“État civil déformé”!

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“État civil déformé”!

Messagepar Youcef BENBIGA » 20 Oct 2015, 00:59

La récurrence des discussions sur le prétendu État civil m’a conduit à faire des recherches dans les ouvrages politiques et historiques, ainsi que dans les théories des politiciens et des penseurs, pour comprendre le sens de cette notion. J’ai alors découvert des théories et des expériences parfaites qui n’ont rien à voir avec notre vision et notre conception de cet État. J’ai constaté qu’il s’agit, chez nous, d’une nouvelle escroquerie et d’une ruse, car l’État civil dans la conception des pays démocratiques signifie l’État de droit et non celui de billevesée. C’est l’État des lois, pas de despotisme. C’est l’État des institutions et des valeurs, non celui des individus et de la corruption.

Il est écrit aussi que l’État civil dans sa conception politique, tel que défini dans les dictionnaires et connu dans tous les pays et les sociétés à travers l’histoire, est celui du droit qui protège les citoyens, quelle que soit leur appartenance raciale, religieuse et idéologique. Cet État est basé sur la paix, le pardon, le respect de l’autre et l’égalité dans les droits et les devoirs. En son sein, les droits de tous les citoyens sont garantis et personne ne peut violer ceux d’un autre individu au sein de la société. Il y a toujours un pouvoir suprême qui est celui de l’État auquel recourent les individus quand leurs droits sont violés ou menacés.

Parmi les principes de l’État civil, il y a aussi le fait que l’individu n’est pas reconnu par sa fonction, sa religion, son argent ou son pouvoir. Au contraire, il est connu sur le plan légal et social en tant que « citoyen », soit en tant que membre d’une société qui dispose de droits et qui assume des devoirs au même titre que tous ses concitoyens. Parmi ses principes aussi est qu’il est fondé sur un système de relations civiles. Ce sont ces valeurs qui composent ce que l’on appelle la culture civile. Cette culture est basée sur le principe d’existence d’un minimum de règles, considérées comme des lignes rouges qu’il ne faut pas franchir.

Aucun Algérien n’est contre ces principes et personne ne s’oppose à l’édification de cet État idéal. Mais je suis certain que personne parmi ceux qui plaident pour un État civil en Algérie ne connaît son sens ni ne vise à réaliser ces principes dans ce projet, dont le slogan est lancé par Amar Saadani sur instigation de Saïd Bouteflika. Et cela en vue d’écarter le général Toufik, dissoudre le DRS, détruire les institutions de l’État et limoger, arrêter ou menacer tous ceux qui s’opposent à la caste qui s’est associée avec la mafia de l’argent et qui veut taire tous les scandales de la corruption.

Chez les autres peuples, l’État civil est celui des institutions, des droits, des lois, de la justice sociale et de l’égalité des chances. Mais l’État civil à l’algérienne répond plutôt à la logique de « non-État », où tous les pouvoirs seront réunis entre les mains d’un nouveau zaïm (patriarche), sans responsabilité exécutive et légale, qui tire sa force de l’étranger pour contrôler l’armée et toutes les institutions. Dans cette entreprise, il se fait aider par de nouveaux généraux sans uniforme, qui sont les présidents de certains partis et des hommes d’affaires, ainsi qu’une armée de prébendiers et d’opportunistes répartie sur toutes les institutions de la République, au niveau de certaines associations de la société civile, des syndicats et de certains titres de la presse ayant bénéficié de la rente en contrepartie de l’abandon de leurs missions essentielles !

Notre État civil, dans la conception de ses promoteurs, est un État utopique, où le pouvoir est accaparé par le frère cadet du Président, l’ami du Président et le parti du Président. C’est une organisation où le pouvoir se confond avec l’État et où le peuple deviendra un simple serviteur de ses maîtres qu’il applaudit et qu’il soutient inconditionnellement. C’est un État où la société aura à subir une alliance de la médiocrité avec l’argent sale au lieu de l’intelligence et la compétence, où fleurissent également l’escroquerie et le despotisme et où le piétinement des libertés deviendra insupportable.

L’État civil à l’algérienne est résumé par ses initiateurs par le limogeage des généraux, l’infiltration de l’institution militaire et l’affaiblissement du DRS. Cela pour aller, ensuite, plaider pour la constitution d’un nouveau front afin de soutenir le programme du Président qui n’a pourtant pas besoin d’un front sans projet de société clair. Ils veulent, en réalité, élargir le cercle des prébendiers et des médiocres, protéger les corrompus et les détenteurs de la « Chkara » qui ont pris tous les postes, excluant ainsi les compétences et l’élite des postes de responsabilité pour se faciliter la tâche et pouvoir s’accaparer ce qui reste encore de l’État.

L’État civil algérien, selon la définition que lui confèrent ses promoteurs, est un État sans le général Toufik, sans le DRS qui avait enquêté sur les scandales de corruption. C’est un État fondé sur la force, l’argent sale, la médiocrité et l’allégeance aveugle. C’est un État gouverné par trois personnes ayant pu asseoir leur mainmise sur tous les pouvoirs et qui tentent, maintenant, de conclure le transfert du pouvoir par héritage, quelle que soit la manière, y compris par le bâillonnement des bouches, l’étouffement des libertés et l’emprisonnement ou la menace du peuple.

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