(le chemin), txeddem (du radical kh.d.m., travailler), nnür (la lumière), et yedwan (de dhaw, la lumière). Le second vers est flamboyant lui-même : nnür,c'est la lumière éclatante (physique et métaphysique), itij, le soleil et yedwanqui éclaire :

La profusion de rayonnement lumineux se retrouve dans ce sisain :

La eslama k a ccix iw
Sois le bienvenu, mon maître
Win cihwan bezzaf uya
Toi qu'on languit depuis longtemps
La eslama k a lmesbah
Sois bienvenue 0 lampe
Win ce len s g Mensura
Qu'on a allumée à Mansoura
D Kecc id ihyan ddin
Toi qui redonnes vie à la religion
Ta/at ik fe~zent lumma
Ta lumière éclaire les croyants


Lmesbah est une lampe à huile traditionnellement utilisée dans les fêtes. On observe une fois de plus que les connotations culturelles arriment le spirituel au substrat local. Cheikh El Hasnaoui a chanté, pour sa part, la grandeur d'un maître : cheikh Amokrane comparé tantôt à la fleur de pastèque(ajeggig n dellaa), tantôt à celles des prairies (ajeggig n tmizar). Le poète insiste sur l'enrichissement spirituel du disciple au contact du maître. Les métaphores abondent dans la poésie populaire kabyle pour positionner la relation du cheikh au khaouani. On retrouve le troupeau guidé par son berger. Mais aussi :

Axewni y rebba ccix is
Le disciple qu'éduque son maître
Am lejnan rebban w aman
Est comme verger ayant de l'eau


Ce rapport pédagogique entre l'élève et le maître ne porte pas seulementsur l'initiation nécessairement ésotérique qui conduit par étapes l'initié à la vérité (ftaqiqa ). L'enseignement vise aussi à faire du khaouani un modèle de croyant, de citoyen et de patriote. Là-dessus, la poésie populaire est tranchante comme le suggère ce quatrain :

Asmi yelia Ben Haddad
Ben Haddad vivant,

Kul a=am degs'axewni
Chaque maison abritait un disciple

Asmi yeemmut Ben Haddad
Ben Haddad mort,
Kul axxam degs aruini
Chaque maison abrite un mécréant


On sait qu'après la mort de Ben Abderrahmane, Cheikh Ben Aissa prit sa succession en 1974. Dans la première moitié du XIXe siècle, la confrérie s'est considérablement développée. Lorsqu'en 1871, El Moqrani donna le signal de l’insurrection contre le colonisateur, il dut s'appuyer sur celui que les paysans appelaient cheikh Ahedad et ses milliers de khouan. La solidarité confraternelle (kl]udn est la variante dialectale de ikhwan, frères) a joué pleinement puisque ce furent les affiliés de la Rahmaniyya qui répondirent massivement à l'appel d'El-Moqrani.

Le maître : un guide salvateur


L'objet de l'enseignement confrérique demeure la promotion morale et mystique du fidèle. On retrouve invariablement cette préoccupation pédagogique dans le chant religieux et les poésies édifiantes kabyles. Dans l'histoire de Sidna Youssef (Joseph), elle est affirmée clairement :

Ccix itrebbin lexwan
Le maître qui éduque ses fidèles
Cci tan m'ad as t ixdef
Satan ne peut l'égarer


L'élévation de la mission pédagogique du guide spirituel est renouvelée dans cette pièce qui présente le magister comme une vocation infaillible :

W'is an ccix is yerbah
Heureux qui a un maître
Yeccec as tizidanin
Qui lui fait goûter les meilleurs met


Il ne s'agit évidemment pas en l'occurence de nourritures terrestres, mais des wsandt (viatique spirituel et bénédictions du cheikh). Une autre pièce ne s'y trompe pas qui évoque l'assimilation du message salvateur du maître sous les apparences de produits alimentaires :

Zri ta a er merwala
Je vois partout actions pieuses
elte di 1 amma
Et moi je m'égare
Mi xeddme deg me cacen
En commettant faute sur faute

Tamment di ccehd itella
Tandis que le miel coule dans la cire
Rhe di l' ella
Moi qui suis distrait
Aiezzme deg qeccucen
Me voici pressant des plaques de liège


Le poème montre à l'évidence que le disciple a bien intériorisé les leçons du maître, même si la tentation des plaisirs d'ici-bas rôde toujours autour de l'homme, fût-il soufi. La distraction dont parle le poète est exactement le divertissement pascalien. Le khaouani s'égare avec les futilités de ce monde empressant des plaques de liège trompeuses et stériles, tandis que les actions pieuses et l'enseignement de la voie contiennent l'extase et le salut (le miel). La formation du maître est, pour le kaouani, libératrice des contingences et des plaisirs fugaces: elle conduit au bon port comme le disent ces quatre vers :

W'is an ccix d rrayes
Qui a pour capitaine son maître
Ssfina s hesbi t tezger
Voit son navire traverser l'océan
Tetsafar b il' times
Et naviguer sans fumée
Di lbadna tes a ifer
Car il a une aile invisible


La sémantique ici s'ancre dans l'allégorie et la parabole. L'océan, c'est la vie faite de péché et de tentation. On a traduit pour une meilleure intelligence du texte, "times" par «fumée» (celle des cheminées des vapeurs), mais, à la lettre,il s'agit du feu. Le sens caché du vers est ailleurs : le maître détourne son disciple du chemin qui mène au feu, c'est à dire à l'enfer. L'aspect ésotérique de cette sémiologie voilée est confirmé par <d'aile invisible ». Et le navire est littéralement emporté dans les airs sous la conduite du maître comme est transporté vers l'extase le khaouani dans la IJalqa . Comme l'aile du navire, la Vérité n'est pas perçue par l'œil du commun des mortels, mais par le cœur du soufi guidé par son cheikh.


La doctrine confrérique dans la poésie orale kabyle


La poésie religieuse kabyle véhicule les principes éthiques et mystiques enseignés par la Rahmania. Le renoncement aux biens de ce monde en est un. L'image que conservent en mémoire les paysans de la montagne est celle du saint parti faire ses ablutions à la source :

lruh ar tala ad izzal
Il alla à la fon taine pour prier
Yu/a t in d adrim's iri
Et la trouva débordante d'argent
a tala fkiy id aman wamma
Fontaine, donne moi de l'eau
Wamma ddunit d Ufani
Car cette vie est éphémère



Les légendes attribuent l'épisode de la fontaine d'argent tantôt à Si di Aliou Yahia d'Ait Kouffi, tantôt au cheikh Mohan de Taqqa. Quoi qu'il en soit, ce souci de ne pas céder à la tentation du fugace et du superflu, on le retrouve dans cet autre poème :

Aw nehku a lexwan
Je vous dirai, 0 disciples,
iDdunit ag' am lexyal
Cette vie est pareille à un songe
Bezzaf nefed Ufani
Nous y privilégions l'éphémère
Nebra y as i ras lmal
Et délaissons l'essentiel


Les paysans disciples entendent par «essentiel » l'au-delà, la Vérité, Dieu. Cette vision eschatologique est typique du mysticisme illettré des montagnes kabyles. Les poèmes religieux évoquent en effet longuement le paradis et ses nombreuses délices, l'enfer et ses tourments effroyables, le jugement dernier,les anges, les démons etc. La place de l'homme dans cette vie, somme toute, qui suit la vie terrestre. C'est pourquoi la quête de la Face divine à travers des techniques extatiques pratiquées dans tout l'espace soufi comme le chant, la prière nocturne, la halqa ... est une priorité. En somme, cette poésie naïve porteuse d'un message spirituel qui plonge ses racines dans l'expérience mystique du Prophète lui-même se veut, pour les ruraux berbères d'Algérie peu frottés de science religieuse, éclaireuse des chemins du salut (...).
Dernière édition par Yacine le 16 Oct 2013, 19:23, édité 2 fois.
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Re: Le phénomène maraboutique

Messagepar nadya » 16 Oct 2013, 19:13

yacine ,résumes SVP lakhass :on dirait qu'on est à l'école :lol:
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Re: Le phénomène maraboutique

Messagepar leilaaa » 19 Oct 2013, 08:07

J'ai même pas lu mais par apport au titre je dirai,Allah y ba3adhoum 3lîNA essaharine :arrow:
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Re: Le phénomène maraboutique

Messagepar Yacine » 19 Oct 2013, 15:02

Si tu aurais lu ne serait-ce qu'en diagonale, tu aurais compris qu'il ne s'agit pas de cela ici, et qu'il est bien restrictif de limiter le maraboutisme à un syncrétisme sorcier et les marabouts à des gyrovagues déguenillés. Sachant de plus que l'étude tourne autour de la confrérie Rahmania qui est loin d'être hérétique.

Je te renvoie à l'étymologie du mot "mrabet" : post314166.html#p314166

Par ailleurs, les gens devraient éviter les jugements superficiels sur un phénomène socio-religieux complexe qui a contribué à :

-l'enracinement de l'Islam dans le pays profond et sa propagation dans l'aire subsaharienne, en le mettant à la portée des masses rurales. "Toutes les légendes s'accordent sur l'immuable harmonie du premier contact entre le marabout visiteur et les ruraux, ses hôtes." (Youssef Nacib)

-la lutte contre les pouvoirs oppressifs (Turcs en Algérie et en Tunisie, contre le Makhzen au Maroc). La légende de Sidi Mhamed el Ghrab, jeté dans le gouffre de Constantine pour avoir soulevé une tribu, l'illustre bien.

-l'organisation de la révolte contre la présence espagnole (exemple : Ma Gouraya), contre la pénétration française (exemple : Lalla Fatma N'soumer) et des soulèvements politico-religieux anti-coloniaux (exemple : Cheikh El Haddad).

-la sauvegarde de l'identité islamique durant la période coloniale, barrière supplémentaire contre les tentatives d'évangélisation menées par le cardinal Lavigerie dès 1870.
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Re: Le phénomène maraboutique

Messagepar Hatsou » 19 Oct 2013, 23:53

Merci !! :grin:
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Re: Le phénomène maraboutique

Messagepar Yacine » 20 Oct 2013, 12:05

Y a pas de quoi :)
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Re: Le phénomène maraboutique

Messagepar Hatsou » 20 Oct 2013, 18:47

Moi g pas connu le bled authentique, je ne connais la terre de mes parents k'apres l'introduction du courant électrique sinon je reconnais certains noms et certains lieu que ma maman cite dans les récits de zmen zik
:grin:
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Re: Le phénomène maraboutique

Messagepar Yacine » 21 Oct 2013, 20:02

Et bien je suis ravi que ça t'évoque quelque chose :)
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Re: Le phénomène maraboutique

Messagepar Yacine » 21 Oct 2013, 20:03

Et bien je suis ravi que ça t'évoque quelque chose :)
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Re: Le phénomène maraboutique

Messagepar awliya lover » 27 Aoû 2015, 22:16

As-salamou 3alaykoum,

Beaucoup d'émotion en lisant cet article car je suis d'ascendance kabyle, je suis allé plusieurs fois en Kabyilie, étant plus jeune. Mon enfance était empreinte de récits relatant l'histoire des waliys (saints) de tel ou tel village, sans jamais vraiment en comprendre le sens...Jusqu'à ce que Dieu m'accorde d'apprendre la Science de la Religion, auprès de gens dignes de confiance, avec une chaîne de transmission très courte vers un grand savant contemporain. Tout s'est donc mis en ordre après cela...Bien entendu, ceux qu'on appelle "marabouts" n'étaient pas des sorciers, mais certainement des gens qui avaient été la cause de la diffusion de l'Islam dans nos montagnes, et qui, du fait de leur attachement à la foi et leur détachement des choses du bas monde, avaient atteint les hauts degrés. Radiya'lLaahou 3and-houm. Beaucoup aujourd'hui parlent du soufisme sans même avoir connu l'Islam et beaucoup parlent de l'Islam, sans même avoir connu Dieu.

Qu'Allah nous accorde la bonne Guidée, en suivant les traces des awliyas de Kabylie et d'ailleurs.
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Re: Le phénomène maraboutique

Messagepar Yacine » 28 Aoû 2015, 13:54

Wa 'aleykoum salam,

Heureux que ça t'ai touché. Il faut dire que tout ça est d'un "pittoresque" qui ne peut pas laisser indifférents les amoureux du pays. Inspirant également, en nous transportant dans l'âme de villageois frugaux et sincères, et qui, bien que leur monde rude se limitait à quelques lieues autour de leur village, connaissaient intimement le sens de leur vie et la source de leur bonheur.

Sur ce forum, j'ai retranscrit pas mal de chants religieux du Djurdjura collectés et traduits par l'universitaire Youssef Nacib, dont l'oeuvre a été mon livre de chevet. Ces chants sont d'une "niya" qui te touchera beaucoup :

Voici le lien : topic23815.html

M3a salama.
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Re: Le phénomène maraboutique

Messagepar jukyine » 30 Déc 2015, 09:18

Très interessante cette discussion, merci pour vos retours et vos lectures. voir housse samsung galaxy grand prime & coque samsung galaxy grand prime
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